11. avr., 2020

De la panique à l’indifférence: COVID-19 versus SIDA

De la panique à l’indifférence était le titre d’une vidéo documentaire que j’ai réalisée à Paris lors des premières éclosions du SIDA au milieu des années 1980. Bien que tout à fait différente de la pandémie actuelle du COVID-19, les réactions humaines ne sont pas tant différentes de ce qu’elles étaient alors.

Le temps des extrêmes

En période de crise, il est fréquent de rencontrer ce qu’il y a de meilleur dans la nature humaine et aussi, ce qu’il y a de pire. Je n’extrapolerai pas beaucoup sur ce fait car il est de notoriété publique. Alors que c’est, pour bien des gens, le temps de faire preuve d’entraide, de compassion et de solidarité, pour d’autres c’est l’occasion rêvée de vendre à des prix exorbitants des crèmes et autres substances aux pouvoirs protecteurs conte la COVID-19 !!!

Le temps des complots

À l’époque,  le SIDA aurait été selon certain une punition divine contre la luxure humaine et selon d’autres une invention humaine pour éliminer les homosexuels Quant à la COVID-19, elle serait, selon une ministre du Zimbabwe la punition divine imposée à l’Union européenne et aux États-Unis en raison des sanctions imposées à son pays. D’autres invoquent l’hypothèse que la COVID-19 soit le résultat d’une fabrication de l’armée américaine qui l’aurait secrètement amené en Chine. Les fatalistes diront que plus ça change, plus c’est pareil.

Le temps des réflexions

Et si, au lieu de se cantonner dans ces extrémités, nous pensions que ce temps d’arrêt s’avère une période essentielle pour repenser notre monde. Nous l’avons vu dans l’article précédent (Science, COVID-19 et vanité), cette période accorde un certain répit à tout l’environnement et forcera le développement accéléré de bien des secteurs tant scientifiques que sociaux. On n’a qu’à penser à la télémédecine, au télétravail, et tous les autres secteurs de l’économie qui devront s’adapter rapidement aux nouveaux défis que la société aura à surmonter.

Il reste beaucoup à faire. Les leçons du passé sont assez éloquentes à cet effet. N’eut été de la des deux grandes guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945), combien de décennies auraient été nécessaires pour que le transport aérien, naval et terrestre se développe et s’impose à toute l’humanité ? Ces crises majeures ont aussi été le théâtre de développements médicaux et pharmaceutiques incroyables. À cet effet, on peut relater entre autres :  la morphine qui a permis des chirurgies d’urgence sur les champs de bataille, les sulfamides, la naissance de la chimiothérapie et de la pénicilline. Ces percées fulgurantes ont été et sont encore essentielles de nos jours. En somme, les crises questionnent les humains et les forcent à chercher des solutions originales pour régler des problèmes urgents. Une fois traversée la crise actuelle, le génie humain sera ardemment sollicité pour trouver des solutions durables aux problèmes que nous, et l’ensemble de la planète avons vécus avant l’arrivée de la COVID-19.

Nous devrons en arriver à une meilleure gestion de nos ressources et développer des outils pour un partage plus équitable de nos actifs. Si l’innovation était nécessaire, il y a à peine un mois, elle est essentielle dès aujourd’hui et le sera encore plus dans les mois à venir.

D’un point de vue scientifique, alors que nous n’avons jamais réussi à trouver ni médicament, ni vaccin contre tous les coronavirus, maintenant nous devons trouver si nous voulons éviter des répétitions de cette nouvelle infection qu’est la COVID-19.

Et d’un point de vue social, nous devrons miser sur des solutions qui nous permettrons de garder les bénéfices de cette pandémie : baisse de la pollution, télétravail et télémédecine pour ne citer que ceux-ci. 

Et nous pourrions aussi ajouter à ces acquis l’entraide, la compassion et la solidarité que cette pandémie aura fait découvrir à plusieurs.