La schizophrénie à travers les âges

La schizophrénie à travers les âges

Dans un premier temps, effectuons d’abord ce survol rapide de la perception de la maladie mentale  dans la médecine occidentale

L’Antiquité

Vème siècle AC : Pyrhagore :

Il est le premier à affirmer que le cerveau est le siège de l’intelligence et des maladies mentales.

                               Platon :

Platon enseigne que le principe vital est l’âme. Il illustre le conflit existant entre la raison, l’ordonné, le rationnel, et les appétits inférieurs désordonnés.

IVème siècle AC : Aristote

Il décrit la notion de conscience qui est composée selon lui de trois piliers : sensation, conation (effort qui permet la naissance de la volonté) et l’affectivité.

Ier siècle AC : Cicéron

Selon Cicéron, l’homme est le seul responsable de son comportement qu’il soit normal ou non. 

1er siècle DC : Soranus

Il affirme pouvoir guérir les malades mentaux en parlant avec eus de sujets qui les intéressent ou dont ils ont peur.

Le Moyen Âge

IVème siècle DC : Saint-Augustin

Il est le premier à parler du pouvoir de l’introspection. Il écrit que l’homme doit se livrer à un examen rigoureux de lui-même mais aussi bénéficier de l’aide spirituelle de Dieu.

XIIIème siècle DC: Saint Thomas d’Aquin

Comme Aristote, il croit que le cerveau est le siège des maladies mentales mais croit que le diable peut arrêter complètement la raison en troublant l’imagination et l’appétit sensible comme cela se voit chez les possédés.

XIIIème siècle DC : La chasse aux sorcières

Transes, expériences oniriques, hallucinations, hystéries et psychoses délirantes sont le lot de ces êtres faible fort probablement plus des malades mentaux que des possédées du démon. Mais comme il était admis que seul Dieu ou le diable avaient la possibilité de connaître l’avenir, gare à ces «sorcières et sorciers» qui se permettaient de prédire l’avenir, le leur s’arrêtait souvent bien brusquement sur le bûcher.

La Renaissance

XVème siècle DC : L’expérience humaine redevient à la mode. L’étude des classiques, bannie au Moyen Âge, permet de commencer à dissocier maladie mentale et démons.

XVème siècle DC : Paracelse

Cet illustre alchimiste et penseur prend position contre les chasseurs et les brûleurs de sorcière.

L’ère moderne

XVIème siècle DC : Félix Platter

Ce médecin débute une classification des maladies mentales. Selon ce docteur, la plupart de celles-ci sont dues à des lésions du cerveau sauf les fantasmes sexuels qui seraient dus à l’œuvre de Satan. On ne peut pas se libérer de tous les démons si rapidement…

Jean Weir

À l’exemple de Paracelse, il condamne les bûchers et les chasseurs de sorcières. Il y consacre un livre : De praestigiis daemonarium (De l’imposture du démon) qui lui vaudra le sobriquet de Weirus heraticus). Dans son livre, il affirme que les sorcières devraient être soignées par des médecins plutôt que brûlées par des ecclésiastiques.

XVIIème siècle DC : Le roi Louis XIV

Il ouvre l’Hôpital général de Paris en 1656. Y sont amenés tous les pauvres de Paris (environ 5 000 personnes, les autres 35 000 ayant fui hors les murs pour ne pas y être conduits) et les malades mentaux dans le but de les éduquer et les remettre au travail. L’Hôpital devenait un outil du roi pour contrôler les mendiants, les malades mentaux et les handicapés.

XIXème siècle DC : Philippe Pinel

Ce psychiatre définit la maladie mentale comme une atteinte physiologique provoquée par des émotions. Il décide de l’abolition de l’usage des chaînes pour retenir les malades mentaux et exige des traitements plus humains envers ces maalades. Il publie en 1801 le Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale, dans lequel il classe toutes les maladies mentales en quatre genres : la mélancolie, la manie, la démence et l’idiotisme.

Bénédict Augustin Morel

Il a été l’un des premiers psychiatres à parler de démence précoce et è établir un classement des maladies mentales basé sur les causes et non sur les symptômes. Il publie un premier traité en 1852 : Traité des maladies mentales en deux volumes.

Emil Kraepelin

Il est considéré comme l’un des pères de la psychiatrie. Il publie en 1883 le Compendium der Psychiatrie et effectue une classification originale des troubles psychiatriques selon deux types qu’il nomme la maniaco-dépression et la démence précoce(dichotomie de Kraepelin).

XXème siècle DC : Sigmund Freud

La folie est un comportement dicté par les forces refoulées de l’inconscient, selon Freud. C’est la naissance de la psychanalyse.

Eugen Bleuler

 Il conteste le terme démence précoce de Kraepelin, et lui préfère un nouveau mot : schizophrénie qui illustre mieux cette scission ou fragmentation de l’esprit. Il attribue la schizophrénie à une défaillance des mécanismes associatifs du cerveau. Carl Jung a fait partie de ses assistants et il eut l’occasion de souvent rencontrer Sigmund Freud et d’avoir de nombreux échanges avec celui-ci.

Schizophrénie : Le cerveau, cet inconnu

Le terme schizophrénie n’est apparu dans la littérature médicale qu’au début du vingtième siècle. Mais la maladie est probablement aussi vieille que toutes les autres maladies mentales. Un survol rapide des grandes dates dans l’évolution de la connaissance sur les troubles mentaux nous révèle trois grandes étapes : l’hypothèse physiologique, l’hypothèse religieuse et retour à la conception physiologique. Nous en avons illustré précédemment les principaux jalons ainsi que les tenants des diverses théories. Le lecteur comprendra qu’il ne s’agit ici que d’un survol rapide, presqu’un clin d’œil, sur l’histoire de la maladie mentale.

Les médecins, penseurs et philosophes de l’Antiquité tant grecque que romaine, semblaient reconnaitre l’origine physiologique de la maladie mentale. En effet tant Pythagore, que Socrate, Platon et Cicéron reconnaissent le cerveau comme étant le siège de l’intelligence humaine. Cicéron ajoutera même qu’il est inutile de blâmer les dieux pour les problèmes de santé mentale des humains :« l’homme est le seul responsable de son comportement qu’il soit normal ou morbide» écrivit-il.

Le Moyen Âge allait marquer une nouvelle ère. Aux questions soulevées par les guerres, les grandes épidémies, la pauvreté et toutes les misères qui pouvaient se présenter, une nouvelle réponse s’était imposée : la religion. Seule compte la foi. C’est ainsi que le psaume 53 reprend du gallon. «Le fou est celui qui dit en son cœur que Dieu n’existe pas». Les maladies mentales sont considérées surtout comme une punition faisant suite à un ou des péchés graves ou à des désordres moraux commis par le patient même, un membre de sa proche famille ou de ses ancêtres. Et pour les traitements, l’exorciste est bien plus souvent appelé que le médecin… Soulignons l’œuvre de Saint-Thomas d’Acquin qui prône que la plus grande des sciences est la théologie à laquelle toutes les autres sont subordonnées, y compris la médecine.  L’apogée de cette époque se terminera par une gigantesque chasse aux sorcières. L’arrivée de la Renaissance et les intellectuels qui lisent les textes antiques accordent de plus en plus de crédit aux théories promouvant l’origine physiologique et non plus démoniaque des troubles mentaux. Du XVIème au XIXème, la maladie mentale fut de mieux en mieux comprise, mais les traitements demeuraient fort limités.

Le Dr Eugen Bleuler

Il est né à Zolikon en Suisse en 1857. Il étudia pendant deux ans la psychiatrie et ira se perfectionner en Angleterre puis en France notamment auprès du célèbre neurologue Jean-Martin Charcot de l’hôpital de la Salpêtrière à Paris reconnu aussi pour ses travaux sur l’hypnose et sur l’hystérie. Directeur de la clinique de psychiatrie de Rheinau et professeur de psychiatrie à l’Université de Zurich, il fut une figure marquante du début du XXème siècle. On lui doit entre autres le terme de schizophrénie et celui d’autisme. Il aura eu comme assistant pendant près de dix ans l’illustre Carl Jung. Il définit très précisément les symptômes associés à la schizophrénie comme la dissociation, le délire paranoïaque et autres. Le Dr Bleuler est mort le 15 juillet 1939 dans sa ville natale.

Bien sûr l’arrivée des médicaments de première, de deuxième et de troisième génération ont pu améliorer grandement la vie des personnes souffrant de schizophrénie. Des recherches sont aussi fort prometteuses. Ainsi le docteur Alexander Niculescu et son équipe de l’Indiana University School of Medicine, viennent de publier dans un article de la revue Molecular Psychiatry une cartographie génétique de la schizophrénie. Il s’agit peut-être ici d’un premier pas vers des médicaments plus performants et des thérapies mieux individualisées fort prometteuses. Selon l’OMS, en 2011, vingt-quatre millions de personnes dans le monde seraient atteintes de cette maladie.

Le zona ou ne réveillez pas le virus qui dort

Connaissez-vous le VZV ? Non, il ne s’agit pas d’un nouveau modèle de VUS, mais bien d’un virus que plus de 90% de la population adulte garde bien endormi dans ses ganglions lymphatiques. Vous avez eu une varicelle lorsque vous étiez jeune enfant ou avez été en contact avec la varicelle, alors vous êtes porteur du virus zona-varicelle, VZV pour les intimes.  En réalité l’histoire est simple à comprendre, lors d’un épisode de varicelle, la guérison équivaut à l’élimination de presque tous les VZV, mais il en demeure quelques-uns qui résiste au système de défense de l’organisme. La façon de résister de ces VZV est de se cacher dans certains ganglions et de s’y endormir. Ainsi bien camouflé, ils pourront, chez environ 20% des porteurs de ce virus, resurgir plusieurs dizaines d’années plus tard sous forme de zona. Ces ganglions étant situés à proximité de nerfs sensitifs, provoqueront une douleur au niveau du trajet de ce nerf. Pratiquement tous les ganglions peuvent ainsi cacher le VZV. Dans la plupart des cas, ce sont chez ceux situés dans le thorax que se réanimeront les virus du zona. Pour la vaste majorité des gens atteints, ils ne connaîtront qu’un seul épisode de zona. Dans moins de 1% des cas, le zona pourra récidiver à maintes reprises. Les personnes les plus susceptibles de souffrir de zona ont plus de 50 ans. Deux personnes sur trois qui en souffrent ont en réalité dépassé la soixantaine. Le réveille-matin le plus efficace pour faire sortir le VZV de sa longue période de sommeil est un stress ou une période émotive intense. Malheureusement, ces facteurs demeurent en dehors du contrôle personnel, si bien que faute de pouvoir éviter ces facteurs de risque, il convient d’en connaître les premiers symptômes car plus vite le zona est diagnostiqué et traité, plus les traitements seront efficaces. Donc dès qu’un zona est soupçonné, il convient de consulter un médecin.

Le zona : une valse à trois temps

Dans un premier temps (stade prodromique), des douleurs, engourdissements, picotements ou démangeaisons pourront se faire sentir à l’endroit où 2 à 5 jours plus tard apparaîtront les éruptions. Cette première phase du zona pourra aussi être accompagnée de fièvre avec ou sans frissons, de nausées ou aussi de maux de tête. Au deuxième temps, une éruption cutanée vient confirmer le diagnostic. Il s’agira d’abord d’une bande de rougeur ou encore de plaques situées habituellement d’un seul côté du corps. Sur celles-ci surgiront des petites bosses qui vont se transformer en cloques puis en pustules (genre de vésicules renfermant un liquide clair) puis finalement en croutes. Ces éruptions apparaissent surtout sur le thorax, comme nous l’avons souligné, mais elles peuvent aussi toucher n’importe quelle autre partie du corps. De nouvelles vésicules peuvent apparaître durant une période d’environ 5 jours. Durant les deux semaines qui vont suivre toutes les vésicules se seront transformées en croute. De la première éruption jusqu’à la fin de la maladie, on peut compter entre 3 et 5 semaines. Les éruptions seront accompagnées de douleurs locales parfois très intenses tellement que certaines personnes croient alors qu’elles font un arrêt cardiaque. Le troisième temps de la valse du zona risque de se manifester si vous n’avez rien fait pour traiter la maladie durant la partie éruptive ou si vous êtes en état d’immunosuppression. Si vous avez consulté tôt, dès l’apparition des premières rougeurs, vos risques de complications sont quasiment nuls.

La névralgie post herpétique

Environ une personne sur cinq qui a eu un zona pourra être atteinte de névralgie post herpétique. Cela se produit quand le virus a endommagé des fibres nerveuses. Cette complication se rencontre plus souvent chez les personnes plus âgées, chez celles dont la douleur a été la plus vive lors de l’apparition des premiers symptômes et chez celles qui ont consulté trop tard le médecin, soit plusieurs jours après l’apparition des premières rougeurs. La névralgie post herpétique se caractérise par des douleurs plus ou moins vives qui persistent pendant un ou même plusieurs mois après la maladie. Chez ces personnes, tout contact avec l’endroit où était apparu le zona peut provoquer une douleur insupportable, qu’il s’agisse de chaleur, de froid ou du simple frottement d’un vêtement ou même d’un courant d’air.

La surinfection bactérienne

Plus rare, elle survient quand une personne atteinte de zona contamine les lieux des éruptions en se grattant. Des bactéries normalement présentes et inoffensives à la surface de la peau peuvent alors entrer à l’intérieur du corps et devenir très dangereuses, comme certains streptocoques et staphylocoques. Quand l’éruption cutanée semble refuser de guérir, on doit consulter rapidement un médecin pour s’assurer qu’une surinfection bactérienne ne s’aggrave.

Autres complications

Les personnes dont le système immunitaire est diminué (immunodéficience ou immunosuppression) doivent expressément consulter un médecin si elles contractent le zona ou même si elles ont été en contact avec une personne atteinte. En effet, en cas d’immunodéficience, le VZV pourra alors infecter non seulement la peau mais des organes internes et se répandre dans tout l’organisme. Les personnes atteintes du SIDA et celles suivant une thérapie pour un  cancer sont particulièrement à risque.

Les trois conseils principaux : Premier : Faites vous vacciner

Il existe des vaccins pour prévenir cette maladie, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Ne pas développer la maladie est donc le premier conseil.

Deuxième conseil : consultez tôt

L’évolution de la maladie et le risque de complications graves diminuent substantiellement si vous consultez dans les trois premiers jours de l’apparition des éruptions. Ainsi, si après avoir éprouvé les symptômes légers du stade prodromique, dès l’apparition des premières rougeurs vous consultez, un traitement pourra être entrepris et la maladie sera fort probablement moins longue et moins douloureuse et surtout les risques de complications seront largement abaissés.

Deuxième conseil : Ne contaminez pas les autres

Tant que les vésicules contiennent du liquide, vous pouvez théoriquement contaminer d’autres personnes. La sagesse voudrait alors que vous évitiez tout contact physique avec des personnes chez qui le VZV pourrait causer des problèmes graves comme les femmes enceintes, les personnes dont le système immunitaire est affaibli (vois ci-haut) et les nouveau-nés.

Les traitements

Il existe trois types de traitements : certains ont pour but d’éliminer les virus VZV, ce sont les antiviraux, d’autres viseront à renforcer le système immunitaire comme les corticostéroïdes ou l’interféron, finalement les analgésiques contrôleront la douleur. Dans certains cas où la douleur est très forte, des antidépresseurs tricycliques (exemple : Prozac, Paxil) ou de la morphine peuvent être prescrits. Et surtout rappelez-vous, plus le traitement commence tôt, plus il sera efficace.

28 juillet: Journée mondiale contre l'hépatite

L’hépatite : 3000 ans d’histoire ou l’ABC d’une maladie 

«La jaunisse : si son corps est jaune, son visage jaune, ses yeux jaunes, si ses chairs deviennent flasques : c’est la jaunisse.» Voici la description de la jaunisse telle que formulée près de sept cent ans avant Jésus-Christ sur des tablettes cunéiformes datant de l’apogée de l’empire Assyrien.

Une découverte surprenante

Issu d’une longue lignée d’érudits et d’aristocrates, Sir Austin Henry Lajard a connu, pour le moins, une vie bien remplie. Né à Paris en 1817, il fut connu comme un grand voyageur, un politicien engagé et un diplomate. On dit aussi de lui qu’il fut un collectionneur, un archéologue, un écrivain, un historien de l’art et un dessinateur. Passionné par les recherches archéologiques, il fut le premier à identifier Kuyunjik comme étant le site de l'ancienne ville de Ninive. Avec son protégé et élève Ormuzel Rassam, il découvrit dans les ruines d’un palais construit sous le règne d’Assurbanipal (668-626 ans avant J.C.), le dernier grand roi de l’Assyrie, une véritable bibliothèque constituée de 20 000 tablettes cunéiformes dont plus de 600 traitaient de la médecine.  De 1852 à 1880, Sir Lajard connaitra une carrière politique houleuse grâce à son caractère particulièrement enflammé. Il prit par la suite sa retraite à Venise où il consacra les dernières années de sa vie comme collectionneur et comme écrivain de l’histoire de l’art vénitien.

La période antique

C’est dans le traité d’Hippocrate que l’on retrouve pour la première fois le mot ictère pour décrire cette maladie du foie. Il viendrait de la fouine (en grec : iktos), ce petit mammifère dont les conjonctives sont jaunes. Hippocrate préconisait un traitement qui, comme il l’écrivait : réussissait dans la plupart des cas. Il s’agissait de ramollir la surface du corps par des bains chauds et lubrifier les intestins et la vessie car, selon l’illustre médecin, l’ictère est causé par une bile extrêmement agitée qui se fixe immédiatement au-dessous de la peau. Il était aussi d’usage d’appliquer des sangsues à l’anus. On pouvait aussi comprimer le ventre avec des bandelettes de tissu et faire respirer des odeurs fétides. D’autres auteurs de l’époque citèrent la jaunisse dont Rufus d’Éphèse et Arétée de Cappadoce qui décrivait ainsi les symptômes de la maladie :  « La peau prend une teinte verdâtre ou d’un jaune qui tire sur le blanc, si les malades ont une jaunisse plus marquée; le sommeil est assez calme, peu troublé par des rêves. » (Arétée (de Cappadoce), Traité des signes, des causes et de la cure des maladies aiguës et chroniques, traduit du grec par M. L. Renaud, médecin, Paris, 1834, p.119)

Le moyen-âge et la renaissance

La première description d’une épidémie de jaunisse où l’on conseilla d’isoler les malades eut lieu à Mayence en Allemagne en 751 de notre ère. L’évêque de l’époque, écrivit au pape Zacharie pour l’informer qu’une épidémie d’ictère faisait rage dans sa ville. Le Saint-Père lui conseilla d’isoler les malades pour éviter une contamination encore plus importante. Il faudra attendre près de 15 siècles plus tard pour que cette idée de maladie contagieuse refasse surface. Elle est due à un médecin italien dont nous avons souvent parlé dans cette chronique : le docteur Girolamo Fracastoro.  Dans son ouvrage paru en 1546 et intitulé : De Contagione et Contagiosis Morbis, il soutient la thèse que les épidémies ne sont pas l’œuvre de la vengeance de Dieu mais bien d’organismes vivants si petits qu’ils sont invisibles à l’œil nu, organismes qu’il nomme : seminaria contigionis.

L’origine du sapin de Noël

Quant à l’évêque qui avisa le pape Zacharie de l’épidémie de jaunisse, il n’était nul autre que Saint Boniface. Une charmante légende lui est d’ailleurs attribuée. Voulant convaincre les druides des environs de Geismar que le chêne n’était pas un arbre sacré, il fit abattre le chène de Thor, vénéré et adoré pour sa robustesse. En tombant l’illustre arbre écrasa tout ce qui se trouvait sous lui sauf un jeune sapin. Comme au même moment, Boniface prêchait sur la Nativité, il aurait déclaré : « Désormais, nous appellerons cet arbre : l’arbre de l’Enfant Jésus ».  Décidément, Boniface avait l’esprit aussi religieux que scientifique…

Une jaunisse contagieuse

Il faut dire qu’on avait remarqué depuis longtemps que la jaunisse suivait les armées lors des opérations militaires. On parlait même de jaunisse des camps. Mais malgré toutes ces présomptions sur l’origine infectieuse de certaines hépatites, un grand pathologiste allemand et politicien allait camper des positions niant littéralement l’existence d’agents infectieux. Pour Rudolph Virchow, toute maladie trouvait son explication par l’anatomie et la pathologie. Il élabora alors la théorie de l’ictère catarrhale qui serait reliée à des poisons putrides formés dans l’intestin ou encore provoquée par un choc nerveux occasionné par le passage de la vie civile à la vie militaire. C’est de ces observations que nous viendrait l’expression populaire qui veut qu’une grande émotion puisse déclencher une jaunisse (… en faire une jaunisse). Pourtant plusieurs illustres médecins de ces époques militaient en faveur d’autres causes. Ainsi pour J.-P. Herliz en 1761, les jaunisses pouvaient être dues aux temps humides, au manque de nourriture ainsi qu’à… la peine, la tristesse et certains troubles psychiques. Georges Dieulafoy parlait en 1898 d’ictère vernal ou automnal. (Jean-Louis Payen, L’histoire de la jaunisse : Des Sumériens à nos jours, CHU Toulouse, Journée d’hépatologie de l’Hôpital Henri Mondor, 2001)

Les preuves de l’origine infectieuse s’accumulent

Ce n’est que vers la fin du dix-neuvième siècle que la première observation scientifique permit de relier une infection à une jaunisse et ce fut le fruit du hasard et du sens d’observation d’un médecin allemand, le Dr A. Lürman.  En effet, celui-ci, officier de santé publique, vaccina 1289 ouvriers des chantiers navals de Brème contre la variole. Lürman suivit ces ouvriers et remarqua que 191 d’entre eux eurent une jaunisse suite à ces vaccinations. Qui plus est, seuls ceux vaccinés avec un certain lot développèrent la maladie. Il publia ses observations dans une revue allemande mais sa découverte passa quasiment inaperçue (Lürman A., Eine icterusepîdemie, Berliner Klinish Wochenschrift, 1885; 22 : 20-27). Il n’existait pas de modèle animal où il aurait été possible de transmettre la maladie, ce qui limitait de beaucoup les expérimentations permettant d’isoler le ou les agents infectieux. La seconde guerre mondiale allait apporter l’occasion de contrer ce problème en utilisant des « volontaires » humains pour étudier la maladie. Durant ces expérimentations, on injectait différents produits humains (sang, urine, jus duodénal, selles, mucosités nasales, etc.) provenant de personnes présentant des jaunisses à des individus sains. À part ces prisonniers de guerre plus ou moins volontaires (ce devait être plutôt difficile de refuser lorsqu’on vous offre le choix entre mourir sur le champ ou participer à une expérience), plus tard des enfants handicapés mentaux furent aussi recrutés pour prendre part à des expériences similaires. Suite à ces multiples résultats, il fut possible dès 1947 de dégager deux types d’hépatites : l’hépatite A, pour celle transmise par voie oro-fécale et l’hépatite B, pour celle transmissible par le sang et ses dérivés.

La découverte des agents viraux pour les hépatites A et B se fit durant les années 1960-1970. Le concept de virus Non A Non B fut élaboré vers 1975 par Stephen Feinstone, un grand spécialiste américain qui publia ses résultats dans le New England Journal of Medicine. Ce virus prendra le nom d’hépatite C en 1989 grâce aux recherches de Q. Choo, G. Weiner et de leurs collaborateurs. Tel fut donc l’ABC de cette maladie.

Mai : Le mois de l'hypertension

L’hypertension : une mutation dans la pratique médicale

Jusqu’au début du XXème siècle, la physiologie et la médecine clinique ne faisaient pas très bon ménage. Pour les cliniciens jusqu’au milieu du XIXème siècle, même l’utilisation du thermomètre était contestée. Pour eux, il s’agissait d’un instrument qui venait « inutilement » compliquer leurs tâches. L’inspection du malade, sa palpation et son auscultation étaient prétendument suffisants à tous bons cliniciens pour porter un diagnostic. Le reste était superflu. Pourtant dans les laboratoires universitaires, la physiologie faisait de grands pas.

Les découvertes du XIIIème au XIXème siècle

L’histoire de la tension artérielle s’inscrit dans cette évolution. Les premières notions parurent vers le milieu des années 1200 par le médecin anatomiste syrien Ibn an-Nafis à qui on attribue la découverte de la circulation sanguine. Plus de 300 ans plus tard, Jean Fernel, un médecin français (aussi astronome et mathématicien célèbre) propose l’hypothèse qu’il existe un lien entre la systole et l’éjection du sang. Un médecin physiologiste britannique, William Harvey, confirme ces hypothèses et en utilisant un garrot, il démontre que dans la grande circulation, il y a aussi un retour du sang au cœur sans pouvoir en expliquer tout le mécanisme. Il faut se rappeler qu’à cette époque le microscope n’existe pas et le réseau des capillaires sanguins reste inconnu. Il faudra atteindre 1661 pour que Marcello Malpighi, le père de l’histologie, passionné par les écrits de Harvey, découvre avec le microscope l’existence des capillaires sanguins et puisse ainsi démontrer le passage du sang entre les artères et les veines.

Mesure de la pression sanguine

On doit les premières mesures de la pression sanguine à un érudit anglais du nom de Stephen Hales. Membre du clergé, il s’est illustré dans bons nombres de domaines incluant la botanique, la chimie et la physiologie. Il étudia, grâce à un appareil de son invention, la pression sanguine chez diverses espèces animales. Nous sommes en 1733. Grâce à ses expérimentations, Hales fit connaitre le rôle des diverses valvules cardiaques et expliqua comment le passage des artères aux veines par le réseau capillaire amenait une résistance du flot sanguin.

Plus d’un siècle plus tard, le physicien et médecin français, Jean-Léonard-Marie Poiseuille, invente un manomètre à mercure qu’il nomme hémodynamomètre. Il publie en 1844 : Le Mouvement des liquides dans les tubes de petits diamètres. Son appareil lui permet entre autres de démontrer que la tension artérielle suit le rythme de l’expiration et de l’inspiration. Mais toutes ces considérations demeurent du domaine théorique. Les mesures de la tension artérielle ne sont pas associées à aucune maladie.

Le point tournant

C’est d’abord en Allemagne que le laboratoire se rapprocha du patient avec la création de l’Institut Carl Ludwig qui proposait aux médecins des accès à des tests physiologiques par exemple le dosage de l’albumine dans les urines pour corroborer une atteinte rénale.  L’union entre les analyses et les cliniciens débutaient.

En France, le cardiologue Pierre Édouard Charles Potain amorcera ce changement à  l’opposé de l’opinion généralement admise à l’époque. Le docteur H. VAQUEZ dans son article intitulé, "Éloge de Potain",paru dans Paris Médical. №2 ; 14 janvier 1928, écrivait : «En 1862, alors que jeune agrégé, il remplaçait à l'Hôtel-Dieu, il (NDA :Potain) demande la création d'un laboratoire dans le service de la clinique. C'était une innovation, disons plus, une révolution, et personne n'y avait encore songé. L’administration en fut toute émue. Accéder à la prière de Potain, quel fâcheux précédent! » N’empêche que le docteur Potain était convaincu de l’importance de noter les tensions artérielles lors de l’examen des patients. Ainsi de 1883 à 1889, il ne nota pas moins de 1550 fois les chiffres de tension artérielle dans le cadre de 680 observations. Il publia chez Masson en 1902 un ouvrage demeuré célèbre : La Pression Artérielle de l’homme à l’état normal et pathologique. (Insérez référence : Histoire de l'hypertension artérielle et du risque vasculaire : aux origines des mutations de la médecine contemporaine, Nicolas Postel-Vinay, Histoire des Sciences médicales, Tome XXX, page 235). Mais pour Potain, la pression était la résultante d’une maladie et nullement impliquée dans la cause. Pour lui, l’athérome et la néphrite sont des maladies qui engendrent des pressions artérielles élevées tandis que la fièvre typhoïde provoquait une basse pression.

L’arrivée du sphygmomanomètre

Hales, au milieu des années 1700 et Poiseuille, beaucoup plus tard, avaient inventé des appareils qui, par introduction de tubes dans le circuit sanguin, permettait des mesures de la pression.  En 1881, fera l’apparition du premier sphygmomanomètre non invasif créé par le docteur allemand Samuel von Basch. Mais c’est réellement en 1896 qu’arrivera le premier sphygmomanomètre semblable à ceux encore utilisés de nos jours. On en doit la paternité au pédiatre italien Scipione Riva Rocci, un expert aussi reconnu pour son œuvre sur la tuberculose. En 1905, le chirurgie russe, Nicolaï Korotkov, eut l’idée d’ajouter le stéthoscope à l’utilisation de l’appareil de Riva Rocci. Il obtenait ainsi des mesures beaucoup plus précises. D’où les termes :   les bruits de Korotkoff que sont en fait les sons que provoque le passage du sang dans les artères.

De l’effet à la cause : les assureurs à la rescousse

Il faudra attendre plus de cinquante ans avant qu’on ne commence à élucider le rôle de l’hypertension dans la maladie. Mais ce ne sera pas du milieu médical qu’arrivera l’étincelle. La fameuse étude de Framingham faisait suite à des constats réalisés par les actuaires de compagnies d’assurances. J’ai eu le privilège de signer avec le docteur Christian Fortin un livre : L’hypertension – La tueuse silencieuse paru en novembre 2004 aux éditions Publistar. On peut y lire :

« En 1947, commença à Framingham, une petite localité près de Boston, l’enquête épidémiologique (l’étude des causes) qui fait référence encore de nos jours en matière d’hypertension et qui sensibilisa l’ensemble de la communauté scientifique internationale à cette nouvelle maladie. Ses résultats démontrent que le niveau de pression artérielle, le taux de cholestérol sanguin, des modes de vie pernicieux comme le tabagisme, la consommation exagérée de calories, de graisses, de sel et d’alcool, la sédentarité ainsi que l’obésité, le diabète et certains facteurs héréditaires sont coupables de favoriser les maladies cardiovasculaires comme l’infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux (AVC). »

Évolution ou révolution ?

En somme, la tension artérielle aura marqué au moins trois grands tournants dans l’histoire médicale. À partir de l’étude de la tension, et le patient et le médecin ont changé. D’une part, la consultation ne surviendrait plus uniquement lors de la maladie. D’autre part, les analyses ne seraient plus qu’une recherche physiologique sur les causes et effets des maladies mais bien une partie intégrale du processus diagnostic. Finalement l’histoire de l’hypertension artérielle révèle le bien-fondé d’une nouvelle approche ni médicale ni physiologique, c’est l’épidémiologie qui aura permis de mettre en lumière les effets de l’hypertension en santé.  

L’histoire de l’hypertension artérielle est donc beaucoup plus que celle des instruments qui ont permis d’en évaluer la mesure. Elle est celle d’une mutation dans l’histoire de la médecine et du passage de la théorie physiologique à la pratique clinique. D’une époque où le médecin clinicien refusait d’avoir recours aux analyses et autres mesures physiologiques, nous en sommes rendus à un moment où il est devenu bien difficile, sinon dangereux, de se passer de ces données …

Avril : Le mois de la rosacée

Une reine anorexique

Impératrice d'Autriche, Élisabeth, aussi connue sous le pseudonyme Sissi, ne semble pas avoir connue la vie idyllique que la légende a retenue. Elle semblait très mal s'acclimater à la vie de château et à son rôle social. Avec une belle-mère qui ne l'appréciait pas beaucoup et un époux occupé par les guerres contre Napoléon III, Sissi n'était guère heureuse. Rongée par les remords pour la mort en bas âge de sa fille Sophie, elle dépérissait littéralement. Elle n'avait à peine que 22 ans lorsqu'on lui diagnostiqua une tuberculose dont elle se remettra pourtant.

Pour combler un tant soit peu le vide laissé par son mari parti en guerre, elle ouvre un hôpital et y consacre tout son temps. Lorsqu'il n'y a pas assez de travail, elle fait de longues et épuisantes randonnées à cheval. Puis elle se met à fumer, ce qui était extrêmement mal vu pour une femme à l'époque. Mais plusieurs l'imitent au grand dam des bonnes gens du palais. Une de ses cousines, l'archiduchesse Mathilde, voulant dissimuler sa cigarette lors de l'arrivée impromptue de son père, mit le feu a ses vêtements et mourut brûlée vive.

Au retour de la guerre qu’il a perdue, son mari la délaissa aux profits de nombreuses maîtresses et Sissi sombra encore une fois et se remit à tousser. Elle retourna en cure et commença une étrange collection de photos de femmes. Elle revint à Vienne mais n'a qu'un seul désir: voyager par le vaste monde, ce qu'elle fit le plus souvent possible négligeant ses trois enfants, son mari et ses devoirs impériaux.

C'est qu'Élisabeth cacha un secret: sa peur démesurée de prendre du poids. Et en 1860, elle utilisa les mêmes trucs qui sont encore en vogue aujourd'hui: peu de nourriture et un maximum d'activités physiques. Ainsi, elle ne se nourrit que de lait et de bouillon de poulet. Lorsqu'on constata qu'elle manquait de vitamine, elle modifia sa diète et ne mangeait que huit oranges par jour. Elle s'astreignait à deux heures de gymnastique chaque matin et s'adonnait à la marche forcée et à l'équitation quotidiennement aussi. Avec un tel régime son poids ne dépassera jamais les 50 kilogrammes elle qui mesurait tout de même 1m 72 (IMC : 16,9). C'est pourquoi, a posteriori, bien des gens croient qu'elle a toujours souffert d'anorexie.

L'histoire d'un miracle devenu maladie.

C'est un illustre médecin iranien du XIème siècle, Avicenne, qui fit la première description de la maladie. Puis le Moyen-Âge vit apparaitre ce que les médecins appelèrent anorexia mirabilis.  Cette perte miraculeuse de l'appétit était l'apanage de jeunes religieuses faisant partie de communautés mystiques. Elles réussissaient ainsi à se couper de tout plaisir de la chair et offrait à Dieu ce sacrifice ultime. Certaines prétendaient même ne se nourrir que d’une hostie par jour lors de leur messe.

Le destin tragique de Catherine de Sienne

Au XIVème siècle, nait d'une famille de vingt-deux enfants, Catherine qui, suite aux décès de ses trois sœurs préférées, entre en religion dans l'ordre des sœurs de la Pénitence de saint Dominique. Elle mange très peu et jamais de viande, se fait vomir régulièrement, se flagelle et ne dort que quelques heures par jour. Elle en vient à ne pratiquement plus manger du tout et cesse même de boire. Elle meurt à 33 ans et est canonisée en 1461 : Sainte Catherine de Sienne.

On doit au médecin anglais Richard Morton la première description médicale de l’anorexie dans son livre paru en latin en 1689. Le livre portait surtout sur la tuberculose. Mais le Dr Morton avait noté que certaines personnes semblaient arriver à un état de dépérissement semblable à celui provoqué par la tuberculose. Il découvrit que ces personnes, sans causes apparentes, semblaient refuser de s’alimenter. Il nomma la maladie : la consomption ou phtisie nerveuse dont les symptômes principaux sont : manque flagrant d’appétit, refus de se nourrir, aménorrhée, hyperactivité, constipation et cachexie. 

Il faudra attendre près d’un siècle plus tard pour connaître de nouveaux développements. Ceux-ci viendront d’un psychiatre français, Charles Lasèque qui décrit la maladie comme étant d’origine mentale et lui donne le nom d’inanition hystérique. Il considère que cette maladie est une anomalie intellectuelle, un trouble central et héréditaire dû à un refoulement plus ou moins conscient d’un désir. W. Gull propose quelques années plus tard le terme anorexie nerveuse (anorexia nervosa) qu’il attribue à des troubles du système nerveux central et à l’hérédité. Au début des années 1890, le professeur Charles  Huchard propose une distinction entre anorexie gastrique et anorexie mentale. Freud, quant à lui, parlera d’une association entre anorexie et mélancolie vers 1895. Une thèse avait aussi cour à l’époque à savoir que l’anorexie pouvait être causée par une maladie de l’œsophage ou encore un rétrécissement de l’estomac.

La jeuneuse de Tutbury

L’histoire de cette femme pieuse a débuté en Angleterre au début du XIXème siècle. D’abord reconnue pour sa très grande piété, cette pécheresse repentie commença en 1807 une anorexie qui allait devenir célèbre jusqu’en Amérique. Mais le fait allait fournir une lutte épique entre les tenants de l’anorexie comme étant une maladie et ceux qui croyaient qu’elle était d’origine miraculeuse. Après une première observation qui laissait chacun bien ancré dans son clan, on finit par découvrir en 1812 qu’Ann Moore se nourrissait en catimini en très petite quantité et laissait croire qu’elle ne prenait ni vivres ni eau et que seule l’intervention divine la maintenait en vie. L’imposture démasquée fit histoire tout au long de ce siècle.

Un autre cas similaire vit le jour au pays de Galles en 1867 avec une jeune fille de 12 ans, Sarah Jacob, dont les parents disaient qu’avec l’aide de Dieu, leur fille ne se nourrissait que d’un minuscule morceau de pomme quotidiennement. Flanqué d’infirmières incorruptibles, on se mit donc à observer la jeune Sarah 24 heures sur 24. Au bout de 6 jours, la jeune fille s’affaiblissait dangereusement et on demanda aux parents l’autorisation de cesser l’expérience et d’alimenter Sarah. Plutôt que de perdre la face, ceux-ci refusèrent. Le 10ième jour, la jeune fille mourut donc et les parents furent condamnés à des peines de prison pour leur comportement. Dès lors l’origine mystique de l’anorexie ne fut plus jamais supportée.

Le début du vingtième siècle sera marqué des descriptions de Gille de la Tourette et Pierre Janet qui seront les premiers à souligner l’importance de la perception de l’image corporelle chez les anorexiques. La Tourette précise que les patientes ne souffrent pas d’un manque d’appétit mais plutôt d’un refus d’appétit. Les causes d’origines psychologiques semblent bien avoir reçu l’assentiment de toute la communauté médicale du moins jusqu’en 1914 où un pathologiste allemand, Morris Simmonds, établit une relation entre la glande pituitaire et l’anorexie. Des causes endocriniennes alimentent alors le débat scientifique et il faudra attendre au milieu du siècle avant que la thèse psychologique ne refasse surface et que l’on comprenne que les manifestations physiologiques et endocriniennes sont des conséquences et non des causes de l’anorexie.

On estime aujourd’hui qu’environ 1% des femmes de 15 à 35 ans souffrent d’anorexie. Les hommes sont 10 fois moins nombreux à en être atteints. L’hérédité joue un rôle puisque la fréquence de la maladie est dix fois plus élevée chez les parentes au premier degré que dans un groupe témoin.

Mars le mois de l'alimentation

Les premiers conseils en santé cardiaque

«Le vin et les cordiaux, pris le soir en allant au lit, peuvent prévenir ou affaiblir les paroxysmes nocturnes. Mais rien n’agit plus efficacement que les préparations d’opium ; dix, quinze à vingt gouttes de teinture thébaïques en entrant au lit, font que les malades peuvent y rester jusqu’au matin, tandis qu’ils auraient été obligés de se lever et de se tenir debout pendant deux à trois heures chaque nuit, et cela durant plusieurs mois. On peut continuer, augmenter même cette dose de laudanum impunément aussi longtemps que le cas l’exige, et le soulagement procuré par l’opium peut être ajouté aux arguments en faveur de la nature spasmodique de la maladie. J’ai connu un malade, dit ailleurs le même auteur (Dr D. de la Roche), qui s’imposa l’obligation de scier du bois pendant une demi-heure tous les jours, et qui en fut presque guéri. Chez un autre individu, la maladie cessa d’elle-même. La saignée, les vomitifs, et les purgatifs ne me paraissent pas convenir.»

Ce texte fut écrit au début du XVIIIème siècle par un grand médecin italien : le Dr Bernardo Ramazzini. Son livre, paru en 1714, Traité des maladies des artisans, comporte plusieurs sections dont celle intitulée : Mémoire sur l’angine de poitrine signée par le médecin Louis Jurine. Ce livre servira de référence médicale pendant plus de deux cent ans.

Il est étonnant de constater quelques trois cent ans plus tard que certaines des recommandations du Dr Ramazzini sont redevenues à la mode. On peut ainsi citer la prise quotidienne d’un peu de vin et l’exercice physique. Mais on doit bien se rendre compte que la pharmacopée de l’époque était plutôt limitée. Il faut se rappeler que l’opium et ses dérivées venaient à peine d’être découverts et qu’on les utilisait à toutes les sauces. Ainsi le laudanum, un sirop fait d’opium à laquelle on avait ajouté de l’eau et un peu de sucre, pouvait servir tant pour soulager la douleur que pour provoquer le sommeil. Certaines nourrices en ajoutaient même au dernier biberon du soir pour le bébé, s’assurant ainsi qu’il dormirait toute la nuit. Bien des nouveau-nés en sont morts sans qu’on puisse alors expliquer pourquoi. Il s’agissait vraisemblablement d’overdose…  Le laudanum était offert alors en vente libre et coûtait moins cher qu’une bouteille de vin ou d’alcool.

La mort de Diderot

«En 1782, Diderot, conversant avec feu M. le docteur D. de la Roche, lui racontait les symptômes d’une affection pénible qui le tourmentait depuis plusieurs années. Celui-ci frémit en reconnaissant dans sa description tous les caractères de l’angine de poitrine. Quel traitement suivez-vous, lui dit-il, pour cette maladie ? – Aucun, répondit le philosophe. – Cependant, vous feriez mieux de vous en occuper, elle pourrait avoir des suites fâcheuses. – Et quelles suites ? Quel peut être mon pis-aller ? – Une mort subite. Diderot charmé de ce pronostic, déclara qu’il ne voulait user d’aucun remède. Assez longtemps après, il subit une attaque violente qui le saisit au milieu de la nuit et qui effraya ses alentours et peut-être lui-même; on chercha du secours, mais sa maladie fut méconnue; il fut saigné et médicamenté de manière à être jeté dans une hydropisie, à laquelle il fut longtemps menacé de succomber. Des soins mieux adaptés à son état le tirèrent de ce danger ; mais à peine commençait-il à jouir de son rétablissement, qu’une mort subite le mit au tombeau.» (Référence : Ramazzini, Roedérer, Wagler et Jurine, Encyclopédie des sciences médicales, Paris, 1841, P.414)

Les origines de l’angine de poitrine

Des textes provenant de l’empire mésopotamien citent pour la première fois le risque de mort subite d’un humain qui s’était plaint de douleur thoracique. Mais ce ne fut que plusieurs centaines d’années plus tard que l’angine de poitrine fut décrite plus spécifiquement par le médecin italien Giovanni Maria Lancini. Ses études sur les maladies cardio-respiratoires furent reconnues dans les plus hautes sphères. C’est ainsi qu’il fut nommé médecin du pape Clément XI. Il fut le premier à décrire au début des années 1700 l’insuffisance des valves tricuspides et cardiaques ainsi, comme souligné, que l’angine de poitrine qu’il appelait : douleurs thoraciques.  

De l’angine de poitrine aux restos du cœur

Plus de soixante ans plus tard, soit en 1768, un brillant médecin français le Dr Nicolas-François Rougnon signe une missive intitulée : Lettre décrivant avec soin les symptômes de l’angine de poitrine, et l’autopsie d’une personne qui en est décédée. Le docteur Rougnon constata une ossification des cartilages costaux et soupçonna qu’il s’agissait là de la cause de la maladie. En plus de sa contribution aux sciences médicales, le Dr Rougnon fut connu pour son implication sociale. À cette époque de grande agitation en France, il vole aux secours des indigents en fondant l’œuvre des restos du cœur : une autre création du XVIII qui a repris vie depuis.  La même année, le médecin britannique, William Heberden, officialise le terme d’angine de poitrine en décrivant aussi la maladie suite à l’observation d’une vingtaine de cas. Ce sera à lui que l’histoire accordera la paternité de la découverte.

Des traitements

Les premiers traitements pharmacologiques efficaces contre l’angine de poitrine apparaissent plus de cent ans plus tard avec les essais du Dr londonien William Murrell sur la nitroglycérine (élément de base de la dynamite) dont les résultats furent publiés dans le journal The Lancet en 1879. Dans son Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Volume 30, Amédée Dechambre énumère ainsi certains des premiers chercheurs à utiliser la trinitrine pour traiter l’angine cardiaque : «C’est surtout dans la médication de l’angine de poitrine que ce médicament a été utilisée d’abord par M. Murrel (de Londres), après lui par Farquhiar, Sitts, M. Call Anderson, Green et surtout par M. Huchard, en France et Desrosiers au Canada. On trouve la raison de cette médication dans la formule pathogénique de l’angine de poitrine, telle qu’elle a été donnée par MM. G. Sée, Liégeois et H. Huchard : «L’angine de poitrine est le résultat d’une ischémie cardiaque organique ou fonctionnelle». Dès lors, en dilatant paralytiquement les artères coronaires spasmodiquement contractées, la dynamite rétablit l’intégrité circulatoire du muscle cardiaque et prévient l’anémie du myocarde.»  Ce dictionnaire encyclopédique a été publié en 1884 chez G. Masson libraire de l’académie de médecine et P. Asselin libraire de la faculté de médecine à Paris. Au début des années 1930, deux médecins chercheurs russes, Nikolaiy Nikolaevich Anichkov et Semen S. Chalatov, furent les premiers à découvrir les effets du cholestérol sur l’athérosclérose après une série d’expériences sur des lapins. Ces découvertes ouvrirent la voie aux recherches qui aboutirent entre autres à la fabrication des statines.

Puis les traitements chirurgicaux firent leur apparition. D’abord les revascularisations qui connurent leurs premiers essais ici même au Québec  avec le Dr Arthur Martin Vineberg qui développa un protocole opératoire qui porta son nom. Dès 1950, il commença ses expérimentations à l’hôpital Royal Victoria de Montréal en implantant les artères mammaires directement dans le ventricule gauche. Puis les pontages veineux arrivèrent au début des années 1960 et les pontages à partir de l’artère mammaire dans les années 1980. Vers la fin des années 1970, un cardiologue suisse, le Dr Andreas Gruentzig réalise les premières angioplasties.

Chirurgie et pharmacopée ont dont bien évolué depuis les premières descriptions de l’angine de poitrine, mais souvenons-nous que dès les années 1700, les prémisses du succès étaient déjà en place, un peu de vin et au moins 30 minutes d’exercices physiques par jour. Pour vous aider, la Fondation des maladies du cœur a mis au point un outil électronique gratuit pour permettre à chacun d’évaluer son risque cardiovasculaire : http://www.fmcoeur.com/site/c.ntJXJ8MMIqE/b.6744417/k.4FF8/Outils_233lectroniques.htm

Février le mois du cœur: histoire de l'angine de poitrine

 

Un nom qui fait trembler tous les systèmes de santé : Alzheimer

 

Lorsqu’il naquit le 14 juin 1864 en Bavière, Aloysius (qu’on appela familièrement : Alois) Alzheimer et ses contemporains étaient loin de se douter qu’un siècle et demi plus tard la seule évocation de son nom ferait trembler tant de personnes et que la maladie qu’il fut le premier à décrire représenterait une menace sans précédent en santé publique.

 

Psychiatre et neuropathologiste, il reçut à l’asile de Frankfurt une patiente au comportement étrange, Mme Auguste Deter, qui présentait, entre autres, une perte de la mémoire à court terme. Ce cas déclencha une véritable passion pour le docteur Alzheimer et, pendant cinq ans, il notera scrupuleusement tous les faits et gestes de cette malade qui décédera de sa maladie en avril 1906. Alzheimer apporta à Munich, le dossier complet et le cerveau de madame Deter prélevé à son autopsie. Il travaillait alors au laboratoire du docteur Emil Kraepelin avec un autre neuropathologiste, le Dr Franz Nissi. Ce dernier avait mis au point une technique spéciale de coloration des neurones à base de teinture d’argent. Il fut ainsi possible à Alzheimer d’identifier les plaques amyloïdes dans le cerveau de la patiente. Il nomma la maladie : démence présénile, la patiente n’étant âgée que de 56 ans à son décès.

 

C’est le patron du laboratoire qui donna le nom définitif de « maladie d’Alzheimer » à cette forme de démence. Quant au docteur Alzheimer, il mourut d’une crise cardiaque alors qu’il n’avait que 51 ans. On dit que par un hasard quasi -miraculeux, on a retrouvé les plaques histologiques du cerveau de Mme Deter il y a quelques années à peine. Et la réévaluation d’aujourd’hui est formelle : Mme Auguste Deter souffrait réellement de la maladie d’Alzheimer.

 

Du vingtième au vingt-et-unième siècle

 

La maladie d’Alzheimer était au début du vingtième siècle fort marginale et pour cause, l’espérance de vie était alors à peine d’une cinquantaine d’années. Les personnes de 65 ans et plus ne représentaient qu’une infime fraction de la population en générale. La situation a tellement évolué au cours du siècle dernier qu’aujourd’hui, la maladie touche plus de 30 millions de personnesà travers le monde et ce nombre sera multiplié par 4 d’ici 2050. Aux États-Unis en 2008, la maladie a coûté plus de 94 milliards de dollars, alors il est aisé de se rendre compte du poids qu’elle aura sur la santé publique dans les années à venir. Mais le pire est que malgré le fait que la maladie est connue depuis plus d’un siècle, les découvertes au niveau de médicaments sont bien modestes.

 

J’eus le privilège d’écrire, en 2004, un livre sur le sujet avec le Dr Bernard Groulx (De la tête au cœur – La maladie d’Alzheimer, Éditions Publistar 2004, réédition Les Éditions Logiques 2006). Voici ce que nous écrivions alors concernant la médication :

 

« Existent aussi les médicaments qui ralentissent l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Comme nous l’avons déjà souligné, les médicaments actuels qui produisent une certaine efficacité sont des inhibiteurs de la cholinestérase. Cet enzyme est chargé de détruire l’acétylcholine qui reste après une stimulation synaptique. Lorsqu’on empêche la cholinestérase d’agir, il reste donc plus d’acétylcholine disponible et la possibilité d’une transmission nerveuse est accrue. Il y a aujourd’hui sur le marché pharmaceutique trois médicaments qui jouent ce rôle : la Donépézil, commercialisée sous le nom d’Aricept; la rivastigmine, sous le nom de Exelon et la galantamine, sous le nom de Reminyl. Si tous les professionnels de la santé, à peu près, s’accordent pour constater les effets bénéfiques qui résultent de l’administration précoce de ces médicaments sur la MA (en termes d’augmentation de la qualité de vie et de la quantité de vie lucide), les points de vue divergent lorsqu’un patient en stade avancé entre en institution. Augmenter la longévité à ce stade n’est certes pas le but. La question est plutôt : « Cette médication augmente la qualité de vie du malade ? »  Je serais enclin à croire que oui. L’expérience dans notre centre nous montre des patients moins agités, moins détachés de la réalité quotidienne et, en un certain sens, plus éveillés que ceux qui ont cessé leur médication. Personnellement donc, je suggère de continuer ces traitements même si des raisons d’ordre économiques pourraient créer des pressions pour favoriser l’arrêt de ces médicaments. »

 

Huit ans plus tard, il n’existe toujours pas de médicament capable d’inverser le cycle inexorable de la maladie. Tout au plus, nous en sommes encore à ralentir la progression de celle-ci. C’est pourquoi beaucoup d’efforts sont consacrés au dépistage précoce. Plus tôt, on intervient, moins de dommages sont causés et plus l’apparition des symptômes est retardée.

 

Le premier médicament  

 

Quatre-vingt-dix ans après le décès du premier cas jamais décrit, le premier médicament fait son apparition sur le marché. Élaboré par la compagnie pharmaceutique Elsaî, le donepezil est approuvé en 1996 et commercialisé sous le nom d’AriceptMD et distribué auprès des patients souffrant d’Alzheimer.

 

Si les premières plaques amyloïdes avaient été observées dès le début des années 1900, la maladie n’allait pas laisser percer ses secrets rapidement. Au cours du dernier siècle, deux sites d’intervention ont été identifiés. Le premier est l’acétylcholine. Ce neurotransmetteur est essentiel dans la transmission d’information entre certains neurones. Or, chez les personnes atteintes d’Alzheimer, un déficit en acétylcholine a été observé. Une des façons d’épargner le plus possible cette acétylcholine est d’inhiber l’action de l’acétylcholinérase, une enzyme présente dans le cerveau qui permet de détruire l’acétylcholine qui a déjà été utilisée. C’est cette voie qu’a emprunté les laboratoires Elsaï pour en arriver à la synthèse du donepezil.  Par la suite, d’autres anticholestérases firent leur apparition. Récemment, la compagnie Novartis offre ce médicament sous forme de patch transdermique.

 

La deuxième voie explorée concerne les récepteurs neuronaux applelés NDMA. Une surstimulation de ces récepteurs par le glutamate endommagerait ceux-ci, ce qui aurait un impact direct sur les capacités de mémorisation du cerveau.  Il est impossible d’éliminer le glutamate compte-tenu de son importance dans la synthèse du GABA et du glutathion des substances essentielles au fonctionnement de l’organisme humain. Il faut donc chercher un agent capable d’entrer en compétition avec le glutamate, sans l’éliminer totalement. En 1964, un médicament antiviral fait son apparition, il s’agit de l’amantadine. Quelques années plus tard, on se rend compte que le médicament présente une propriété insoupçonnée : il semble produire un effet sur le cerveau des personnes âgées. Il faudra une trentaine d’année de recherche pour en arriver à la production de la mémantine qu’on utilise dans les stades modérés de la maladie d’Alzheimer.

 

Le futur

 

Compte-tenu du vieillissement de la population et du nombre de cas de la maladie qui est appelé à une véritable explosion durant le siècle présent, toutes les voies sont explorées pour trouver un médicament capable, sinon de guérir la maladie, du moins pouvant la ralentir le plus possible.  La mise au point d’un vaccin et le dépistage encore plus précoce sont bien sûr dans la mire des chercheurs.

 

Des souris et des hommes

 

Tout récemment, une découverte pourrait s’avérer cruciale dans une tout autre voie. Un médicament anticancéreux, le bexarotene, a produit des effets forts surprenants sur des souris atteintes de l’équivalent humain de l’Alzheimer. En moins de trois jours, les fonctions cérébrales de ces rongeurs ont été totalement rétablies suite à l’administration du médicament. Le tout était accompagné d’une disparition de 75% des plaques amyloïdes.  Les résultats seront-ils aussi spectaculaires chez l’homme ? C’est ce que nous saurons bientôt. (source : Science DOI: 10.1126/science.1217697; http://www.sciencemag.org/content/early/2012/02/08/science.1217697.abstract?sid=737dc253-7a1e-4c18-b40c-292d7714be44)

 

Et plus récemment encore.

 

Tel que mentionné par le service Communications de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) :

 

« Le professeur Guy Massicotte de l’Université du Québec à Trois-Rivières vient de mettre en lumière un effet inattendu d’une molécule pharmacologique semblable à celle utilisée pour le traitement de la sclérose en plaques. L’observation récemment dévoilée dans la revue Brain Research montre que la molécule en question (le SEW2871) serait en mesure de réduire l’état de phosphorylation de la protéine Tau dans une région du cerveau particulièrement vulnérable à la pathologie Alzheimer. Des résultats qui seront prochainement présentés lors du congrès de la Société internationale de neurobiologie et de psychopharmacologie en Grèce. « Ces travaux représentent une avancée potentiellement importante pour notre domaine d’investigation, car la déphosphorylation de la protéine Tau s’avère, selon de nombreux experts, une étape clef pour le développement d’une thérapie cohérente et efficace contre les ravages infligés au cerveau par la maladie d’Alzheimer» estime le professeur Massicotte. Il précise que la substance étudiée par son étudiant Frédéric St-Cyr Giguère possède des effets cellulaires multiples et qu’on pourrait également l’envisager dans le traitement de plusieurs autres affections neurologiques, dont la maladie de Parkinson. Un scénario est présentement à l’étude en collaboration avec le collègue Michel Cyr du Département de biologie médicale, détenteur de la Chaire de recherche du Canada en neuropharmacologie moléculaire. »

 

http://blogue.uqtr.ca/2017/04/26/une-molecule-qui-pourrait-ralentir-les-ravages-de-la-maladie-dalzheimer/

 

La recherche de nouveaux médicaments demeure pour la maladie d‘Alzheimer la meilleure clef potentiellement prometteuse de succès. Souhaitons que 2018 favorise particulièrement l’innovation dans le domaine de la santé. Ce serait un cadeau dont toute la population pourra bénéficier. 

 

Janvier: Mois de la maladie d'Alzheimer (MA)

Au Québec, ce fut la célèbre ponce de gin, ailleurs, il y eut des grogs antigrippes ou encore des infusions d’ail. En somme les remèdes contre la grippe remontent à la nuit des temps, comme la maladie elle-même.

C’est Hippocrate lui-même qui aurait décrit les symptômes de la grippe après l’épidémie qui a sévi à Périnthe, en 412 avant Jésus-Christ. Dans ses livres, on peut lire plusieurs allusions à ce fléau : « Toux sèche amenant des dépôts sur les membres (…) Cela appartient donc à la catégorie des fièvres que je pense avoir régné à Périnthe et avoir accompagné ou suivi la toux épidémique de cette ville. (…) Des toux sèches produisant une courte irritation, à la suite d’une fièvre très-chaude, ne causant pas la soif en proportion. La langue non plus n’est pas brûlée; la toux est l’effet non des vers, mais de la gêne de la respiration; cela est évident; c’est en parlant ou en bâillant que les malades toussent; hors de là, ils ne toussent pas; cela arrive surtout dans les fièvres avec lassitude. » (Réf : Hippocrate, Sixième livre des épidémies, par Philippe Remacle, philippe.remacle@skynet.be) Plus tard, Tite-Live décrivit dans son œuvre Rome antique, plusieurs épidémies dont les symptômes ressemblent à ceux de la grippe. 

La grippe au Moyen-âge

Selon le médecin et démographe français Jean-Noël Biraben, directeur de l’Institut national d’études démographiques (INED), la première épidémie grippale à l’échelle européenne eut lieu durant l’hiver 875-876 de notre ère. Le virus serait réapparu en 926. Flodoard de Reims, poète et historien médiéval décrit ainsi, de manière pour le moins imagée, l’épidémie de 926 : « En la même année, un dimanche du mois de mars, on vit à Reims des armées de feu se battre dans le ciel, et bientôt après s’ensuivit une peste terrible, c’était une espèce de fièvre et de toux qui était suivie de la mort, et qui exerça ses ravages sur toutes les nations de la Germanie et des Gaules.» (Flodoard, Histoire de l’Église de Reims, Guizot 1824) p. : 541-542)

D’autres textes médiévaux citent des épidémies en 1105, 1172, 1239, 1311 et 1357. Durant toutes ces années, la grippe adopta différents noms : peste, phlegmasiapestis, ou encore follette. Ce dernier terme aurait été emprunté à ces petits bateaux qui sillonnaient les fleuves et rivières de France peut-être pour illustrer la propagation rapide typique de la maladie. On retrouve dans la littérature d’autres noms utilisés pour décrire la maladie comme : tac, dando, coquette ou coqueluche. (Référence : www.an1000.org/grippe-moyen-age/ 4/9 )

En 1357, lors de l’épidémie grippale qui frappa l’Italie, la maladie reçut le nom d’Influenza di Stelle (sous l’influence des étoiles) qui deviendra Influenza di Freddo (sous l’influence du froid). On y avait remarqué que l’agent causal se répandait plus facilement dans le froid. Une trentaine d’années plus tard (1387), Valesco da Tarente décrivit une autre épidémie qui frappa Montpellier en 1387. Selon ce médecin portugais qui étudiait à Montpellier, neuf personnes sur dix furent contaminées, mais très peu en moururent. Ceci illustre à quel point il est difficile d’établir une chronologie complète des épidémies de grippe.  Ainsi, celle décrite par Valesco n’était probablement pas d’origine grippale à cause de son faible taux de mortalité.  Établir le diagnostic a postériori est un travail risqué. Ainsi certains auteurs situent la première vraie pandémie grippale en 1510. Celle-ci, d’origine africaine, se serait répandue en Europe et aurait provoqué plusieurs décès par pneumonie ainsi que chez les femmes enceintes et les aînés. Mais d’autres croient qu’il s’agissait plutôt de cas de coqueluche.

Il faut attendre 1580 pour une épidémie dont l’origine grippale rallie la majorité des spécialistes. Cette grippe originaire d’Asie touchant les populations de la Chine, de l’Afrique, de l’Europe et d’Amérique du Nord. Il faut souligner que la guerre impliquant l’Espagne et son roi Philippe 1 favorisa la dissémination de la maladie à cause du mouvement des troupes. Depuis cette première pandémie reconnue officiellement comme telle, il y en aura au moins 30 autres jusqu’aujourd’hui. Le mot grippe fit son apparition en France lors de l’épidémie de 1743. On considérait alors qu’on n’attrapait pas la grippe mais que c’était elle qui nous agrippait tant la maladie était brusque et persistait. C’est aussi lors de cette pandémie que le terme Influenza quitta l’Italie et fut adopté en Angleterre et ailleurs dans le monde.

Le père des épidémies

On considère que ce n’est qu’à partir du milieu du XIXème siècle, que les épidémies firent l’objet de descriptions systématiques. C’est Theophilus Thompson, un médecin britannique, qui, le premier, entreprit ce travail. Dans un ouvrage, il effectua le recensement des grippes qui ont frappé la Grande Bretagne à partir de 1510 jusqu’en 1837. (Réf : Thompson, Theophilus, Annals of Influenza or Epidemic Catarrhal Fever in Great Britain fron 1510 to 1837., Sydenham Soc. London 1852)

L’épidémie des épidémies

C’est à la fin de la première guerre mondiale et l’année suivante (1918 – 1919) que s’est répandue la plus célèbre et la plus meurtrière des pandémies de grippe.  Parce que l’Espagne n’était pas engagée dans ce conflit, elle fut la première à fournir des données concernant cette épidémie. Les autres nations européennes ne voulaient pas en parler de peur de dévoiler leur vulnérabilité à l’ennemi. De plus, le roi espagnol, Alphonse XIII, en fut frappé. On estima que l’épidémie se répandit à Madrid en moins de trois jours touchant jusqu’à 70% de la population. Ce sont les journaux français qui, les premiers, donnèrent le nom de la grippe «espagnole», en évitant bien de parler de leurs propres cas de peur que les Allemands ne sachent que l’armée française en était affaiblie.

On ignore si le virus (un H1N1, une souche comme celle qui nous a touché en 2009 mais beaucoup plus virulente) était passé du canard au porc pour ensuite s’attaquer aux humains ou s’il était carrément passé des oiseaux aux hommes, mais, selon toute vraisemblance, originaire de Chine, le virus se serait rapidement répandu en Amérique et en Europe. Les mouvements des armées durant la dernière année de la guerre et les retours aux différents pays d’origine des soldats ont aidé largement à la dissémination de la maladie. Elle fit un milliard de malades à travers le monde et les estimations parlent de 50 à 100 millions de morts.  Cette épidémie donnera naissance au Comité d’hygiène de la Société des Nations, ancêtre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les découvertes sur la grippe et sur le vaccin

Le professeur Dujarric de la Rivière de l’Institut Pasteur à Paris fut le premier à identifier en 1918 un virus filtrant comme étant l’agent causal de la grippe.  Puis en Angleterre, le virus de type A put être transféré à partir d’un frottis rhino-pharyngé de l’humain à un furet. La nature virale ne pouvait plus être contestée. Dès lors, les travaux pour permettre la fabrication d’un vaccin antigrippal débutèrent.

En 1931, l’Américain Ernest William Goodpasture, réussit  à cultiver des virus dans un œuf embryonné de poule. Ce sont ces travaux préliminaires qui permirent à Jonas Salk de préparer le premier vaccin efficace à grande échelle du virus de l’influenza.  La méthode de fabrication est demeurée la même depuis ce temps. On aura noté trois autres pandémies, la grippe asiatique (H2N2) en 1957 fit entre 1 et 4 millions de morts; la grippe de Hong Kong (H3N2) causa entre 1 et 2 millions de décès et, plus récemment, la grippe H1N1 en 2009-2010 dont le bilan fait état de moins d’un demi-million de morts et ceci en y incluant les grippes saisonnières. De toute évidence, cette souche affichait un très haut niveau de contagiosité (semblable à celui de la grippe espagnole) avec, fort heureusement un niveau de virulence très faible. Elle se répandit donc aussi vite mais tua infiniment moins de personnes.   

  

Une histoire de grippe

Histoire 

par: Jacques Beaulieu

Leonard Thompson a reçu le 11 janvier 1922, une première injection d'insuline qui a fait baisser un peu et très transitoire la glycémie. Elle a été suivie d'un au point d'injection, dû aux impuretés de la préparation. Quelques jours plus tard, l'injection d'un produit plus pur pour toujours des effets indiscutables sur la glycémie et les symptômes. On pourrait dorénavant contrôler plus efficacement le diabète.

Le diabète est une maladie connue depuis la nuit des temps. Tel que décrit dans le Papyrus Ebers, du nom de celui qui correspond à l'acquisition d'un collectionneur anglais, le diabète fait partie de ce qu'on appelle alors:   les anomalies des vases d'eau du corps . Amenhotep III, neuvième pharaon de la dix-huitième dynastie ayant vécu entre 1700 et 1600 et avant Jésus-Christ, en souffrait. Le père de la médecine occidentale, Hippocrate, lui donna le nom de diabète voiture les malades semblaient toujours assoiffés et urinacés rapidement après avoir bu comme si l'eau traversait les voies de leur corps (dia - baina en grec signifie: passer à travers) .Le médecin romain Galène parlait de deux maladies: le besoin de décrire le besoin fréquent d'uriner qu'il appelait la diarrhée urineuse et l'autre pour le soif excessif qu'il nommait dipsakos.

Diabètes et sucre

L'association entre le diabète et le sucre fut aussi remarquée assez tôt dans l'histoire. Un des textes fondateurs de la médecine ayurvédique cite deux illustres médecins indiens du 5 ième et 6 ième siècle après J.-C., Sushruta et Chakura qui constatent que l’urine des patients souffrant de polyurie gouttait comme le miel, était collante au toucher et attirait les fourmis en grand nombre. Les médecins chinois firent le même constat mais selon eux, ce sont les chiens qui étaient attirés par ces urines. Avicennes, un grand médecin perse décrivit deux complications courantes du diabète : la gangrène et la réduction des fonctions sexuelles. Une dizaine de siècles plus tard, le médecin suisse Von Hohenheim (1494-1541), mieux connu sous le nom de Paracelsius, remarqua que l’évaporation de l’urine de diabétique laissait une poudre blanche anormale. Il croyait cependant qu’il s’agissait de sel ce qui, selon lui, expliquait aussi la grande soif des diabétiques. Finalement, ce fut le docteur Thomas Willis (1621-1675), éminent anatomiste et pathologiste britannique qui ramena les concepts de sucre dans les urine après avoir observé le goût de sucre qui se dégageait des urines de diabétiques.

De la connaissance de la maladie

Mis à part cette association, soif, urines fréquentes et sucrées, peu connu sur les mécanismes menant à la maladie. Thomas Willis, avancé pour un début d'explication toujours en vogue. Il est le premier à relier le diabète au mode de vie. Il affirme que le diabète a été une maladie rare pendant l'Antiquité et le Moyen-âge. Il est devenu plus fréquent à son époque parce que les gens mangeaient avec grand goût et consommation plus de vin. Thomas Sydenham croyait que la maladie était prouvée par un chyle non entièrement digéré. Il avait besoin d'être le premier à considérer le diabète comme une maladie systémique et non une déficience rénale.

Le patient Dickonson

Vers la fin du XVIIIème siècle, Mathew Dobson (1735-1784) admis un patient à son hôpital du nom de Peter Dickonson. L'homme de 33 ans affiche à l'extrême tous les symptômes du diabète, son volume d'urine quotidien dépassait les 15 litres (la recette qui sembla quelque peu exagéré ...). N'empêche que Peter permit à Dobson de se livrer à une foule d'expérimentation et d'analyser tant de son sang que de ses urines. En 1976, le médecin publie ses observations dans les Observations et enquêtes médicales. Certaines de ces observations existent en lumière qu'il existe deux formes de diabète, une évolution très rapide (Dobson fait partie d'un de ses patients décédés en moins de cinq semaines et un autre à évolution chronique. L'urine et le plasma sanguin contenaient un taux de sucre anormalement élevé révélant le concept d'hyperglycémie avec les résultats de ce médecin, diverses cures firent leur apparition tentant de modifier la diète et l'apport dans l'eau quotidienne.

Anatomie et physiologie 101

C'est Paul Langherhans, un pathologiste allemand qui a découvert l'existence d'ilots à l'intérieur du pancréas. Quant aux liens de cet organe avec le diabète, sur le doit à Oskar von Minkowski vers la fin des années 1880. L'assistant de fils, ne sur un oublié le nom, lui avait signalé un chien, dont il avait enlevé le pancréas la veille , éveillé avec une grande soif et que son urine attire les mouches. En 1871, le français Apollinaire Bouchardat remarque que les patients souffrant de diabète n'affiche plus de glycosurie pendant le rationnement de nourriture qui sévit pendant la durée du siège de Paris lors de la guerre franco-prussienne. Il émit l'hypothèse qu'il serait possible de contrôler le diabète avec une diète alimentaire appropriée.

Puis les médicaments

Un précurseur oublié pour causes d'opinion

En 1911, Nicolae Constantin Paulescu, un médecin chercheur, arrive à fabriquer des extraits de pancréas et découvre que ceux-ci réussissent à baisser le taux de glycémie sanguine. Il a effectué des expérimentations sur des chiens atteints de diabète mais jamais ses résultats ne sont testés sur des humains. Car la substance particulièrement irritante. Il la nomme pancréine. Il publie ses résultats en mars 1921 et dépose un brevet le 10 avril 1922. À cause de ses engagements et déclarations résolument antisémites, Paulescu n'aura jamais droit à la reconnaissance internationale comme pionnier dans la découverte de l'insuline.

Puis, à Toronto, l'insuline

De la Héros militaire Première Le malade du Québec guerre mondiale, Frederick Grant Banting, jeune médecin, commence sa pratique médicale à London en Orthopédie en Ontario. Durant la guerre, en France à la bataille de Cambrai, il a porté au secours de sa garnison au risque de sa vie et il avait été blessé. Il était d'ailleurs honoré de la Croix-armée pour héroïsme. De retour au pays, la clientèle se fait rare, il accepte un poste comme assistant de recherche du professeur Miller, à l'Université Western Ontario. En 1920, il est appelé à donner un cours sur le pancréas. C'est en préparation que l'idée traverse l'esprit que le pancréas possède deux fonctions: l'exocrine par la sécrétion des sucs gastriques et l'autre, endocrinien en produisant une hormone capable d'abaisser la glycémie sanguine. Banting a plus que lors d'une passion: toutes les énergies à découvrir un remède contre le diabète. Il a besoin de locaux et d'animaux pour faire sa recherche. Son patron le présent fait au professeur Macleod de l'université de Toronto, qui décide en mai 1921 de lui fournir un laboratoire, dix chiens et un assistant de recherche, un de ses élèves les plus brillants du nom de Charles Best. En moins de six mois, Banting présente son rapport préliminaire de recherche auPhysiological Journal Club de Toronto.

De la découverte à la commercialisation

Les premières insulines sont fabriquées artisanalement à partir des laboratoires de l'Université de Toronto. Très tôt, les compagnies Eli Lilly aux États-Unis et Connaught en Ontario ont commencé la fabrication commerciale du produit. On utilise alors des pancréas de porc ou de bœuf à partir desquels on extrayait et purifiait l'insuline. En 1976, les méthodes allèrent radicalement changer. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l'insuline par la biotechnologie. En effet, l'ADN de certains microorganismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d'insuline chez l'homme, il devient possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Genentech qui, sous simple présentation de son idée,

 

Pour des informations supplémentaires: http://www.diabete.qc.ca/ 

 

 

Histoire du diabète

L'insuline, le bœuf, le porc et les biotechnologies

par: Jacques Beaulieu

Le diabète est une maladie connue depuis la nuit des temps. Tel que décrit dans le Papyrus Ebers, le nom de qui correspond à l'acquisition d'un collectionneur anglais, le diabète faisant partie des anomalies des vases d'eau du corps. Amenhotep III, neuvième pharaon de la dix-huitième dynastie ayant vécu entre 1700 et 1600 et avant Jésus-Christ, en souffrait. Le père de la médecine occidentale, Hippocrate, lui donna le nom de diabète voiture les malades ont toujours eu si vite et urinais avoir après que bu comme si l'eau traversant les voies de leur corps (dia - baina en grec signifie: passer à travers).

Les assistants (chercheurs, entourez-vous de bons assistants, ils sont souvent très utiles), ne sont pas sur un oublié le nom, lui ont indiqué un chien, ont été enlevé le pancréas la veille, ont réveillé avec une grande soif et que son urine attire les mouches.

 

Avant l'insuline, en Roumanie, la pancréine

En 1911, Nicolae Constantin Paulescu, un médecin chercheur, arrive à fabriquer des extraits de pancréas et découvre que ceux-ci réussissent à baisser le taux de glycémie sanguine. Il a été testé sur des chiens atteints de diabète mais jamais ses résultats sont testés sur des humains. Car la substance particulièrement irritante. Il la nomme pancréine. Il publie ses résultats en mars 1921 et dépose un brevet le 10 avril 1922. À cause de ses engagements et déclarations résolument antisémites, Paulescu n'aura jamais droit à la reconnaissance internationale comme pionnier dans la découverte de l'insuline.

Puis, à Toronto, l'insuline

Héros militaire de la première guerre mondiale, Frederick Grant Banting, jeune médecin, commence sa pratique médicale en orthopédie à London en Ontario. Durant la guerre, en France à la bataille de Cambrai, il a porté au secours de sa garnison au risque de sa vie et il avait été blessé. Il était d'ailleurs honoré de la Croix-armée pour héroïsme. De retour au pays, la clientèle se fait rare, il accepte un poste comme assistant de recherche du professeur Miller, à l'Université Western Ontario . En 1920, il est appelé à donner un cours sur le pancréas.C'est en étudiant cet organe en préparation de l'idée que traverse l'esprit que le pancréas possède deux fonctions: l'exocrine par la sécrétion des sucs gastriques et l'autre, endocrinien en produisant une hormone capable d'abaisser la glycémie sanguine. Banting a plus that alles d'une passion: toutes les énergies à découvrir, remède contre le diabète. Il a besoin de locaux et d'animaux pour faire sa recherche. Son patron le présent fait au professeur Macleod de l'université de Toronto, qui décide en mai 1921 de lui fournir un laboratoire, dix chiens et un assistant de recherche, un de ses élèves les plus brillants du nom de Charles Best. L'hypothèse que d '

Une fougue qui a failli coûter un prix Nobel

L'enthousiasme des deux jeunes chercheurs est à son comble, ils ne rêvent que d'une chose: réaliser des tests sur des humains. Pour se faire, Banting insiste auprès de son patron Macleod pour retenir les services de James Bertram Collage, un jeune docteur en biochimie spécialisée dans la préparation d'extraits tissulaires. Collage sur le travail de purifier le mieux possible les extraits de pancréas sur lesquels travaillaient Banting et Best. 

Le 11 janvier 1922, le rêve de Banting se réalise. Un jeune patient âgé de 14 ans dans un état semi-comateux à l'Hôpital Général de Toronto. Sa vie ne tient plus à un fil. Les médecins de Leonard Thomson, le jeune diabétique mourrant, lui administre donc la préparation fournie par Banting et Best. Le taux de glycémie du patient baisse de 24,5 à 17,8 nmole / l mais il reste encore beaucoup de sucre dans le sang et dans les urines, si bien que l'expérience n'est qu'un demi-succès.

Qui plus est, Macleod et collapse ont été dans l'ignorance quant à cette première injection sur un patient, et ils étaient furieux. Collé entre, qui a réussi à obtenir une préparation plus pure menaçait de breveter lui seul ses résultats. Ce n'est pas un prix de longues négociations que les quatre chercheurs finirent par s'entendre.

Le 23 janvier 1922, soit 12 jours à peine après le premier essai, une injection de la préparation de Collet, une version purifiée de cette administrée précédemment, est administré au jeune Thomson. Le succès fut total. L'état de santé du patient s'améliore en un rien de temps. Sa glycémie passe de 28,9 à 6,7 nmole / l. Le jour suivant, la glycémie remonte et une nouvelle injection est administrée avec les mêmes résultats. Leonard Thomson qui a assisté à la mort en ce mois de janvier 1922, vivra jusqu'en 1935 et mourut d'une pneumonie.

Et le Prix Nobel va à:

En 1923, le Prix Nobel, qui ne peut être utilisé à trois récipiendaires pour une seule découverte, sera finalement remis à Frederik Banting et John Macleod. Banting partagera symboliquement son prix avec Charles Best et Macleod avec James Bertram Collip.

Comme la substance isolée par Banting et Best a un rapport avec une partie des cellules pancréatiques appelées les îlots de Langerhans, ils lui font d'abord le nom d'isletin, puis en avril 1922, celui d'insuline.

De la découverte à la commercialisation

Les premières insulines sont fabriquées artisanalement à partir des laboratoires de l'Université de Toronto. Très tôt, les compagnies Eli Lilly aux États-Unis et Connaught en Ontario ont commencé la fabrication commerciale du produit. On utilise alors des pancréas de porc ou de bœuf à partir desquels on extrayait et purifiait l'insuline. En 1976, les méthodes allèrent radicalement changer. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l'insuline par la biotechnologie. En effet, l'ADN de certains microorganismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d'insuline chez l'homme, il devient possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Genentech qui, sous simple présentation de son idée,

L'insuline à l'origine du statut professionnel du travail d'infirmier.

L'administration d'insuline à trop forte dose provoquée par un coma insulinique. Banting a a noter les effets dès ses premières expérimentations sur les animaux. En 1927, un psychiatre et neurophysiologiste polonais, Manfred Joshua Sakel s'est rencontré au point une technique pour traiter la schizophrénie. Son principe était celui d'un patient atteint de cette maladie une dissolution de la conscience dans le plongeur dans un coma insulinique. En redonnant graduellement le sucre au patient, celui-ci bénéficiait d'un réveil d'une maternité qui doit être comparé au rapport mère - l'enfant n'a pas été privé pendant son jeune âge. Et lorsque patient emergeait de son sommeil, il avait normalement oublié tous ses soucis antérieurs. La durée du traitement s'échelonne sur plusieurs heures. Le rôle des infirmières et des infirmiers était primordial. Dans la préparation du patient pendant la phase de coma, tous les signes vitaux étaient pris régulièrement et méthodiquement par l'infirmière qui contenait plus de changeurs souvent les vêtements du patient et sa voiture littérale, à cause de l'hypersudation provoquée par l 'hypoglycémie, devenaient rapidement mouillés. Ensuite, l'infirmière, par une sonde oesophagienne, administrer la quantité de sucre nécessaire pour extirper le patient de son coma. C'était la phase dite de resucrage. Enfin, lorsque le patient s'est réveillé totalement, elle a acheté des vêtements propres et de parler avec bienveillance pour compléter une psychothérapie efficace. Par toutes ces actions, les infirmières et les infirmiers, ne devenaient plus de simples gardiens, des garde-malades. Ils s'inscrivaient comme des professionnels de la santé, statut qui leur était confié à l'intérieur des institutions où se pratiquait la cure de Sakel. Malheureusement, ce statut ne leur a pas été reconnu en dehors de ceux-ci et de l'abandon de ces guérisons au tournant des années 1950, sur l'état de santé des infirmières et des infirmiers spécialisés en psychiatrie.

L'insuline aujourd'hui et demain

De nos jours, l'insuline n'est plus utilisée dans le cadre de cures psychiatriques. Mais la découverte de Banting, Macleod, Best and Collapse a profité et profite encore à des millions de personnes souffrant de diabète.

L'insuline qui est inactivée si elle doit traverser le tractus digestif est donc administrée par injection intramusculaire. Mais plusieurs développements sont à prévoir. Les sources d'insuline qui peuvent permettre de varier selon les besoins des doses d'insuline sont en application. Des études en cours envisager les possibilités d'administration de l'insuline par des voies nasales (inhalateurs d'insuline), bronchiques et même orales. De plus, des greffes de cellules de Langerhans sont présentement à l'essai.Le patient du Québec

Merci donc aux docteurs Banting, Best, Macleod et Collet ainsi que tout premier patient: Leonard Thomson. Au début des années 1920, ils ont rendu la vie possible aux générations futures de diabétiques. 

Histoire de l'insuline

L'insuline, le bœuf, le porc et les biotechnologies

par: Jacques Beaulieu

Le diabète est une maladie connue depuis la nuit des temps. Tel que décrit dans le Papyrus Ebers, le nom de qui correspond à l'acquisition d'un collectionneur anglais, le diabète faisant partie des anomalies des vases d'eau du corps. Amenhotep III, neuvième pharaon de la dix-huitième dynastie ayant vécu entre 1700 et 1600 et avant Jésus-Christ, en souffrait. Le père de la médecine occidentale, Hippocrate, lui donna le nom de diabète voiture les malades ont toujours eu si vite et urinais avoir après que bu comme si l'eau traversant les voies de leur corps (dia - baina en grec signifie: passer à travers).

Les assistants (chercheurs, entourez-vous de bons assistants, ils sont souvent très utiles), ne sont pas sur un oublié le nom, lui ont indiqué un chien, ont été enlevé le pancréas la veille, ont réveillé avec une grande soif et que son urine attire les mouches.

 

Avant l'insuline, en Roumanie, la pancréine

En 1911, Nicolae Constantin Paulescu, un médecin chercheur, arrive à fabriquer des extraits de pancréas et découvre que ceux-ci réussissent à baisser le taux de glycémie sanguine. Il a été testé sur des chiens atteints de diabète mais jamais ses résultats sont testés sur des humains. Car la substance particulièrement irritante. Il la nomme pancréine. Il publie ses résultats en mars 1921 et dépose un brevet le 10 avril 1922. À cause de ses engagements et déclarations résolument antisémites, Paulescu n'aura jamais droit à la reconnaissance internationale comme pionnier dans la découverte de l'insuline.

Puis, à Toronto, l'insuline

Héros militaire de la première guerre mondiale, Frederick Grant Banting, jeune médecin, commence sa pratique médicale en orthopédie à London en Ontario. Durant la guerre, en France à la bataille de Cambrai, il a porté au secours de sa garnison au risque de sa vie et il avait été blessé. Il était d'ailleurs honoré de la Croix-armée pour héroïsme. De retour au pays, la clientèle se fait rare, il accepte un poste comme assistant de recherche du professeur Miller, à l'Université Western Ontario . En 1920, il est appelé à donner un cours sur le pancréas.C'est en étudiant cet organe en préparation de l'idée que traverse l'esprit que le pancréas possède deux fonctions: l'exocrine par la sécrétion des sucs gastriques et l'autre, endocrinien en produisant une hormone capable d'abaisser la glycémie sanguine. Banting a plus that alles d'une passion: toutes les énergies à découvrir, remède contre le diabète. Il a besoin de locaux et d'animaux pour faire sa recherche. Son patron le présent fait au professeur Macleod de l'université de Toronto, qui décide en mai 1921 de lui fournir un laboratoire, dix chiens et un assistant de recherche, un de ses élèves les plus brillants du nom de Charles Best. L'hypothèse que d '

Une fougue qui a failli coûter un prix Nobel

L'enthousiasme des deux jeunes chercheurs est à son comble, ils ne rêvent que d'une chose: réaliser des tests sur des humains. Pour se faire, Banting insiste auprès de son patron Macleod pour retenir les services de James Bertram Collage, un jeune docteur en biochimie spécialisée dans la préparation d'extraits tissulaires. Collage sur le travail de purifier le mieux possible les extraits de pancréas sur lesquels travaillaient Banting et Best. 

Le 11 janvier 1922, le rêve de Banting se réalise. Un jeune patient âgé de 14 ans dans un état semi-comateux à l'Hôpital Général de Toronto. Sa vie ne tient plus à un fil. Les médecins de Leonard Thomson, le jeune diabétique mourrant, lui administre donc la préparation fournie par Banting et Best. Le taux de glycémie du patient baisse de 24,5 à 17,8 nmole / l mais il reste encore beaucoup de sucre dans le sang et dans les urines, si bien que l'expérience n'est qu'un demi-succès.

Qui plus est, Macleod et collapse ont été dans l'ignorance quant à cette première injection sur un patient, et ils étaient furieux. Collé entre, qui a réussi à obtenir une préparation plus pure menaçait de breveter lui seul ses résultats. Ce n'est pas un prix de longues négociations que les quatre chercheurs finirent par s'entendre.

Le 23 janvier 1922, soit 12 jours à peine après le premier essai, une injection de la préparation de Collet, une version purifiée de cette administrée précédemment, est administré au jeune Thomson. Le succès fut total. L'état de santé du patient s'améliore en un rien de temps. Sa glycémie passe de 28,9 à 6,7 nmole / l. Le jour suivant, la glycémie remonte et une nouvelle injection est administrée avec les mêmes résultats. Leonard Thomson qui a assisté à la mort en ce mois de janvier 1922, vivra jusqu'en 1935 et mourut d'une pneumonie.

Et le Prix Nobel va à:

En 1923, le Prix Nobel, qui ne peut être utilisé à trois récipiendaires pour une seule découverte, sera finalement remis à Frederik Banting et John Macleod. Banting partagera symboliquement son prix avec Charles Best et Macleod avec James Bertram Collip.

Comme la substance isolée par Banting et Best a un rapport avec une partie des cellules pancréatiques appelées les îlots de Langerhans, ils lui font d'abord le nom d'isletin, puis en avril 1922, celui d'insuline.

De la découverte à la commercialisation

Les premières insulines sont fabriquées artisanalement à partir des laboratoires de l'Université de Toronto. Très tôt, les compagnies Eli Lilly aux États-Unis et Connaught en Ontario ont commencé la fabrication commerciale du produit. On utilise alors des pancréas de porc ou de bœuf à partir desquels on extrayait et purifiait l'insuline. En 1976, les méthodes allèrent radicalement changer. Une jeune compagnie américaine révolutionne la fabrication de l'insuline par la biotechnologie. En effet, l'ADN de certains microorganismes et en y greffant les gènes codant pour la fabrication d'insuline chez l'homme, il devient possible de synthétiser rapidement et efficacement une insuline humaine. Genentech qui, sous simple présentation de son idée,

L'insuline à l'origine du statut professionnel du travail d'infirmier.

L'administration d'insuline à trop forte dose provoquée par un coma insulinique. Banting a a noter les effets dès ses premières expérimentations sur les animaux. En 1927, un psychiatre et neurophysiologiste polonais, Manfred Joshua Sakel s'est rencontré au point une technique pour traiter la schizophrénie. Son principe était celui d'un patient atteint de cette maladie une dissolution de la conscience dans le plongeur dans un coma insulinique. En redonnant graduellement le sucre au patient, celui-ci bénéficiait d'un réveil d'une maternité qui doit être comparé au rapport mère - l'enfant n'a pas été privé pendant son jeune âge. Et lorsque patient emergeait de son sommeil, il avait normalement oublié tous ses soucis antérieurs. La durée du traitement s'échelonne sur plusieurs heures. Le rôle des infirmières et des infirmiers était primordial. Dans la préparation du patient pendant la phase de coma, tous les signes vitaux étaient pris régulièrement et méthodiquement par l'infirmière qui contenait plus de changeurs souvent les vêtements du patient et sa voiture littérale, à cause de l'hypersudation provoquée par l 'hypoglycémie, devenaient rapidement mouillés. Ensuite, l'infirmière, par une sonde oesophagienne, administrer la quantité de sucre nécessaire pour extirper le patient de son coma. C'était la phase dite de resucrage. Enfin, lorsque le patient s'est réveillé totalement, elle a acheté des vêtements propres et de parler avec bienveillance pour compléter une psychothérapie efficace. Par toutes ces actions, les infirmières et les infirmiers, ne devenaient plus de simples gardiens, des garde-malades. Ils s'inscrivaient comme des professionnels de la santé, statut qui leur était confié à l'intérieur des institutions où se pratiquait la cure de Sakel. Malheureusement, ce statut ne leur a pas été reconnu en dehors de ceux-ci et de l'abandon de ces guérisons au tournant des années 1950, sur l'état de santé des infirmières et des infirmiers spécialisés en psychiatrie.

L'insuline aujourd'hui et demain

De nos jours, l'insuline n'est plus utilisée dans le cadre de cures psychiatriques. Mais la découverte de Banting, Macleod, Best and Collapse a profité et profite encore à des millions de personnes souffrant de diabète.

L'insuline qui est inactivée si elle doit traverser le tractus digestif est donc administrée par injection intramusculaire. Mais plusieurs développements sont à prévoir. Les sources d'insuline qui peuvent permettre de varier selon les besoins des doses d'insuline sont en application. Des études en cours envisager les possibilités d'administration de l'insuline par des voies nasales (inhalateurs d'insuline), bronchiques et même orales. De plus, des greffes de cellules de Langerhans sont présentement à l'essai.Le patient du Québec

Merci donc aux docteurs Banting, Best, Macleod et Collet ainsi que tout premier patient: Leonard Thomson. Au début des années 1920, ils ont rendu la vie possible aux générations futures de diabétiques.