Il ne faut pas prendre à la légère une vie qui bascule, sombre et revoit enfin la lumière

 Le témoignage de Monsieur Champagne en est un de courage et de détermination. En 1989, par une journée de travail qui, sans doute, s’annonçait semblable à toutes les autres, ce travailleur de la construction transporte une scie circulaire qui doit peser dans les 50 kilos. C’est à ce moment qu’il fait une chute qui changera le reste de sa vie.

À l’hôpital, un premier diagnostic est établi : entorse lombaire. On lui prescrit quelques antidouleurs et un peu de repos. Mais voilà que quelques jours plus tard, il reçoit un téléphone de son médecin. Les tests passés à l’hôpital révèlent plutôt une hernie discale. Travailler représenterait dorénavant un risque trop grand, il est mis en arrêt de travail. Pour un homme dans la force de l’âge, cette invalidité est difficile à accepter, mais il n’a d’autres choix que de s’y résigner. Et là n’est pas le seul problème, l’autre difficulté est de trouver des moyens pour supporter la douleur.

C’est alors que commence une longue série d’interventions chirurgicales et médicales qui comme le chantait si justement le poète Jean Ferrat n’en finissent plus de distiller l’espoir :

« Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs qui n'en finissent pas de distiller l'espoir » (réf. : https://www.lacoccinelle.net/1070851.html).

C’est malheureusement cette réalité que doivent supporter celles et ceux que la douleur ne cesse de tenailler.

Pour monsieur Champagne, ce fut d’abord en 1990 une discectomie, une chirurgie qui consiste à enlever le disque intervertébral qui s’est déplacé et qui qui fait hernie. Mais cette opération n’apporte finalement pas les effets espérés. Trois ans plus tard, c’est le retour sur la table d’opération, cette fois pour une fusion lombaire. Le but est alors de fusionner ensemble deux vertèbres pour éviter qu’elles ne bougent l’une sur l’autre et provoquent de la douleur. « Il faut savoir ce que c’est que de vivre avec des douleurs constantes. Puis on nous annonce qu’une chirurgie pourrait nous aider. On y met tous nos espoirs et en bout de ligne, les résultats ne sont pas là. Quand cela nous arrive une fois, c’est difficile. Lorsque cela se produit une deuxième fois, c’est carrément décourageant ».  Les témoignages dans ce genre sont malheureusement trop fréquents.

M. Champagne me racontait : « Après ces tentatives aussi difficiles qu’infructueuses, j’ai l’impression d’avoir tout essayé. Ce fut d’abord la physiothérapie, puis la cortisone en commençant pas des pilules puis par des infiltrations. Ça ne donnait rien ou, si peu. En bout de ligne, plus de dix ans après mon accident, il ne restait qu’une solution et c’était la morphine. Nous sommes alors en 2002. Au début, cela faisait effet, mais plus les mois et les années passaient, plus on augmentait les doses et moins les douleurs étaient soulagées. Après tous ces espoirs déçus, je ne ressentais même plus le désir de vivre et je commençais même à former des idées suicidaires. En plus de la morphine que j’ingurgitais à raison de 50 mg par jour sans compter les doses d’urgence (près de deux fois par jour), on me prescrit donc des antidépresseurs pour traiter mes idées noires. Je ne voyais plus comment je m’en sortirais. En 2015, mon médecin me parle d’un spécialiste à Montréal qui pourrait peut-être m’aider. Il faut savoir que je demeure en Abitibi, à plus de 750 kilomètres de Montréal. Mais j’étais prêt à tout s’il y avait ne serait-ce qu’une lueur d’espoir. Je fis alors le voyage : 16 heures d’auto si je compte l’aller-retour. Mais pour la première fois depuis près de 15 ans, depuis cette chute funeste, ce fut le meilleur pas pour ma santé que je n’avais jamais pu faire. Pour la première fois, je sentais un soulagement réel après chaque traitement. Chaque 6 semaines, je franchis donc cette distance de 1500 kilomètres avec joie et espoir. Je ne suis pas très connaissant en médicaments et en traitement médical. Le Dr Blaise m’a expliqué qu’il s’agit d’un traitement expérimental et que si les résultats étaient au rendez-vous, nous continuerions, sinon, nous devrons arrêter. La beauté de la chose est que le cocktail de médicaments que m’injecte le Dr Blaise est réellement très efficace. Ma douleur qui pendant plus de quinze ans se situait à 8 ou 9 sur une échelle de dix, ne dépasse plus maintenant que rarement les 2 ou 3. Un autre exemple de son efficacité est qu’avant, je n’avais pratiquement plus de sensibilité dans mes jambes, si bien qu’il m’arrivait souvent d’avoir l’impression que les jambes me « lâchaient ». Je m’écrasais alors au sol car elles ne me supportaient plus. Il m’est même arrivé de me casser un pied, suite à une de ces chutes. Aujourd’hui, cela ne m’arrive plus.

Quand j’ai appris que l’hôpital où pratiquait le Dr Blaise l’avait suspendu, je n’en suis pas revenu. J’ai voulu faire ce témoignage parce que je veux absolument qu’il gagne sa bataille contre ce centre hospitalier non seulement pour moi, mais pour combien d’autres patients. J’ai eu souvent l’occasion de parler à l’une ou l’autre de ceux-ci et je sais qu’ils sont comme moi et que pour eux, enlever ces traitements, c’est leur retirer la seule thérapie qui a réellement fonctionné après des années et des années d’échec d’une panoplie d’autres traitements qui n’ont rien donné. »  Michel Champagne.

Ce témoignage nous porte pour le moins à nous poser la question suivante :  Que devons-nous choisir entre un traitement généralement admis qui n’apporte que peu ou pas de résultats et un traitement non reconnu qui aide les patients ? Comme l’aurait dit Shakespeare : là est toute la question.            

 

Bienvenue au Réseau Médecins - Patients

Le Journal le patient du Québec souhaite la bienvenue au Réseau Médecins – Patients (RMP)

Le Réseau Médecins – Patients ressemble beaucoup à son fondateur : le docteur Gilbert Blaise. Ce médecin, spécialiste et chercheur vit à fond ses deux passions : la médecine et les patients. Selon le docteur Blaise, le médecin doit pouvoir exercer sa profession en toute liberté afin de pouvoir fournir à ses patients les meilleurs soins possibles et tout le système de santé devrait servir de support à cet objectif : offrir les meilleurs soins aux patients. Lorsqu’il a fondé le RMP il y a près de 5 ans, le docteur Blaise a voulu créer un lieu de convergence unique où les médecins et les patients puissent échanger en toute liberté. Il est révolu le temps où les médecins et les patients étaient des observateurs des débats sur la santé. Aujourd’hui le RMP veut non seulement prendre part aux débats, mais provoquer le débat à partir d’informations solides et de solutions ancrées dans la réalité du milieu.

Il n’est donc pas étonnant de retrouver le Réseau Médecins – Patients au sein du Journal le patient du Québec. L’union de ces deux forces ainsi que de celles de nos autres collaborateurs présents et futurs permettra aux patients de faire entendre leurs voix. Le patient pourra réaliser dans un premier temps qu’il est loin d’être le seul à être lésé par le système de santé et, dans un deuxième temps, qu’uni à d’autres patients et à d’autres organismes il deviendra enfin possible de changer les choses dans ce merveilleux monde de la santé. Bientôt, il sera terminé le temps où les décisions qui affecteront notre système de santé ne se prendront qu’entre initiés et fonctionnaires du réseau.

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Le Réseau Médecins – Patients lance ici un appel à tous. Un appel à tous les patients et à tous les travailleurs de la santé pour qu’ils nous fassent part des améliorations qu’ils souhaitent voir apportées à notre système de santé. À cet effet, vous pouvez nous faire parvenir vos observations ou vos idées à :

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