Oct. 2, 2017

Les dangers reliés à l’usage du cannabis

Par Luce Hébert, infirmière, consultante et conférencière pour le RPCU 

Luce Hébert est infirmière et consultante. Boursière de l'Institut de Cardiologie de Montréal, elle a obtenu un baccalauréat en sciences et une maîtrise en éducation professionnelle. Elle a suivi des perfectionnements avancés auprès de spécialistes reconnus mondialement. Pendant plus de dix ans, elle est une coordonnatrice de recherches cliniques en études épidémiologiques, pharmaceutiques et génétiques. Elle est conférencière et auteure de plusieurs articles scientifiques.

Le cannabis provient d'une plante sans les feuilles et les fleurs contiennent une substance psychoactive (SPA) ou psychotrope. Une SPA est un produit naturel ou synthétique qui agit principalement sur l'état du système nerveux central en y modifiant certains processus biochimiques et physiologiques cérébraux. En bousculant ainsi les fonctions du cerveau, une SPA peut induire les modifications de la perception, des sensations, de l'humeur, de la conscience ou d'autres fonctions psychologiques et comportementales.

À l'échelle mondiale, le cannabis est de loin la drogue la plus grand consommée. Au Canada et au Québec, le cannabis est également répandu, soit un taux de 49,4% chez les hommes et 38,8% chez les femmes. Les troubles liés à l'utilisation du cannabis (TSU) sont particulièrement présents chez les jeunes de 15 à 24 ans et ils ont affiché un taux de 4 fois plus important que les personnes de 25 à 64 ans.

Plus de 460 constituants chimiques connus sont présents dans le cannabis. Une des substances psychoactives est le Tétrahydrocannabinol (THC) dont la teneur est 700% supérieure à celui des années 1970.

Le cannabis provoque immédiatement une somnolence avec euphorie modérée et un bien-être. À cet état peut s'associer une excitation et une dissociation de la pensée, une altération des perceptions sensorielles ainsi que des troubles de la mémoire à court terme. Ces états peuvent durer jusqu'à 24 heures après l'arrêt de la consommation.

En cas d'intoxication, il peut y avoir une modification de l'humeur générale accompagnée de gaieté, d'euphorie, de loquacité et d'insouciance. Elle peut provoquer aussi une modification du vécu corporel, y compris une sensation de bien-être, de satisfaction et une impression de calme, de détente, sociabilité facilée. Les effets dépendants de trois facteurs: la substance, l'individu et le contexte.

Le cannabis peut-être induire une psychose cannabique qui s'observe par des hallucinations visuelles associées à des comportements agressifs avec désinhibition et dépersonnalisation, attaque de panique. Autres dangers reliés à la consommation à long terme du cannabis: apathie, démotivation, ralentissement marqué avec inertie, inaction, dépersonnalisation, fatigue, perte de goût de vivre et de suicide.

Les risques de cancer du poumon sont significativement plus élevés par rapport à la cigarette. Le cannabis aide 3 à 4 fois plus de goudron que le tabac fort et est plus concentré en substances cancérigènes (80% sont déposés dans les poumons alors que 64% pour la cigarette). Dix minutes après l'inhalation, sur une augmentation du débit cardiaque et cérébral, une rougeur aux yeux, une sécheresse de la bouche par diminution de la salive, une augmentation de l'appétit par hypoglycémie (boulimie chez les jeunes). Au niveau psychologique et psychomoteur, sur une diminution de la mémoire à court terme, une perturbation des performances psychomotrices, y compris une diminution de l'attention et de la concentration, une diminution des réflexes, Un ralentissement du temps de réaction et une réduction de la capacité d'accomplissement des tâches complexes. Ces réactions sont reliées à la quantité de cannabis inhalé et à sa teneur en THC. Le mélange avec l'alcool ou d'autres substances illicites peuvent provoquer une psychose ou de la schizophrénie. Si le cannabis est consommé au moins trois fois par un jeune de 15 ans et moins, le risque de développer une schizophrénie avant l'âge de 26 ans est multiplié par quatre (l'âge classique pour une schizophrénie est entre 19 et 25 ans) . La répercussion de la consommation du cannabis sur les fonctions psychiques est directement liée à l'âge des sujets. Si la consommation du cannabis débute avant l'âge de 16 ans, sur l'observation des conséquences cognitives et psychologiques qui peuvent être permanentes. Plus l'initiation est précoce,

Après l'alcool, le cannabis est la substance psychoactive la plus consommée, notamment chez les jeunes. Souvent le cannabis et l'alcool font partie des fêtes. Ou le cannabis affecte les habiletés psychomotrices pour une durée en cours jusqu'à cinq heures après consommation. Les gens sont en mesure de laisser un délai de 24 à 26 heures après avoir consommé du cannabis avant de prendre le volant. Le comité de sécurité nationale des transports démontre le lien entre les accidents mortels chez les camionneurs et le cannabis. CAA Québec note que 30% des accidents de la route sont en lien avec le cannabis chez les jeunes de 18 à 24 ans.

Les personnes plus à risque de souffrir de complications sérieuses dues au cannabis sont les jeunes, les femmes enceintes, les mamans qui allaitent, les personnes émotionnellement instables et les personnes qui souffrent de troubles cardiovasculaires. 

Au niveau physiologique, la consommation chronique peut causer une diminution de la testostérone, une atrophie testiculaire, des perturbations dans la production de sperme et de sa mobilité, de sa viabilité et une modification du comportement sexuel. Chez la femme, le cycle ovulatoire est altéré. Du point de vue psychiatrique, des troubles de l'humeur, des épisodes dépressifs, de l'anxiété, des troubles de la personnalité, des psychoses et de schizophrénie furent observés.

Selon Ternes et Johnson, 2011, l'alcool est en droit d'auteur avec les infractions contre la personne alors que les drogues illicites sont en lien avec les infractions contre les biens.

Conclusion

Les programmes de sensibilisation et de prévention dans les écoles sont inexistants à ce jour. Dans les écoles secondaires, il ya des intervenants sociaux qui tentent d'encadrer les jeunes qui consomment et leur assurent un bref suivi. Les services sociocommunautaires de la Sureté du Québec, soit le Centre de police internationale, des sergents de police visitent les écoles primaires et secondaires de leur droit des lois et des conséquences juridiques reliés à la consommation chez les jeunes ainsi que des ressources alternatives existantes pour ces jeunes.

 

Le Centre de réadaptation en dépendance Le Virage offre un tableau de synthèse sur le site d'une vingtaine de substances psychoactives (dépresseurs, stimulants, perturbateurs). Le tableau propose une foule d'informations sur les substances, les autres noms utilisés, leur apparence, l'usage médical, la méthode de consommation, les effets recherchés, les effets secondaires, la durée des effets, le type de dépendance, ainsi que les informations sur le sevrage et les surdoses.

www.rpcu.qc.ca/cannabis | www.levirage.qc.ca

 

Quelques statistiques sur la drogue *

 

La consommation en milieu scolaire

 

  • 47% des jeunes du secondaire 5 ont consommé de la drogue au cours des 12 derniers mois.
  • 50% des élèves qui bénéficient d'une allocation hebdomadaire supérieure à 30 $ ont consommé du cannabis.
  • 11% des élèves au consommé des hallucinogènes au cours de 12 mois.
  • 5% des Québécois de 15 ans et plus, une consommation abusive ou problématique d'alcool et de drogues.

 

* Institut de la statistique du Québec, 2011, via www.levirage.qc.ca.

 

Le projet de loi sur le cannabis ne protège le bien-être des générations à venir, prévient l'Association des médecins psychiatres du Québec

L'Association des médecins psychiatriques du Québec (AMPQ) a dévoilé le 5 juin son énoncé de position sur la légalisation du cannabis à des fins récréatives. L'énoncé de position rencontré en lumière certains constats scientifiques sur les effets du cannabis sur le cerveau des adolescents et des adultes.

Les psychiatres notent que les données probantes, le taux de traitement de l'information et de l'intelligence, si bien qui dans plusieurs cas, on peut littéralement voir à l'imagerie médicale les lésions causées au cerveau par le Tétrahydrocannabinol (THC).

L'AMPQ a dressé une liste de 10 recommandations visant à limiter les risques associés à la légalisation du cannabis pas la restriction de la consommation et de l'achat du cannabis à l'âge minimum de 21 ans, l'obligation à une concentration maximale de THC, l'obligation d'indiquer la teneur en THC et en CBD sur les emballages, l'interdiction de toute forme de publicité, l'interdiction de la culture au domicile aux fins non médicales, l'adoption d'un modèle de distribution du cannabis rigoureusement réglementé, la mise en place d'un programme d'éducation dès le début du secondaire, la création en outils pour les parents et de campagnes pour rendre le cannabis moins désirable chez les jeunes.

L'énoncé de position s'appuie sur un sondage interne réalisé auprès des médecins psychiatres du Québec en mai dernier. Selon le sondage, 89% des médecins psychiatres appréhendent que la légalisation ne permet qu'entraîner une augmentation de la consommation chez les jeunes adultes à l'âge de consommer et 78% s'inquiètent d'une augmentation de la consommation aussi chez les jeunes n'ayant pas l'âge de consommer.

L'énoncé de position de l'association est disponible sur le site Internet www.ampq.org.