16. oct., 2020

Covid-19 : un virus qui se multiplie et qui divise

À ceux qui en douterait encore, le coronavirus à l’origine de la Covid-19 est un virus qui se multiplie et qui se multiplie très vite. En moins de 10 mois, il a atteint tous les coins de notre terre (pour ceux qui croient toujours qu’elle est plate).  Il a contaminé plus de 30 millions de personnes et en a tué près de 1 million. Oui, ce virus est très contagieux et les séquelles qu'il laissera sont loin d’être toutes connues.

De plus, il se multiplie à la vitesse grand V. À son œuvre dévastatrice, il ajoute à sa perfidie son pouvoir de diviser les humains, les uns contre les autres. Il y a les raisonnables qui suivent les consignes des autorités sanitaires, heureusement une majorité de la population.  Puis il y a les autres : les incrédules, les partisans des théories du complot et les défenseurs des libertés individuelles à n'importe quel prix, y compris celui de la mise en danger de leurs propres parents et grands-parents. Dommage grand-maman que tu sois mourante, moi je prends la liberté de ne pas porter de masque.

Nous sommes plus de 8 millions de personne au Québec. Aucun système de santé ne peut se permettre le luxe de survivre bien longtemps avec des employés surchargés de travail dans un contexte où les tâches augmentent continuellement. Aucun corps de police ne peut suivre à la trace 8 millions d'individus. C’est bien beau de blâmer le MSSSQ pour les temps d'attente trop long pour se faire tester pour la Covid-19 ou encore de se plaindre que les policiers n’interviennent pas durant des manifestations, le vrai problème n’est pas là. 

En réalité, le problème est à l’intérieur de chacun de nous lorsque nous baissons la garde. Lorsque nous ne portons pas le masque, lorsque nous ne maintenons pas le 2 mètres de distanciation sociale, lorsque nous ne nous lavons pas les mains assez fréquemment et lorsque nous nous entassons à plus de 10 personnes dans un appartement pour fêter la rentrée scolaire où quel qu’autre événement. Plus il y a de personnes assemblées dans un espace restreint, moins il y a de distanciation, moins il y a de masque et plus les virus peuvent s’en donner à cœur joie. Imaginez-vous seul au Centre Bell et un maringouin entre dans le centre, les risques qu'il vous trouve et vous pique sont minces. Imaginez-vous maintenant dans votre salon avec 18 autres personnes, les risques sont maintenant très grands.

Avec un problème potentiellement présent à 8 millions d'exemplaires (lorsque de plus en plus de personnes baissent la garde) et un virus d’une très grande virulence, voilà la recette parfaite pour une catastrophe annoncée.

La recette du succès : expliquer, expliquer et expliquer encore. Tant que nous n'aurons pas augmenter le niveau de littératie en santé de chaque citoyen, il sera difficile convaincre réellement les uns et les autres des bienfaits des consignes de la santé publique.  Il faut enseigner très tôt les bienfaits de la vaccination aux enfants si on ne veut pas laisser trop de place plus tard aux meutes antivaccins de répandre leurs mensonges. Il faut inclure les usagers du système de santé dans tous les niveaux décisionnels du ministère pour qu’ils se mettent à la tâche d’instruire leurs communautés en, finalement, augmentant ce niveau de littératie en santé.

La bonne nouvelle : tout cela est possible. Rappelons-nous il y a une cinquantaine d’années, fumer la cigarette était bien vue. Aujourd’hui, plus personne ne fume dans un endroit public. Pourtant, il s'agit souvent des mêmes personnes d'il y a 50 ans et les mêmes endroits. Nous avons appris et changé.  Il en sera de même pour le port du masque et des autres mesures de santé publique.

Mais ici, il y a une course contre la montre. Qui gagnera les humains ou les virus ? Fort probablement que les deux en sortiront vivants, mais au prix de combien de pertes? C’est à chacun des huit millions et demi d’habitants du Québec qu’appartient la réponse.