23. mars, 2018

La mode : lésiner dans l’information en santé

Qui l’eut cru ? En cette ère dite des communications où il est possible en un clic de voir apparaître à l’écran des millions d’informations, comment se fait-il que concernant les connaissances en santé, une majorité de la population canadienne ne possède pas les compétences suffisantes pour comprendre et utiliser d’une meilleure façon l’information en santé ?

Les émetteurs (A) et les receveurs (B) en cause

A)      Les émetteurs

Dans plusieurs cas, les émetteurs, ceux qui ont l’information, ont tendance à garder l’information pour eux ou du moins de contrôler son accès. Par exemple, un parti politique pourra choisir de ne pas trop en dire sur la situation du patient dans le système de santé de peur de perdre des électeurs. Un autre pourra choisir d’attendre la période pré-électorale pour informer la population afin de gagner ainsi quelques votes de plus.

Si cela est facilement explicable dans le secteur public, c’est un peu plus difficile en ce qui concerne l’industrie privée en santé. Souvent on peut expliquer leur réserve par la crainte de s’immiscer dans un débat public qui pourrait leur être défavorable. Par exemple, certains pourraient hésiter à parler de vaccination parce qu’il y a une partie de la population où le discours anti-vaccination occupe une bonne place. Mais pour la plupart des acteurs du secteur privé, je crois que l’ignorance de l’importance de parler directement au public est en cause. La plupart de ces entreprises ont établi des canaux de communication avec leur clientèle directe et ne voit pas la nécessité de s’adresser directement au public. Par exemple, une association professionnelle ou un syndicat ont des voies de communication directes et bien rodées avec leurs membres, ils ne voient pas l’importance d’informer le grand public sur des sujets de santé.

B)      Les receveurs

Le public a aussi son rôle à jouer dans ce partage d’information. Trop souvent, nous sommes enclins à nous intéresser à la santé ou au système de santé que lorsque nous sommes malades. Quand tout va bien, les sujets de santé ne représentent pas un intérêt bien soutenu pour tout un chacun. En ces jours où les connaissances scientifiques augmentent à un rythme effréné, ne pas s’informer équivaut à devenir de plus en plus ignorant en santé. Et cette ignorance aura un prix. Si je ne possède pas les compétences suffisantes pour comprendre les messages de prévention qui me sont adressés, ou les traitements qui me sont proposés ou encore l’importance à rester fidèle aux médicaments qui me sont prescrits, il est évident que j’augmente mes risques de maladies consécutives à mon interprétation défaillante des messages préventifs qui me sont destinés. Si je cesse de prendre mes médicaments parce que je ne comprends pas les risques qui sont associés à cette cessation, mes risques de maladies plus graves augmentent. Et si je ne comprends pas complètement l’importance de mes traitements, je risque bien de manquer de me présenter à un ou des rendez-vous avec les conséquences possibles sur ma santé.

Un émetteur adapté

Le Journal le patient du Québec veut, à sa façon, contrer ce manque de partage de connaissances en santé et sur le système de santé.

À vous tous d’en profiter !