29. janv., 2018

Gicleurs dans les résidences privées pour aînés : le RPCU est satisfait de la bonification du programme d’aide financière

Le Regroupement des comités des usagers (RPCU) est satisfait de la bonification par le gouvernement du Québec du programme d’aide financière pour l’installation de systèmes de gicleurs dans les résidences privées pour aînés. L’annonce a été faite le 18 janvier par le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Gaétan Barrette, et par la ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, Mme Francine Charbonneau.

C’est une mesure positive pour les petites résidences qui sont souvent les plus abordables pour les personnes aînées. Rappelons le spectre des faillites des résidences privées, le changement de vocation des résidences et l’abandon des personnes aînées qui avait été invoqué lors de l’annonce du projet de règlement rendant obligatoire l’installation de gicleurs dans les résidences pour aînés.

Toutefois, il y a des propriétaires de grands ensembles qui font des profits importants et qui doivent payer leur juste part. Dans certains cas, des propriétaires essaient de refiler aux personnes aînées les augmentations à cause des gicleurs. Or, comme le gouvernement finance dorénavant une partie importante de l’installation des gicleurs, les propriétaires n’ont donc plus aucune raison de refiler cette dépense aux personnes aînées. Le RPCU entend d’ailleurs examiner les baux pour s’assurer qu’il n’y a pas d’augmentations indues.

Préoccupé par la qualité des soins et la sécurité des personnes aînées, le RPCU a fait de nombreuses représentations lors de consultations sur le resserrement du processus de certification des résidences pour personnes âgées en soutenant que les personnes âgées ont toutes droit à la sécurité, sans égard à leur condition et quel que soit leur milieu de vie. Il apparait logique et souhaitable que les normes devraient être les mêmes partout, tant dans les établissements privés que dans les établissements publics.

 

Quelles sont les priorités du ministère en matière de services sociaux?

Par Pierre Vallée. Article publié dans le Journal du RPCU de décembre 2017.

Si les priorités du présent gouvernement en santé sont assez bien connues, qu’en est-il de celles du domaine des services sociaux? La responsable des services sociaux au sein du gouvernement, Mme Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, assure qu’il y en a.

Mais avant de les nommer, elle tient à faire une mise en garde. « Les services sociaux inscrits aujourd’hui sur la liste des priorités du ministère de la Santé et des Services sociaux ne font aucunement ombrage aux autres services sociaux qui sont sous la responsabilité du ministère, tient-elle à rappeler. Si certains services sociaux sont jugés prioritaires, c’est que nous avons décidé de mettre en place des mesures spécifiques à leur égard, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont plus importants. Pour le ministère, tous les services sociaux sont d’égale importance et exigent la même attention. »

En haut de la liste des priorités figure l’autisme, ou plus précisément les troubles du spectre de l’autisme. « Nous avons adopté un Plan d’action pour la période de 2017 à 2022 que nous sommes présentement à mettre en œuvre, précise Mme Charlebois. Nous y consacrons 29 millions de dollars par année. »

Et ce Plan d’action ne tombe pas des nues puisqu’il fait suite à un forum tenu sur le sujet en 2016 auquel ont participés tous les intervenants en autisme, y compris les parents. « Ce sont les participants qui ont voté et décidé des orientations qu’ils souhaitaient voir adoptées par le ministère. Ces orientations étaient claires et elles se retrouvent dans le Plan d’action. »

L’un des objectifs est de diminuer la liste d’attente pour obtenir des services. « Nous mettons beaucoup d’effort auprès des enfants de moins de cinq ans car nous croyons important qu’ils puissent obtenir des services le plus tôt possible. » Une seconde mesure concerne directement les parents. « Il faut convenir qu’être parents d’un enfant atteint d’un trouble du spectre de l’autisme est très exigeant et demande une attention de tous les instants, souligne Mme Charlebois. Il ne faut alors pas s’étonner si à certains moments ces parents sont à bout de souffle. » Des sommes supplémentaires seront donc consacrées à des solutions de répit et de dépannage pour les parents.

 

Itinérance

En matière d’itinérance, le précédent gouvernement, celui de Mme Marois, avait déjà mis en place un Plan d’action s’échelonnant de 2015 à 2020. « Plutôt que de chercher à réinventer la roue, raconte Lucie Charlebois, j’ai décidé de poursuivre avec la politique du précédent gouvernement, quitte à y apporter des ajustements. Comme nous sommes présentement à mi-chemin, nous entrons présentement dans une phase d’évaluation. »

Ce Plan d’action prévoyait des investissements pour la création de 300 logements sociaux à l’intention des personnes itinérantes. « Mais la disponibilité de logements sociaux pour les personnes itinérantes ne suffit pas en soi pour les sortir définitivement de la rue. Trop de pièges les guettent et peuvent les retourner à la rue. Pour que l’opération soit un succès, il faut absolument de l’accompagnement. » Sept millions de dollars supplémentaires seront donc investis pour bonifier l’accompagnement.

 

Protection de la jeunesse

La ministre Charlebois, en faisant adopter en juin dernier le projet de loi 99 sur la Protection de la jeunesse, a voulu « rajuster le tir ». Désormais, les centres jeunesse disposeront de nouveaux outils pour prévenir les fugues ainsi que l’exploitation sexuelle qui souvent en découle. « Plutôt qu’une solution mur à mur, nous avons opté pour une formule modulée, qui pourra s’adapter selon le centre jeunesse et le cas concerné. »

Une autre mesure du projet de loi concerne les enfants autochtones. « Auparavant, lorsque la DPJ intervenait afin de retirer un enfant de sa famille, on le retirait aussi de son milieu. On a voulu avec la nouvelle loi protéger l’identité culturelle de ces enfants autochtones. Ainsi, nous allons davantage faire appel aux familles immédiates et aux ressources disponibles dans la communauté autochtone de sorte à garder l’enfant dans son milieu. »

De plus, les familles d’accueil, qui ne pouvaient pas être entendues en cour, auront maintenant droit de parole et leurs commentaires et observations pourront être pris en compte par le juge au moment de prendre sa décision.

 

Saines habitudes de vie

D’ici peu, le gouvernement déposera sa toute première politique en matière de saines habitudes de vie. « Cette politique mettra à contribution pas moins de quinze ministères qui travailleront de concert, non seulement dans le but de prolonger la durée de vie par de saines habitudes, mais de contribuer à ce les personnes qui vivent plus longtemps le fassent en meilleure santé. »

Cette politique des saines habitudes de vie comprendra un volet sur la toxicomanie, en particulier celle associée à l’usage d’opioïdes. Déjà, certaines mesures sont en place. « Nous consacrons 12 millions de dollars pour la mise en place de services d’injection supervisée. De plus, le naloxone est maintenant gratuit en pharmacie, les paramédics en ont avec eux et depuis le 13 septembre dernier, toute personne est autorisée à administrer le naloxone. »

 

Cannabis 

La dernière priorité, l’on ne s’en surprendra pas, est la légalisation du cannabis, qui entrera en vigueur, selon les vœux du gouvernement fédéral, en juillet 2018. Déjà, le gouvernement québécois a fixé l’âge légal pour l’achat et la consommation du cannabis à 18 ans. Quant à la distribution et la vente au détail du produit, le scénario évoqué est que la Société des alcools du Québec en aurait la responsabilité en créant pour ce faire une entité distincte, probablement à but non lucratif. « Mais il est trop tôt pour en parler, souligne Mme Charlebois, car le projet de loi n’a pas encore été déposé et tout peut encore évoluer. »

Ce dont elle peut parler, par contre, c’est que la légalisation du cannabis obligera le ministère à mettre en place une importante campagne d’information et de sensibilisation. « S’il y a une chose qui a fait l’unanimité lors des consultations que j’ai faites sur le sujet, c’est l’importance de faire de la prévention, précise-t-elle. Et l’objectif premier doit être la protection de la jeunesse. Par contre, il n’est pas question de faire de la politique partisane sur le dos du cannabis car c’est un tournant trop important pour notre société. De plus, cette campagne de sensibilisation ne doit en aucun cas être moralisatrice. Au contraire, il faut s’appuyer sur les faits et les données scientifiques afin de s’assurer que le consommateur dispose des connaissances nécessaires pour faire un choix éclairé. »

 

Organismes communautaires

Lucie Charlebois reconnaît le rôle des organismes communautaires dans le domaine des services sociaux. « Les organismes communautaires sont des partenaires importants du ministère, avance-t-elle, et ils sont souvent des intervenants pivot dans certains dossiers. » C’est la raison pour laquelle elle a rehaussé leur financement, du moins dans les secteurs identifiés comme prioritaires. Mais est-ce suffisant?

« Je fais partie de ceux qui croient que toute chose est perfectible, avoue-t-elle, que ce soit pour le financement des organismes communautaires tout comme pour toutes mesures mises de l’avant par le ministère. Une fois une mesure mise en place et son financement décidé, le plus important est de s’assurer que cette mesure, et le financement qui l’accompagne, permettent d’atteindre les cibles fixées. Et c’est pourquoi à mes yeux le suivi est si important car seul le suivi peut nous indiquer dans quelle mesure la cible est atteinte ou non. Et comme toute chose est perfectible, si le résultat n’est pas satisfaisant, on doit aussitôt corriger le tir. »

http://www.rpcu.qc.ca/default.aspx

19. déc., 2017

 Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) dresse son bilan de l’année 2017 sur les enjeux relatifs à la santé et aux services sociaux.

 

Ce qui est positif

 

  • Le Carnet santé Québec (carnetsante.gouv.qc.ca).
  • Rendez-vous santé Québec (www.rvsq.gouv.qc.ca).
  • Les investissements en santé lors de la mise à jour économique de novembre 2017 : 630 M $ sur cinq ans, 105 M $ par année pour :
    • l’amélioration des services auprès des aînés en établissements et auprès des clientèles vulnérables;
    • la prévention des dépendances, par exemple celle au cannabis.
  • La modernisation des installations :
    • Centre hospitalier de St. Mary : 65 M $;
    • Centre de cancérologie de Québec : 600 M $;
    • Hôpital Maisonneuve-Rosemont : 53,5 M $;
    • Plusieurs autres projets.
  • Les soins à domicile : 58 M $.
  • Le plan d’action sur le trouble du spectre de l’autisme : 29 M $.
  • un deuxième bain hebdomadaire pour les résidents en CHSLD.
  • Un accès élargi à la psychothérapie (35 M $) et l’ajout de 100 postes de psychologues en centres jeunesse (15 M $).
  • La Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité et l’installation de caméras de surveillance.
  • L’abolition des frais accessoires.
  • Économies dans le dossier des médicaments génériques : 330 M $.
  • Un plus grand pouvoir pour les conseils d’administration dans la gestion des effectifs médicaux.
  • Une légère diminution du temps d’attente à l’urgence.

 

Ce qui est négatif

 

  • Le rapport négatif de la Protectrice du citoyen sur l’implantation de la réforme.
  • Les cibles non atteintes pour l’accès à un médecin de famille dans certaines régions.
  • La moitié des super-cliniques promises ne sont pas encore implantées.
  • L’abolition du poste de Commissaire à la santé et au bien-être ainsi que la disparition du Forum des citoyens.
  • Les services sociaux semblent toujours être le parent pauvre du réseau de la santé.
  • Les ratés du Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) et d’accès à un médecin spécialiste.
  • Les difficultés d’accès aux soins de santé pour les sinistrés des inondations du printemps 2017.

 

En novembre dernier, dans le cadre de la mise à jour de l’exercice budgétaire, le RPCU avait proposé au ministre des Finances, M. Carlos Leitão, une liste détaillée de réinvestissements souhaités en santé permettant de finaliser la réorganisation du réseau et de rétablir le rythme et la qualité des soins dispensés aux usagers. Toutefois, les économies de 330 M $ réalisées en vertu de l’entente sur les médicaments génériques n’ont pas toutes été réinvesties en santé.

 

18. déc., 2017

Le rapport de la Protectrice du citoyen publié récemment a été très critique sur l’offre de services des établissements de santé. Selon elle, les établissements ont coupé de façon importante les services en soins à domicile, en CHSLD, en centres jeunesse, en santé mentale et en déficience. Ce n’est pas le manque d’argent qui est à blâmer dit-elle en entrevue, mais l’organisation des services.

La Protectrice considère que l’intégration des services n’est pas encore faite. Ce sont donc les CISSSS ou CIUSSSS mis en place en 2015 qui n’ont pas encore réussi le virage demandé pour offrir de meilleurs soins à la population. À cette constatation, le Regroupement provincial des comités des usagers, principal porte-parole des usagers du réseau de la santé, ajoute que la disparition du sentiment d’appartenance des usagers avec leur établissement est aussi en cause. Les nouveaux établissements n’ont plus d’âme. Ils ont des liens difficiles avec leurs médecins, leurs professionnels, leur personnel et leurs usagers. Le RPCU rappelle que les établissements doivent s’ancrer dans une communauté, dans un environnement. Le RPCU avait écrit, dans son Mémoire sur la Loi 10 que, pour que la réforme ait un sens, il fallait s’assurer que la population puisse s’identifier aux nouvelles structures. Le ministre avait tracé la voie en conservant tous les comités des usagers et de résidents.

Les administrations ont failli dans leurs communications en appliquant bêtement des directives sur les communications, en faisant disparaître l’identité des installations locales, les noms de CHSLD sans reconnaître leur importance pour la population. On a préféré exercer un contrôle sur les comités des usagers en faisant disparaître leur logo, leurs sites internet ou en refusant leurs affiches ou leurs dépliants.

Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir afin de rétablir le lien de confiance et l’appartenance avec les communautés, mais il est urgent d’agir. Le ministre ne donne pas les services. Seules les administrations locales le font.

2. oct., 2017

Par Luce Hébert, infirmière, consultante et conférencière pour le RPCU 

Luce Hébert est infirmière et consultante. Boursière de l'Institut de Cardiologie de Montréal, elle a obtenu un baccalauréat en sciences et une maîtrise en éducation professionnelle. Elle a suivi des perfectionnements avancés auprès de spécialistes reconnus mondialement. Pendant plus de dix ans, elle est une coordonnatrice de recherches cliniques en études épidémiologiques, pharmaceutiques et génétiques. Elle est conférencière et auteure de plusieurs articles scientifiques.

Le cannabis provient d'une plante sans les feuilles et les fleurs contiennent une substance psychoactive (SPA) ou psychotrope. Une SPA est un produit naturel ou synthétique qui agit principalement sur l'état du système nerveux central en y modifiant certains processus biochimiques et physiologiques cérébraux. En bousculant ainsi les fonctions du cerveau, une SPA peut induire les modifications de la perception, des sensations, de l'humeur, de la conscience ou d'autres fonctions psychologiques et comportementales.

À l'échelle mondiale, le cannabis est de loin la drogue la plus grand consommée. Au Canada et au Québec, le cannabis est également répandu, soit un taux de 49,4% chez les hommes et 38,8% chez les femmes. Les troubles liés à l'utilisation du cannabis (TSU) sont particulièrement présents chez les jeunes de 15 à 24 ans et ils ont affiché un taux de 4 fois plus important que les personnes de 25 à 64 ans.

Plus de 460 constituants chimiques connus sont présents dans le cannabis. Une des substances psychoactives est le Tétrahydrocannabinol (THC) dont la teneur est 700% supérieure à celui des années 1970.

Le cannabis provoque immédiatement une somnolence avec euphorie modérée et un bien-être. À cet état peut s'associer une excitation et une dissociation de la pensée, une altération des perceptions sensorielles ainsi que des troubles de la mémoire à court terme. Ces états peuvent durer jusqu'à 24 heures après l'arrêt de la consommation.

En cas d'intoxication, il peut y avoir une modification de l'humeur générale accompagnée de gaieté, d'euphorie, de loquacité et d'insouciance. Elle peut provoquer aussi une modification du vécu corporel, y compris une sensation de bien-être, de satisfaction et une impression de calme, de détente, sociabilité facilée. Les effets dépendants de trois facteurs: la substance, l'individu et le contexte.

Le cannabis peut-être induire une psychose cannabique qui s'observe par des hallucinations visuelles associées à des comportements agressifs avec désinhibition et dépersonnalisation, attaque de panique. Autres dangers reliés à la consommation à long terme du cannabis: apathie, démotivation, ralentissement marqué avec inertie, inaction, dépersonnalisation, fatigue, perte de goût de vivre et de suicide.

Les risques de cancer du poumon sont significativement plus élevés par rapport à la cigarette. Le cannabis aide 3 à 4 fois plus de goudron que le tabac fort et est plus concentré en substances cancérigènes (80% sont déposés dans les poumons alors que 64% pour la cigarette). Dix minutes après l'inhalation, sur une augmentation du débit cardiaque et cérébral, une rougeur aux yeux, une sécheresse de la bouche par diminution de la salive, une augmentation de l'appétit par hypoglycémie (boulimie chez les jeunes). Au niveau psychologique et psychomoteur, sur une diminution de la mémoire à court terme, une perturbation des performances psychomotrices, y compris une diminution de l'attention et de la concentration, une diminution des réflexes, Un ralentissement du temps de réaction et une réduction de la capacité d'accomplissement des tâches complexes. Ces réactions sont reliées à la quantité de cannabis inhalé et à sa teneur en THC. Le mélange avec l'alcool ou d'autres substances illicites peuvent provoquer une psychose ou de la schizophrénie. Si le cannabis est consommé au moins trois fois par un jeune de 15 ans et moins, le risque de développer une schizophrénie avant l'âge de 26 ans est multiplié par quatre (l'âge classique pour une schizophrénie est entre 19 et 25 ans) . La répercussion de la consommation du cannabis sur les fonctions psychiques est directement liée à l'âge des sujets. Si la consommation du cannabis débute avant l'âge de 16 ans, sur l'observation des conséquences cognitives et psychologiques qui peuvent être permanentes. Plus l'initiation est précoce,

Après l'alcool, le cannabis est la substance psychoactive la plus consommée, notamment chez les jeunes. Souvent le cannabis et l'alcool font partie des fêtes. Ou le cannabis affecte les habiletés psychomotrices pour une durée en cours jusqu'à cinq heures après consommation. Les gens sont en mesure de laisser un délai de 24 à 26 heures après avoir consommé du cannabis avant de prendre le volant. Le comité de sécurité nationale des transports démontre le lien entre les accidents mortels chez les camionneurs et le cannabis. CAA Québec note que 30% des accidents de la route sont en lien avec le cannabis chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Les personnes plus à risque de souffrir de complications sérieuses dues au cannabis sont les jeunes, les femmes enceintes, les mamans qui allaitent, les personnes émotionnellement instables et les personnes qui souffrent de troubles cardiovasculaires. 

Au niveau physiologique, la consommation chronique peut causer une diminution de la testostérone, une atrophie testiculaire, des perturbations dans la production de sperme et de sa mobilité, de sa viabilité et une modification du comportement sexuel. Chez la femme, le cycle ovulatoire est altéré. Du point de vue psychiatrique, des troubles de l'humeur, des épisodes dépressifs, de l'anxiété, des troubles de la personnalité, des psychoses et de schizophrénie furent observés.

Selon Ternes et Johnson, 2011, l'alcool est en droit d'auteur avec les infractions contre la personne alors que les drogues illicites sont en lien avec les infractions contre les biens.

Conclusion

Les programmes de sensibilisation et de prévention dans les écoles sont inexistants à ce jour. Dans les écoles secondaires, il ya des intervenants sociaux qui tentent d'encadrer les jeunes qui consomment et leur assurent un bref suivi. Les services sociocommunautaires de la Sureté du Québec, soit le Centre de police internationale, des sergents de police visitent les écoles primaires et secondaires de leur droit des lois et des conséquences juridiques reliés à la consommation chez les jeunes ainsi que des ressources alternatives existantes pour ces jeunes.

 

Le Centre de réadaptation en dépendance Le Virage offre un tableau de synthèse sur le site d'une vingtaine de substances psychoactives (dépresseurs, stimulants, perturbateurs). Le tableau propose une foule d'informations sur les substances, les autres noms utilisés, leur apparence, l'usage médical, la méthode de consommation, les effets recherchés, les effets secondaires, la durée des effets, le type de dépendance, ainsi que les informations sur le sevrage et les surdoses.

www.rpcu.qc.ca/cannabis | www.levirage.qc.ca

 

Quelques statistiques sur la drogue *

 

La consommation en milieu scolaire

 

  • 47% des jeunes du secondaire 5 ont consommé de la drogue au cours des 12 derniers mois.
  • 50% des élèves qui bénéficient d'une allocation hebdomadaire supérieure à 30 $ ont consommé du cannabis.
  • 11% des élèves au consommé des hallucinogènes au cours de 12 mois.
  • 5% des Québécois de 15 ans et plus, une consommation abusive ou problématique d'alcool et de drogues.

 

* Institut de la statistique du Québec, 2011, via www.levirage.qc.ca.

 

Le projet de loi sur le cannabis ne protège le bien-être des générations à venir, prévient l'Association des médecins psychiatres du Québec

L'Association des médecins psychiatriques du Québec (AMPQ) a dévoilé le 5 juin son énoncé de position sur la légalisation du cannabis à des fins récréatives. L'énoncé de position rencontré en lumière certains constats scientifiques sur les effets du cannabis sur le cerveau des adolescents et des adultes.

Les psychiatres notent que les données probantes, le taux de traitement de l'information et de l'intelligence, si bien qui dans plusieurs cas, on peut littéralement voir à l'imagerie médicale les lésions causées au cerveau par le Tétrahydrocannabinol (THC).

L'AMPQ a dressé une liste de 10 recommandations visant à limiter les risques associés à la légalisation du cannabis pas la restriction de la consommation et de l'achat du cannabis à l'âge minimum de 21 ans, l'obligation à une concentration maximale de THC, l'obligation d'indiquer la teneur en THC et en CBD sur les emballages, l'interdiction de toute forme de publicité, l'interdiction de la culture au domicile aux fins non médicales, l'adoption d'un modèle de distribution du cannabis rigoureusement réglementé, la mise en place d'un programme d'éducation dès le début du secondaire, la création en outils pour les parents et de campagnes pour rendre le cannabis moins désirable chez les jeunes.

L'énoncé de position s'appuie sur un sondage interne réalisé auprès des médecins psychiatres du Québec en mai dernier. Selon le sondage, 89% des médecins psychiatres appréhendent que la légalisation ne permet qu'entraîner une augmentation de la consommation chez les jeunes adultes à l'âge de consommer et 78% s'inquiètent d'une augmentation de la consommation aussi chez les jeunes n'ayant pas l'âge de consommer.

L'énoncé de position de l'association est disponible sur le site Internet www.ampq.org.