13. nov., 2017

CNESST ou l’art d’enlever l‘espoir

 Suite à un accident de travail, j’ai été affligée du syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Il s’agit d’une condition très douloureuse qui, de plus, s’est attaquée à mon membre supérieur droit dont les mouvements sont très limités et m’empêche aussi de déplier mon bras et d’utiliser ma main.  Pas très pratique lorsque l’on est droitière!  Je suis en arrêt de travail depuis plus d’un an. Après de très nombreuses consultations auprès de plusieurs spécialistes différents, je suis enfin tombée sur la perle rare. Il s’agit d’un médecin chercheur, spécialiste de la clinique anti douleur, le docteur Gilbert Blaise, pour ne pas le nommer.

Avec lui, nous avons tenté plusieurs approches et plusieurs sortes de médication. Puis il m’a suggéré un traitement épidural cervical. Enfin ! Voilà quelque chose qui fonctionnait pour moi. Le traitement était efficace au niveau de la douleur et aussi m’a permis de retrouver un peu de mobilité de mon bras et de ma main. Ce que je n’avais pas eu, depuis plus d’un an! Graduellement sur une période de plusieurs mois, tout semblait vouloir revenir à la normale. Il me semblait que je pouvais enfin espérer dans un avenir rapproché, retrouver l’usage de mon bras.  Enfin une lueur au bout du tunnel!

Voilà qu’en janvier 2017, la nouvelle loi de notre bon ministre de la santé allait anéantir tous mes espoirs. À l’interdiction des frais accessoires s’ajoutera une valse à trois temps où la CNESST (l’ancienne CSST, parce qu’il semble qu’il soit plus facile de changer le nom d’un organisme plutôt que d’en assurer l’efficacité) finira par refiler le dossier au MSSSQ qui lui le retournera à la CNESST qui inondera mon médecin de paperasse à remplir, tâche à laquelle il s’est totalement consacré. Puis débuta pour moi, une longue suite d’appels téléphoniques après quoi, enfin, j’ai pu trouver une oreille attentive.  Cette agente m’accordait enfin le remboursement, en partie, de mes frais reliés à mes traitements épidural cervical. Mais l’espoir s’avéra de courte durée. Quelques semaines plus tard, elle fut remplacée et la nouvelles agente eut tôt fait de m’informer que mes séances de traitement épidural cervical ne seraient plus payées par la CNESST et que la décision était irrévocable.

Je voyais fondre tous mes espoirs d’amélioration de ma condition et tout espoir de pouvoir reprendre une vie normale. J’ai même bien peur que ma situation ne se dégrade encore plus et que j’en arrive à un point de non-retour où aucun traitement ne sera efficace.

A-t-on le droit de décider ainsi pour une personne dont le handicap pourrait être traité qui pourrait reprendre sa vie en main ? A-t-on le droit de créer l’espoir pour l’anéantir par la suite à cause de décisions administratives ? On a créé notre système de santé pour qu’il soit plus humain pour empêcher qu’une personne qui n’a pas les moyens de payer puisse quand même être soignée. Je me sens irrémédiablement pénalisée dans cette situation.   

Comble de l’ironie, ce traitement qui m’a été refusé par la CNESST parce qu’il n’était pas couvert dans la région de Joliette est entièrement défrayé dans la région de Valleyfield. Allez savoir pourquoi !  

Désespoir