10. août, 2019

Éditorial du 3 août 2019 : La science a besoin de publicité

Dans un article que je signais sur Huff Post, je soulignais l’importance capitale de la promotion des sciences de la vie. ( https://quebec.huffingtonpost.ca/jacques-beaulieu/sciences-vie-promotion-societe-necessite-vitale_a_23709296/ )

Plus de promotion

Comme je l’écrivais alors : « Il aura fallu 20 ans et un gigantesque déploiement de ressources tant financières (privées et publiques) qu'institutionnelles et organisationnelles pour en arriver où nous en sommes aujourd'hui. Mais il y manque un acteur important: le public.

En effet, tous ces beaux succès connus au prix de grands efforts demeurent la plupart du temps inconnu du public. C'est un peu comme si les matchs de hockey de la ligue nationale avaient lieu dans de petits arénas et que personne n'en parlait: pas de télévision, pas de radios et pas de journaux, tout juste un petit encart à l'occasion à la page 38 d'un quotidien. Je suis à peu près certain que dans de telles conditions, le hockey n'aurait jamais été notre sport national. »

D’où doivent venir les efforts ?

Nous devons unir les efforts de tout un chacun pour favoriser la recherche dans le vaste et extraordinaire domaine des sciences de la vie. Nous le devons pour l’avenir de notre santé et nous le devons pour l’avenir de nos jeunes afin de les inciter à étudier les sciences et les technologies. L’élève qui est aujourd’hui au secondaire et qui se passionne pour les sciences n’est pas nécessairement le plus populaire de son école. Il faut que cela change si nous voulons pouvoir compter un jour sur la fougue et la détermination dont la jeunesse est capable pour former nos futurs chercheurs.

Les niveaux d’interventions des différents acteurs présents

Pour une fois, nous ne pouvons pas taxer de laxisme notre gouvernement. Comme souligné dans un article précédent (Éditorial : 20 juillet: L’innovation : une denrée essentielle à l’économie et… à la santé_) tant le Ministère de l’économie et de l’innovation que le MSSSQ avec son Bureau de l’innovation ouvrent de grandes fenêtres d’opportunité à toutes celles et ceux qui ont à cœur l’innovation au Québec. Avec ces deux organismes, le gouvernement a clairement indiqué ses volontés.

Mais il faut faire encore plus.

À l’époque où il n’y avait que deux grands réseaux de télévision francophone au Québec soient Radio-Canada et TVA, chacun de ceux-ci diffusait une fois par semaine une émission de vulgarisation scientifique. À la société d’État, il s’agissait de l’émission Science et réalité et à TVA, c’était Science et technologie, dont j’ai d’ailleurs signé la plupart des textes de 1979 à 1985. Avec l’arrivée des chaînes spécialité, les diffuseurs généralistes comme TVA n’avaient plus les budgets pour soutenir cette émission si bien qu’en 1986, Science et technologie prenait fin.La télévision d’État qui était alors largement subventionnée put continuer avec l’émission Découverte.

Aujourd’hui, je rêve d’un réveil des grands diffuseurs pour présenter sur l’ensemble de leurs plateformes l’univers des sciences de la vie. Cela se fait présentement avec les sports, avec les arts, avec la politique et avec l’actualité. Que vous écoutiez la radio, consultiez des articles sur le Web, ou encore regardiez les nouvelles sur votre téléviseur, vous allez trouver jour après jour ces sujets (souvent les mêmes) sur toutes les tribunes. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi des sciences de la vie ?

Il y a de l’espoir dans l’air

C’est précisément dans cet objectif que j’ai démarré, en octobre 2017, le Journal le patient du Québec. Au fil des deux premières années, j’ai pu m’allier divers acteurs du monde de la recherche et de l’innovation en science de la vie. Une fois ce premier pas accompli, j’ai présenté mon idée du multimédia à un acteur moderne du monde des communications : la Web-radio QUB Radio ( https://www.qub.radio/ ). J’y fus très bien accueilli et durant toute la saison estivale, j’y présente une chronique chaque lundi matin vers les 8h15 à l’émission Le 6 à 9 de Caroline et Maka avec les animateurs Caroline St-Hilaire et Maka Kotto.

Il y a donc, sans en douter, une ouverture du côté médiatique.

Le milieu scientifique et celui de l’innovation sont-ils prêts quant à eux à participer activement à cet effort médiatique ? Certains ont contribué occasionnellement à la diffusion d’information les concernant. Et je les en remercie, sans eux, je n’aurais pas pu démarrer et maintenir le Journal le patient du Québec.

Mais pour devenir vraiment efficace et performant, il faudra plus. Si chacun des acteurs dans les sciences de la vie mettait les épaules à la roue, je pense ici à tous ceux impliqués en recherche en science de la vie, aux divers acteurs du milieu pharmaceutique et médical et aux multiples sociétés et associations regroupant les personnes atteintes de diverses maladies, nous pourrions certainement nous retrouver régulièrement sur toutes les plateformes médiatiques : radiophoniques, numériques, écrites, et télévisuelles. Mais malheureusement, et pour des raisons obscures, certains demeurent frileux à l’idée de publiciser leurs succès. Cette timidité, mal placée quant à moi, laisse la place à d’autres pour organiser des campagnes de peur. Nous l’avons vécu avec les campagnes anti-vaccination avec les conséquences sur la santé publique que l’on a connues. Espérons que leurs politiques de communications évolueront plus rapidement.

Pour le plus grand bien de la population

Comme je le concluais dans l’article cité en début de ce texte : « Nous avons besoin de la recherche dans les sciences de la vie. Nous vieillissons tous et l'arrivée de nouveaux médicaments qui augmenteront tant notre espérance que notre qualité de vie est toujours souhaitable.

De plus, quand ces médicaments sont découverts ici, c'est ici que les bénéfices se font sentir. Plus de bénéfices permet plus de recherches qui amèneront éventuellement plus de bénéfices. Pour alimenter cette roue, il est donc essentiel de faire la promotion des sciences de la vie au Québec. »