23. mai, 2020

Valses-hésitations, apprenti-sorcier et Covid-19

La définition des valses-hésitations pourrait se résumer ainsi :  attitude qui consiste à hésiter, à adopter des comportements contradictoires, au moment où il faut prendre une décision ferme. Et celle de l’apprenti sorcier se décrirait ainsi : personne qui déchaîne des événements dont elle n'est pas capable d'arrêter le cours. En quoi ces deux expressions peuvent-elles s’associer à la Covid-19 ?

Les hauts et les bas de la communication.

Les débuts de la pandémie au Québec ont fait l’objet d’une vaste opération de communication du gouvernement de M. Legault et nous l’en remercions grandement. Le gouvernement semblait être en contrôle de la situation et ses mesures dont le confinement, la distanciation sociale et l’hygiène des mains ont été claires, précises et suivies par une vaste partie de la population. Nous semblions prêts à affronter ce nouveau coronavirus de plein fouet. Chaque jour, à heure fixe, la population était tenue informée par ce point de presse quotidien de nos deux premiers ministres, l’un fédéral et l’autre provincial. Mais notre ennemi, ce fameux coronavirus, devait se dire à l’instar de M. Jean de La Fontaine : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Puis, se concentrant sur sa mission première, le virus continuait à s’infiltrer de plus en plus amplement dans notre population. Presque deux mois plus tard, malgré le discours rassurant de nos chefs d’état, la maladie fait toujours de plus en plus de victimes et un article paru ce samedi 9 mai annonce que nous sommes loin de la fin de cette crise. Certaines prévisions estiment que le pic de 150 décès par jour sera atteint à la fin juin ou même en juillet. (https://www.lapresse.ca/covid-19/202005/08/01-5272853-de-nouvelles-projections-font-craindre-le-pire-pour-montreal.php).

Par ailleurs, le confinement ne peut constamment s’éterniser. Pris entre ces deux pôles, le gouvernement semble quelque peu désarçonné. Malgré une courbe qui devait être aplanie, nos statistiques ne sont guère reluisantes. Les dates de déconfinement changent, l’âge critique pour garder ses petits-enfants passe de 70 ans à 60 ans, le port du masque est recommandé selon certains mais pas tant que ça selon d’autres, les visites aux aînés seront autorisées après un test, puis sans test. La notion de qui est un proche-aidant fluctue au gré des entrevues, et ainsi de suite.

Les valses-hésitations

Toutes ces hésitations, dire et dédire, remettent en question la confiance que la population avait accordée à son gouvernement. Et c’est ce qui est le plus dangereux. Si cette confiance continue à s’effriter, l’obéissance aux règles proposées par nos services sanitaires risque fort de s’atténuer rapidement. Le déconfinement dans de telles perspectives deviendra encore plus problématique.

Et les apprentis-sorciers

Car sur quoi s’appuie-t-on réellement pour édicter les règles d’hygiène et celles de déconfinement ? La réponse ultime : sur les données de la science. Mais justement, que faire quand la science ne dispose pas de ces fameuses données ? On demande aux scientifiques et aux chercheurs de trouver un vaccin ou un remède ou quelques remèdes dont les effets sont limités, etc. La vraie et seule réponse est que nous avons à faire avec un nouveau virus et ce que nous savons le plus est qu’il reste plus d’inconnu que de connu dans l’équation. Au début de la crise, on parlait d’un vaccin disponible à l’automne, avant même selon les plus optimistes. Puis nous apprenons que ledit vaccin ne sera pas disponible avant un an, peut-être plus. Le même raisonnement peut s’appliquer aux médicaments. Quand j’ai terminé mes études en microbiologie, il y a une quarantaine d’années, les virus étaient connus. Nous savions alors qu’il y avait des familles de virus : les rotavirus qui causent, entre autres, des gastroentérites, les virus influenza, ou virus de la grippe, les coronavirus, etc. Les coronavirus étaient surtout responsables des rhumes ordinaires. Ils se répandaient facilement mais ne causaient que des rhumes bénins. On a découvert des vaccins contre bien des virus, dont celui de la variole grâce auquel nous avons pu totalement éradiquer ce terrible fléau de la planète. On a aussi des vaccins contre la grippe qui sont moins efficaces mais qui préviennent tout de même que cette maladie ne cause des épidémies et des pandémies. Mais, contre les coronavirus, nous n’avons jamais pu mettre au point un seul vaccin. Il faut admettre que maintenant que des centaines, voire des milliers de scientifiques planchent pour découvrir LE vaccin, probablement que nos chances d’en trouver un soient meilleures. Mais il faut éviter de jouer aux apprentis sorciers et avancer des hypothèses qui, si elles ne se concrétisent pas, contribueront à accroitre le scepticisme de la population. Finalement, il y a les vrais apprentis sorciers. Ce sont tous les partisans des doctrines conspirationnistes quelles qu’elles soient. Nous en avons un exemple ici mène alors que deux jeunes adultes ont brûlé des tours de transmission croyant que c’étaient des tours 5G et que ces nouvelles tours dissémineraient le coronavirus concocté en laboratoire pour contrôler la race humaine.

La vraie science

Comme cité précédemment, elle nous dit que jusqu’à présent, il existe encore beaucoup d’inconnu concernant ce nouveau virus et la maladie qu’il provoque la Covid-19. Ce virus, c’est un peu comme le loup qui est entré dans la bergerie des humains. Tant qu’on n’a pas d’armes pour tuer ce loup, la meilleure défense consiste à se cacher. Alors, si vous n’êtes absolument pas obligé de vous « déconfiner », la sagesse serait de rester confiné jusqu’à ce l’une de ces armes soient disponibles : le vaccin ou des médicaments efficaces. Et pour toutes celles et ceux qui doivent se « déconfiner », il faudra être très strict avec les mesures de distanciation sociale (2 mètres), les mesures d’hygiène (lavages fréquents des mains pendant 20 secondes chaque fois) et le port du masque. Car qui que vous soyez, vous l’ignorez, mais vous êtes peut-être porteur de la Covid-19. En portant le masque, vous évitez de la transmettre à d’autres, contribuant ainsi à briser la chaîne de propagation du virus. Plus le virus se répand dans la société, plus cette dernière mesure devrait être fortement encouragée. Elle finira d’ailleurs fort probablement par être imposée…