7. nov., 2018

Un cadeau à la nouvelle Ministre de la santé : le Bureau des usagers

Le nouveau gouvernement est en place. Question de faire les choses différemment, je propose donc ici d’offrir un cadeau à la nouvelle Ministre de la santé; un genre de retour d’ascenseur. Ne dit-on pas qu’il est aussi agréable de donner que de recevoir et c’est dans cet esprit que j’offre : le bureau des usagers. Et ses utilités seront tout aussi nombreuses qu’efficaces. En voici les quatre piliers :

1)      La transparence

Le Bureau des usagers permettra au gouvernement actuel de décider en toute transparence des nouvelles orientations et gestions du MSSSQ.  Cette transparence permettra à tous les intervenants à partir de tous les travailleurs et leurs corporations professionnelles de regagner la confiance du public. Le ministère pourra ainsi présenter à tous ses politiques avant qu'elles soient adoptées. C'est cela aussi et surtout: le patient au coeur du système.

2)      La communication multidirectionnelle

Entre les attentes des usagers et les politiques du ministère, il existe présentement une gigantesque fosse béante. Le seul et unique remède à cette situation passe par la communication. Le public doit être en mesure de faire parvenir ses doléances et aussi ses suggestions avec la certitude d’être entendu. Le ministère doit disposer d’un endroit où ses politiques, ses orientations et ses priorités sont clairement et dans des mots accessibles à tous présentées au public. Le Bureau des usagers sera cette plateforme d’échange entre, non seulement les usagers et le ministre, mais il sera aussi ouvert à tous les intervenants de la santé (instituts gouvernementaux, corporations professionnelles, industries privées reliées à la santé, etc) qui pourront y apporter leurs opinions et proposer leurs solutions. Dans un univers aussi vaste que celui de la santé et qui deviendra de plus en plus complexe au fil de l’évolution des diagnostics, des traitements et des relations avec les usagers, seule une plateforme multidirectionnelle comme celle qu’offrira le Bureau des usagers sera en mesure de transformer la tour de Babel actuelle en un centre de communication ouvert à tous.

3)      L’information

Les connaissances augmentent à un rythme ahurissant depuis les 50 dernières années et ce phénomène ira fort heureusement en s’agrandissant encore plus rapidement dans le futur. Mais le niveau de connaissance de la population n’avance pas au même rythme

On définit la littératie en santé comme étant l’ensemble des compétences qui permet l’accès, la compréhension et l’utilisation d’information pour une meilleure santé.

Les données sur la littératie en santé au Canada montrent que notre pays ne respire pas la santé. En effet, six adultes canadiens sur 10 ne possèdent pas les compétences nécessaires pour répondre adéquatement à leurs besoins en santé et en soins de santé. Chez les personnes de plus de 65 ans, ce chiffre déjà élevé grimpe à 88%. (Réf. : http://www.bdaa.ca/biblio/recherche/cca/sante/sante.pdf )

Chacun peut consulter à partir de son ordinateur ou de son cellulaire son propre dossier médical. Cet accès quasi instantané aux résultats d’analyse, aux diagnostics des professionnels et aux listes de médicaments prescrits pourra générer bien de l’anxiété chez une personne qui n’a pas les compétences nécessaires pour correctement interpréter ces données.

La solution qui s’impose sera un vaste service d’information capable d’expliquer dans des mots simples et accessibles ces concepts dont la compréhension varie beaucoup d’un individu à un autre. Le Bureau des usagers avec des outils comme le Journal le patient du Québec et avec ses multiples contacts avec les divers intervenants de la santé sera en mesure de contribuer à l’augmentation de la littératie en santé au Québec.

4)      La solidarité

À elle seule, l’Alliance des patients pour la santé compte plus d’une vingtaine de d’associations diverses qui ont toutes en commun de vouloir protéger les usagers. On peut aussi penser au Conseil pour la protection des malades, du Regroupement provincial des comités d’usagers (RCPU), de l’Alliance médecins patients pour la santé, etc., etc.. Le bureau des usagers n’a certes pas l’intention de remplacer l’un, l’autre ou l’ensemble de ces organismes. Il leur fournira plutôt un lieu de rencontre avec l’ensemble de ses intervenants.  

Les efforts quasi surhumains de ces associations pour bien faire valoir les besoins et les intérêts des patients sont dignes de mentions. Il s’agit de femmes et d’hommes qui consacrent sinon toute leur vie ou pour le moins des heures innombrables de bénévolat pour la cause des patients.  Ces personnes, investies d’une sincère vocation, ont besoin au minimum d’une reconnaissance formelle du ministère de la santé et des services sociaux. La création du bureau des usagers par le MSSSQ leur fournira enfin cette reconnaissance.   

En somme le bureau des usagers c’est l’offre de 4 occasions uniques de faire du ministère de la santé et des services sociaux un organisme enfin au service des patients et ces offres sont, rappelons-le : la transparence, la communication, l’information et la solidarité. Tout ça, c’est le Bureau des usagers.