21. mars, 2020

Virus versus humains

Il y a un siècle et plus, les épidémies ne se répandaient pas aussi rapidement. Les gens voyageaient peu et parmi ceux qui ne voyageaient pas du tout, la plupart demeurait sur des terres et les densités de population étaient bien plus faibles. Tout ceci ne favorisait pas les grandes pandémies, et le plus souvent, les épidémies demeuraient concentrées beaucoup plus longtemps au même endroit. C’était le côté positif de ces époques lointaines.  Par contre, lorsqu’une épidémie éclatait, la médecine était loin de disposer de tout l’arsenal thérapeutique que l’on connaît aujourd’hui. À titre d’exemple, ce remède qui était alors recommandé pour lutter contre la tuberculose : Voici ce qu’en dit Charles Coury dans son livre La tuberculose à travers les âges : « Le lait de femme était particulièrement recommandé et devait être consommé à la tétée. La nourrice, de préférence jeune et agréable, partageait au besoin le lit du malade, malgré les risques de contagion et les autres inconvénients, aisément imaginables, qui pouvaient en résulter ». (réf : La tuberculose au cours des âges" (par Charles Coury, 1972, Ed. Lepetit à Suresnes). Force est de l’admettre : la pénicilline sera plus efficace.

De nos jours, nos moyens de combattre les infections se sont pour le moins améliorés. L’arrivée des vaccins, puis des antibiotiques et plus récemment des virucides, nous permettent de mieux lutter contre ces organismes infiniment petits que sont, les bactéries, les virus et autres.  Certaines maladies comme la variole ont été carrément éliminées de la surface de la terre grâce, entre autres, à la vaccination. D’autres comme la poliomyélite pourrait être aussi éliminée si les programmes de vaccination étaient partout bien appliqués. En somme de nos jours, nous disposons d’un arsenal thérapeutique des plus efficaces. C’est le côté positif. Par ailleurs, les voyages sont devenus une denrée prisée tant pour des raisons financières que récréatives. De plus les densités de zones très peuplées augmentent aussi. Plus de contacts possibles entre les personnes et plus de personnes qui se déplacent d’un pays à un autre, voire d’un continent à l’autre, offrent aux microorganismes l’opportunité de se multiplier plus rapidement et de contaminer plus de personnes sur plusieurs parties de la planète.

La question : La lutte pour la survie

Mais, il faut l’admettre, si de nos jours, les risques d’être en présence d’un microorganisme contagieux sont plus élevés, pour la plupart d’entre nous, les risques d’en mourir sont bien plus faibles. Cet équilibre instable entre les microbes et nous ne s’explique que par ce qu’on a nommé : la lutte pour la survie. Les êtres humains ont adopté des modes de vie (hygiène, alimentation saine, etc) et des thérapies (vaccins, antibiotiques et autres) qui leur permettent de survivre malgré la présence de bactéries ou de virus pathogènes.

Quant à ces derniers, ils ont aussi développé divers moyens pour assurer leur survie. Certaines bactéries ont développé des résistances qui leur permettent de survivre malgré nos antibiotiques. Et des virus réussissent à modifier certains de leurs gènes pour être en mesure de mieux attaquer l’être humain. Par exemple, des virus qui ne s’attaquaient qu’aux oiseaux ou aux porcs ont pu modifier leurs gènes pour être en mesure de s’attaquer aux humains ce qui nous amena les épidémies de grippe aviaire et de grippe porcine.

De plus, pour encore mieux lutter pour leur survie, certains virus ont développé des tactiques plus « intelligentes ».  Ainsi un virus qui est très mortel va rapidement épuiser son pôle de reproduction. En effet, si le virus tue une personne sur deux qu’il rencontre bientôt il ne se trouvera en présence que des personnes qui sont résistantes à ce virus et il disparaîtra faute de personnes à pouvoir contaminer. L’exemple type est le virus Ebola dont la létalité dépasse les 40%. L’autre mode d’assurer sa survie pour un virus est de pouvoir infecter rapidement plusieurs individus. Une fois entré dans l’organisme de sa victime, il s’y multiplie et en ressort rapidement pour infecter d’autre personnes. Les individus infectés sont malades mais la plupart en guérissent et le virus, lui, continue sa course autour du monde. Les deux grandes « stratégies virales » sont donc : 1) contaminer peu de gens et en tuer une bonne partie et 2) contaminer beaucoup de personnes et en tuer relativement moins. Donc, nous n’y échapperons pas : tous les êtres humains et tous les microorganismes continueront à lutter chacun pour sa survie.

Dans cette lutte sans fin, nous disposons de deux armes très puissantes : la recherche scientifique et l’information.