27. juil., 2019

Éditorial 20 juillet: L’innovation : une denrée essentielle à l’économie et… à la santé

L’innovation a, de tous temps, fait partie intégrante de l’aventure humaine. Sans en faire l’historique depuis la célèbre invention de la roue, force est de constater que de nos jours, non seulement l’innovation est toujours présente mais ses réalisations ont atteint une vitesse qu’il y a un siècle à peine, on n’aurait jamais imaginé. Nous n’avons qu’à comparer l’arrivée des ordinateurs, considérés à l’époque comme des super machines à calculer qui aujourd’hui se dotent d’intelligence artificielle aux potentiels inimaginables. On pourrait aussi songer à ce microscopique filament d’ADN découvert il y a à peine 66 ans qui aujourd’hui apporte des solutions tant dans l’explication des maladies que dans les sphères diagnostiques et même thérapeutiques de bien des maladies.

L’innovation est au cœur de l’activité humaine. Afin d’en tirer le maximum de bénéfice, les divers paliers de gouvernement ont mis en place des organismes pour faciliter et accélérer encore l’innovation sur leurs territoires.

Le 13 juin dernier, se tenait un cocktail réseautage organisé par le Conseil des entreprises privées en santé et mieux-être (CEPSEM) ou deux conférenciers sont venus expliquer leur vision de l’innovation et les mesures qu’ils présentent pour la soutenir et l’encourager.

Madame Jennifer Moles, Gestionnaire d'approvisionnement d'innovation, Centres d’excellence de l’Ontario présenta des exemples d’initiatives qui ont permis de développer une collaboration fructueuse entre le gouvernement de l’Ontario, les entreprises et le milieu académique. Ils travaillent ensemble pour mettre en place des solutions répondant aux besoins des patients et du réseau de la santé ontarien.

Paul L’Archevêque, Dirigeant de l’innovation, Ministère de la Santé et des Services sociaux a pour mandat d’établir une vision et d’orienter les stratégies et les activités du Bureau de l’innovation en santé et en services sociaux; afin d’accélérer l’adoption des innovations et des nouvelles technologies pertinentes et efficientes pour le réseau.

D'entrée de jeu, M. L'Archevêque souligne que le Bureau de l'innovation découle directement de la Stratégie québécoise des sciences de la vie. Ce plan stratégique vise les années 2017-2022 et a pour double objectif de :

  • Attirer 4 milliards de dollars d'investissements privés au Québec d'ici 2022
  • Faire du Québec l'un des 5 pôles nord-américains es plus importants du secteur d'ici 2027

 

Tel que décrit sur le site du Bureau de l’innovation, le mandat du Bureau de l’innovation en santé et en services sociaux est

  • de déterminer, avec les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux, les types d’innovation à intégrer de façon prioritaire;
  • de travailler avec l’ensemble des acteurs du secteur des sciences de la vie pour répondre à ces besoins et pour la création de partenariats productifs pour le réseau de la santé et des services sociaux et les partenaires industriels;
  • d’assurer la coordination des efforts en vue d’accélérer l’adoption des innovations pertinentes et efficientes;
  • de contribuer à la croissance et à la compétitivité du Québec en sciences de la vie, en stimulant le potentiel d’exportation des entreprises innovatrices qui ont fait leurs preuves dans le réseau québécois.

https://www.quebec.ca/gouv/ministere/sante-services-sociaux/organismes-lies/

Dans les faits, M. L’Archevêque veut mettre en œuvre tous les outils disponibles pour arrimer les besoins en innovation des divers secteurs du Ministère de la santé et services sociaux avec les développeurs d’innovations. Et comme le MSSSQ constitue un immense labyrinthe difficile d’accès pour ces développeurs, le Bureau de l’innovation du MSSSQ développera aussi de nouveaux outils pour faciliter les démarches des personnes, groupes et entreprises qui désirent présenter des projets innovateurs au MSSSQ.

Par exemple, déjà le Bureau de l’innovation a mis en ligne deux modèles de plans d’affaires pour faciliter et accélérer les démarches.

Un modèle de plan d’affaire court qui en moins de 3 pages, permet au Bureau de l’innovation d’évaluer rapidement la pertinence et la faisabilité du projet soumis. Si le projet est alors jugé approprié, le promoteur sera invité à compléter le plan d’affaire long (10 pages) afin d’évaluer sa pertinence.

Le lecteur pourra trouver plus de précision sur ce processus en consultant le document d’information au site suivant :

http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2018/18-741-01W.pdf

Et à titre informatif, voici la présentation type d’un plan d’affaire court

http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2018/18-741-01_guide.pdf

Le Bureau de l’innovation n’en est encore qu’à 16 mois d’existence, il a été fondé en avril 2018 et M. L’Archevêque est particulièrement conscient qu’il reste beaucoup à faire tant pour attirer les développeurs d’innovation que pour les arrimer aux besoins du MSSSQ. Les idées soumises peuvent parfois être, d’un point de vue technologique, franchement géniale, mais si, par exemple, leur mise en œuvre exige une formation de 5 ans des 70 000 infirmières et infirmiers du Québec, l’innovation a peu de chance alors de s’avérer applicable.

Les problématiques reliées aux droits d’auteurs et les mécanismes d’appels d’offres sont aussi des sujets sur lesquels le Bureau de l’innovation se penche actuellement et pour lesquels des solutions seront proposées dans les meilleurs délais.

En somme, l’innovation occupe une place importante au Québec. Avec le ministère de l’économie et de l’innovation et le Bureau de l’innovation du ministère de la santé et des services sociaux, le gouvernement du Québec s’est doté de deux leviers importants pour faire de l’innovation une priorité nationale.