Le prix le plus bas ne devrait pas toujours faire loi

En 2017, j'écrivais le texte ci-bas qui fut publié alors dans le Huffington Post. C'est vraiment décourageant. Près de 5 ans plus tard, le Conseil d'évaluation du prix des médicament brevetés (CEPMB) arrive encore avec sa politique du prix le plus bas pour les médicaments. Deux conséquences hautement prévisibles: 1) des patients ne pourront avoir accès à des nouveaux médicaments efficaces, des médicaments qui pourraient faire la différence pour eux en termes de qualité de vie et 2) des recherches en médicaments novateurs qui ne se feront plus au Canada mais ailleurs dans le monde.

Voici donc cet article que je publiais alors. Je le republie ici dans l'espoir que quelqu'un. haut placé, puisse le lire et faire changer les choses. De la part de tous ces patients, un énorme merci. 

Il y a une cinquantaine d’années, j’étais étudiant à l’UQAM. Je me souviens encore que l’automne étant déjà bien avancé, je me rendis faire l’achat d’un manteau d’hiver. Il y en avait de tous les prix, mais mon budget d’étudiant me fit opter pour le moins cher. Pendant les semaines qui suivirent, je ne cessais de vanter mon choix et surtout toutes les économies que j’avais réalisées en achetant ce manteau, le moins cher en ville. Je commençai à déchanter quand les premiers vrais froids se firent sentir. Je réalisai dans un premier temps ce que ce rabais signifiait en termes de qualité de vie. Un bus un peu plus long à arriver, un vent un peu plus fort que d’ordinaire et je grelottais, commençant à me demander si un investissement plus important n’aurait pas été finalement plus judicieux. Mais l’argument le plus convaincant de tarda pas à se manifester. Durant la semaine avant Noël où j’aurais pu travailler et gagner une centaine de dollars, j’ai dû rester alité à la maison, souffrant d’une grippe carabinée. Si je n’avais pas attrapé froid, peut-être aurais-je pu travailler comme prévu, passer un beau Noël et avoir même un léger surplus d’argent pour commencer la nouvelle année. C’est là où j’ai compris que mon économie de $25.00 avait diminué ma qualité de vie pendant 4 mois en me forçant à endurer le froid et m’avait même fait perdre $100 au travail.  Dure façon de comprendre la leçon.

Et l’État québécois

L’Institut du Québec publiait en mars cette année, un document intitulé L’adoption d’Innovations en santé au Québec : propositions de modèles alternatifs (Côté Jean-Guy, Gabriella Prada et Tieja Thomas, L’adoption d’innovations en santé au Québec : propositions de modèles alternatifs, Montréal, Institut du Québec, 2017). Le document se penche aussi sur les défaillances issues de cette course au plus bas prix particulièrement dans le domaine pharmaceutique.

Un brin d’histoire

Comme souligné dans un précédent article, il fut un temps où l’industrie pharmaceutique se concentrait surtout en 2 pôles importants : Toronto qui abritait surtout des compagnies pharmaceutiques productrices de médicaments génériques et Montréal qui se spécialisait dans les médicaments d’origine (Réf. : http://quebec.huffingtonpost.ca/jacques-beaulieu/industrie-pharmaceutique-quebec-recherche-decouverte-emplois_b_9771950.html). Ainsi les compagnies pharmaceutiques qui faisaient de la recherche pour créer de nouveaux médicaments se situaient à Montréal. Les gouvernements du Québec d’alors favorisaient l’achat de ces médicaments, même s’ils étaient plus dispendieux, car on maintenait ainsi des activités de recherche rentables pour l’économie de toute la province. Ceci représente évidemment une vision bien simplifiée des activités pharmaceutiques de l’époque. Les coûts de santé ne cessant de grimper, le docteur Philippe Couillard, alors ministre de la santé, établit de nouvelles bases au processus d’approvisionnement. Ainsi la politique du médicament vit le jour en 2007. Il faut se rappeler qu’à cette époque, les coûts des médicaments qui avaient été de 1,2 milliard de dollars en 1997 avait bondi à 3 milliards de dollars en 2006. Il fallait donc intervenir rapidement pour stopper cette escalade des prix. Ils ont d’ailleurs diminué depuis, se situant à 2,6 milliards de dollars selon les prévisions du Conseil du trésor pour 2016-2017. En gros, plusieurs mesures furent adoptées dans le but de payer le prix le plus bas pour les médicaments. L’entente d’alors prévoyait entraîner une meilleure intégration de l’innovation, mais malheureusement, ces dispositions ne furent qu’exceptionnellement utilisées. En somme, l’ouverture à l’innovation a plutôt servi de vœu pieux plusieurs fois répétés depuis, mais jamais réellement exaucés. Ainsi, dans la création de la mission de l’INESSS, on pouvait lire : « Le groupe de travail insiste sur la mise en place d’un processus délibératif transparent et public, sur le développement d’une fonction de recherche, et sur les collaborations à établir avec les différents acteurs du secteur de la santé. »

Le système actuel vise surtout à regrouper les appels d’offre afin d’obtenir les meilleurs coûts possibles. L’innovation fait en quelque sorte figure de parent pauvre dans cette perspective.

Pour un changement

Tel que le décrit le document de l’Institut du Québec, présentement la politique ne change pas la culture de l’approvisionnement du médicament au Québec, elle constitue surtout un outil de contrôle. En somme, les politiques d’approvisionnement sont basés sur les coûts. À l’instar de ce qui se passe ailleurs dans le monde, l’Institut du Québec propose de changer cette culture et d’adopter un approvisionnement non plus basé sur les coûts mais sur la valeur. Comme le souligne le document de l’Institut : « Les méthodes d’approvisionnement fondées sur la valeur ont été adoptées par différents acteurs à travers le monde. Elles sont également reconnues par l’Union européenne comme étant un moyen de pallier les failles du système d’appel d’offres axé uniquement sur les coûts. Plus précisément, les directives publiques européennes d’approvisionnement de 2014 obligent les pays européens à accepter « la soumission la plus économique » (SPE), »

Un approvisionnement basé sur la valeur

Le Conseil ontarien de l’innovation en santé (COIS) a ainsi défini la façon de définir valeur d’un médicament : Valeur = Impact économique + Bénéfice pour le système de santé + Impact social.

Ainsi la valeur du médicament tient compte non seulement du coût de celui-ci mais aussi de son influence sur l’état de santé du patient et les répercussions de l’état de santé du patient sur l’économie de la société. Par exemple, un nouveau médicament pourrait s’avérer plus efficace et permettre au patient de reprendre son travail plus rapidement amenant un apport financier à toute la communauté. Dans d’autres cas, un nouveau médicament pourrait nécessiter moins de suivi quant aux analyses et rencontres médicales, ce qui représenterait aussi des économies pour la société. Lorsqu’on évalue un médicament sur sa valeur globale plutôt qu’uniquement sur son coût, celui-ci risque bien de se retrouver plus rapidement sur la liste des médicaments couverts par les régimes d’assurances publiques et privés. Ceci, stimulera les compagnies à investir encore plus dans l’innovation ce qui se traduira par plus de richesses pour la société. En effet, les recherches menées par le Boston Consulting Group montrent clairement que de mettre l’accent sur les prix les moins élevés réduit l’innovation et décourage l’adoption de nouvelles technologies.

Comme le dit encore le document de l’Institut du Québec : « Si l’état de santé des patients est au cœur de la prestation des soins de santé basé sur la valeur, il n’y a pas qu’eux qui bénéficient de cette approche. Les pratiques d’approvisionnement novatrices profitent également, quoique dans une moindre mesure, aux professionnels de la santé, aux systèmes de santé et aux fournisseurs. » En résumé : une mesure qui serait gagnante pour tous. Quand sera-t-elle retenue ?

Une importante collaboration est née

Nous sommes particulièrement fiers d’annoncer aujourd’hui la naissance d’une collaboration régulière entre le Journal le patient du Québec et l’Alliance des patients pour la santé.

Le Journal le patient du Québec vise trois objectifs audacieux dans cette collaboration :

1)      Contrer la désinformation

Depuis son apparition en octobre 2017, le Journal a publié plus de 125 articles, éditoriaux, biographies de médecins et opinions du public. En tout, il a récolté à ce jour plus de 111 000 clics. Le Journal a pour but premier de diffuser de l’information sur la santé et sur le système de santé. Dans un contexte où la désinformation occupe une trop vaste place dans les médias sociaux et parfois même dans les médias officiels, il est important, voire essentiel, d’apporter un contrepoids à toutes ces théories fabulistes desservies par une montée des suppositions de complots et des pseudo-sciences. En élargissant son lectorat avec celui de l’Alliance des patients pour la santé et ses 28 associations de patients membres, le Journal attend ainsi obtenir un plus large lectorat afin de réaliser cette mission de luttes aux fausses nouvelles scientifiques.

De son côté, l’Alliance des patients pour la santé milite pour une plus grande implication des chercheurs, des scientifiques, des soignants, des bénévoles et des intervenants communautaires pour mieux informer le public et contrer les diffuseurs de fausses informations.

Nos deux organisations produiront des articles et des textes sur différents sujets d’actualité avec un net parti pris pour les patients et les usagers.

2)      Contribuer à augmenter le niveau de littératie en santé

Le Journal s’est aussi constamment acharné à contribuer à l’augmentation de la littératie en santé de notre population québécoise. Il s’agit d’un défi important et, encore ici, notre collaboration avec l’Alliance permettra de toucher à plus de sujets de santé et à en distribuer plus d’informations dans un plus grand bassin de population.

Pour l’Alliance, il est urgent de travailler à augmenter la littératie en santé. C’est même une question de santé publique fondamentale. Elle a tenu un forum, il y a quelques années, visant à stimuler les collaborations entre les associations de patients et les groupes en alphabétisation.

3)      Unir les forces vives œuvrant pour les patients

Finalement, Le Journal et l’Alliance ont cette vision d’unir toutes les forces de tous les organismes œuvrant dans l’optique de placer le patient, non plus au cœur du système, mais plutôt à la tête du système de santé. Au Journal le patient du Québec, nous l’appelons : le Bureau des usagers. L’Alliance, pour sa part, met de l’avant un Conseil national des associations de patients/usagers connecté directement au plus haut niveau du système : Le Ministre. Mais quel que soit le vocable adopté, l’union de toutes les forces vives sera de plus en plus inévitable ne serait-ce que pour être en mesure d’avoir une écoute efficace auprès de notre titanesque système de santé.

Pour y parvenir, le Journal a modifié sa page d’entrée afin de bien y inclure la participation de l’Alliance des patients pour la santé. Et bientôt, le Journal offrira à ses lecteurs des balados qui porteront sur divers sujets de santé et sur notre système de santé. L’Alliance modifiera son site web pour inclure le Journal et diffuser les balados.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Exclusion de la liste d’attente après un 2e refus

L'Alliance des patients pour la santé réclame le retrait immédiat de la mesure

Montréal, le 18 novembre 2021 –

L’Alliance des patients pour la santé dénonce la directive du ministère de la Santé et des Services sociaux à l’effet d’exclure un patient de la liste d’attente après un deuxième refus ou le défaut de se présenter à son rendez-vous pour une intervention chirurgicale ou un examen diagnostique. Le président de l’Alliance, M. Jérôme Di Giovanni, s’étonne que le MSSS émette une directive semblable en l’absence de données pour la justifier et sans aucune consultation des organismes de patients et d’usagers.

« C'est une mesure injuste affirme monsieur Di Giovanni. Elle risque de pénaliser les personnes les plus vulnérables de la société alors que, de leur côté, les établissements et les responsables médicaux ne sont jamais sanctionnés lorsqu'ils reportent des rendez-vous à répétition, quels qu'en soient les motifs. » L’Alliance des patients pour la santé réclame le retrait immédiat de cette mesure. «

Patients, portez plainte auprès du commissaire aux plaintes et du comité des usagers de votre établissement », lance le président de l’Alliance. 

L'Alliance des patients pour la santé est un organisme à but non lucratif regroupant 27 associations et regroupement d'associations de patients. Elle a pour mission de promouvoir et soutenir la participation des patients dans les orientations et les processus de décision, tant pour leur propre santé que pour l’organisation des services de santé et des services sociaux. - 30 -

Pour information et demande d'entrevue :

Michel Bissonnette, conseiller spécial / APS Cellulaire: (514) 862-3184

www.alliancepatients.org

Qu’est-ce qu’on peut faire pour être en santé ?

Les temps changent et les situations aussi. Pendant des millénaires, les disettes succédaient aux famines tant et si bien que le peu de nourriture saine disponible était favorable à la maigreur, au manque de protéine, de fer et autres éléments essentiels à la santé. Les mères conseillaient alors à leurs fils d’épouser une femme « forte », bien en chair s’ils voulaient fonder une famille. Les femmes pâles et maigrichonnes étaient trop faibles pour assurer une nombreuse famille, elles ne survivaient pas longtemps aux multiples accouchements. Les hommes aussi devaient pouvoir bien se nourrir car, à ces époques, le travail exigeait force et endurance physique.

Puis l’ère industrielle arriva. La nourriture qui était littéralement une denrée rare devint, avec les moyens de culture et de conservation, plus abondante. Aujourd’hui, nul n’est besoin de passer une journée dans le champ, courbé en deux, pour cueillir des fraises ou des framboises. On les trouve, toutes prêtes, à l’épicerie du coin. Les aliments sont donc facilement disponibles et les efforts physiques ont diminué, résultat : l’obésité s’est généralisée.  

Les succès

Les campagnes d’informations bien conçues et orchestrées surtout par les diverses associations de patients et aussi par les ministères de la santé ont apporté bien des progrès. Aujourd’hui, une vaste majorité de la population connaissent les règles de bases de saines habitudes de vie : manger une nourriture variée de façon raisonnable, faire de l’activité physique régulièrement et éviter les abus d’alcool. Ces campagnes de sensibilisation ainsi que celles, plus ciblées, visant entre autres le tabagisme et l’alcoolisme ont certes apporté bien de bons résultats.

De plus, au début du vingtième siècle, être malade pouvait souvent être rapidement fatal. Cela était largement dû aux manques de connaissances scientifiques et au fait que peu de ressources étaient disponibles à cette époque. Quelques exemples suffisent pour nous en convaincre. Pensons à la variole, une maladie infectieuse qui tuait 30% des personnes qui en étaient atteintes. Le premier vaccin contre cette terrible maladie fut trouvé par un médecin de campagne, le Dr Edward Jenner en 1796. Inconnue jusqu’alors, l’idée de la vaccination mit beaucoup de temps à être acceptée par la communauté internationale. En réalité, la variole fut éliminée en Amérique du Nord en 1952 et fut déclarée totalement éradiquée de la planète le 26 octobre 1979, soit 204 ans après sa découverte. Il en va aussi de même pour bien des maladies. Les divers cancers étaient rapidement mortels, dans la majorité des cas. Rares étaient ceux qui y survivaient plus que quelques mois, quelques années au maximum avant l’arrivée des médicaments chimiothérapeutiques, hormono-thérapeutiques, etc… Dans un autre domaine, la plupart des maladies mentales se terminaient par un internement souvent à vie dans les hôpitaux psychiatriques qu’on appelait alors des asiles avant l’arrivée de l’arsenal pharmaceutique moderne.

D’une part, l’information et la sensibilisation ont permis de modifier bien des mauvaises habitudes de vie et d’autre part les progrès de la science nous ont procurer des vaccins, des médicaments et des technologies qui nous permettent de vaincre bien des maladies jadis incurables.

Les ratées

Aujourd’hui, le handicap le plus important réside dans la désinformation. Revenons à notre exemple du vaccin contre la variole. À l’époque, l’information circulait très lentement. Une découverte réalisée en Angleterre pouvait mettre plusieurs années, voire des décennies avant d’être essayée en Amérique. Par ailleurs, bien des gens se méfiaient des découvertes scientifiques pour des raisons religieuses, politiques ou simplement par ignorance de la science. De nos jours, une découverte met quelques fractions de seconde pour être connue mondialement. Mais, on doit admettre que la désinformation est tout aussi rapide. Aujourd’hui, trop de personnes meurent parce qu’elles sont victimes des fausses théories répandues à la vitesse d’un clic à l’échelle de la planète. Nous avons assisté à la résurgence des antivaccins, des anti-médicaments, etc…

La solution

Elle est connue et porte un nom : la littératie en santé. Selon le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉAF) « La littératie en santé fait référence aux connaissances, à la motivation et aux compétences nécessaires pour trouver, comprendre, évaluer et utiliser l’information en santé en vue de prendre des décisions dans la vie de tous les jours au regard de l’utilisation des services de santé, des mesures de prévention et de promotion de la santé, et ceci en vue de maintenir ou d’améliorer la santé et la qualité de vie tout au long du parcours de vie des personnes (Rapport non-publié du comité ad hoc, traduction libre de Sorensen et al., 2012; OMS, 2013). » (Réf : Littératie en santé | CDÉACF (cdeacf.ca) ).

Plus le niveau de littératie en santé sera élevé, moins les histoires de complot, d’expérimentation involontaire et d’autres balivernes du genre auront d’emprises dans notre société. Et plus vite nous sortirons-nous des pandémies présentes et futures. Aujourd’hui, alors que tous pourraient être vaccinés et protégés, il est infiniment triste de savoir que, par manque de littératie en santé, certaines personnes se transforment en usine à virus et qu’elles et d’autres personnes qui les ont côtoyées en meurent.

Unissons-nous tous afin d’augmenter la littératie en santé. Et peut-être aurons-nous moins d’antivaccins et moins d’anti-médicaments pour obtenir une population plus en santé. Ces sera : tous ensemble pour une meilleure santé de tous.

Les mauvais et les bons docteurs

En cas d’échec, l’une des stratégies qui s’offre à nos dirigeants est de déplacer le problème. Notre système de santé est en train de sombrer. Cette évidence qui s’impose depuis au moins une dizaine d’années gagne du terrain de jour en jour. Nous espérons tous que la réforme mammouth de l’actuel ministre de la Santé, puisse ramener cet immense paquebot qu’est devenu notre ministère de la Santé et des Services sociaux à flots. Certains esprits cyniques le nommeront le Titanic de la Santé et des services sociaux. Il y a certes des similitudes entre les deux. Le Titanic a été ainsi nommé, car on croyait, à l’époque, qu’il était insubmersible. On a aussi longtemps pensé que nous avions le meilleur système de santé au monde. À preuve, lorsque nous avons créé les CLSC, nous avions invité bien des pays tels la Suède. La France et d’autres à venir apprécier cette huitième merveille du monde. Pourtant aucun de ceux-ci n’a imité notre illustre création dans son pays. En fait, comme il fut dit derrière certaines portes closes, dans leurs pays, il arrive que des personnes aient besoin de soins en dehors des heures d’ouverture normales du lundi au vendredi entre 8h30 et 16h30. Trêve d’histoires, passons à la situation actuelle.

Déplacer le problème

Retards de chirurgie, urgences des hôpitaux continuellement débordées, accès à un médecins de famille, font tous parti des problèmes actuels de notre vénéré système de santé. En attendant la réforme mammouth et surtout ses résultats, il faut trouver une stratégie pour cesser que l’un et/ou l’autre de ces problèmes cessent enfin d’occuper les unes des médias. Le moyen est simple : créer une diversion. Il faut trouver moyen de créer une diversion et élire un bouc émissaire. Et celui-ci fut nommé : les mauvais médecins.

L’habilité de la stratégie

En général, les patients aiment leurs docteurs. Pour que la diversion réussisse, on ne pouvait donc pas entrer en lutte directe contre tous les docteurs. Qu’à cela ne tienne, on parle maintenant des mauvais docteurs. Et pour rassurer les patients, on ajoute : ces mauvais docteurs sont une minorité mais ils sont responsables de tous les maux de la terre du moins ici au Québec. On se croirait dans un mauvais pastiche de la célèbre fable de Jean de La Fontaine qui dans Les animaux malades de la peste écrivait : Haro, cria-t-on, sur le baudet.

Mais qui est-il ce mauvais docteur ? Celui, qui âgé de 78 ans, a décidé de continuer sa pratique mais en ne prenant pas de nouveaux patients, ou encore celui qui œuvre dans un milieu donné avec une clientèle particulière. Avec certains patients, une consultation de 10 minutes ne suffit pas, il faut prendre le temps qu’il faut pour au moins l’écouter. Mais il est vrai que ce n’est pas l’habitude du ministère d’écouter les patients, sinon le Bureau des usagers aurait vu le jour il y a belle lurette, tandis qu’il brille toujours par son absence.

Depuis plus de 40 ans, j’ai travaillé avec des centaines de docteurs et j’ai, depuis une quinzaine d’années, été traité par des dizaines d’autres. Je serais aujourd’hui bien incapable de classer ceux-ci en deux groupes : les bons et les mauvais. C’est vrai que je ne suis pas un fin stratège.

Le temps des solutions est arrivé

Alors, cessons les euphémismes, les diversions et les cataplasmes en tous genres. Il y a urgence en la demeure. S’il vous plait monsieur le premier ministre, cessez cette guerre tout aussi inutile que nuisible avec nos médecins. Comme ancien patient, nous leur sommes reconnaissants et comme actuels et futurs patients, nous avons besoin d’eux.

Nous l’avons vu durant cette pandémie, chaque fois que les Québécois se sont montrés unis dans la lutte, le nombre de cas diminuait. À l’inverse, à chaque dissension, que ce fusse sur le port du masque, le respect des normes sanitaires ou l’hésitation sur la vaccination, il y avait recrudescence de cas.

Alors, dans cet objectif commun de se doter d’un système de santé digne de ce nom, ne provoquons pas de luttes mais plutôt une union de toutes les forces vives et cela comprend les docteurs et, ne les oublions pas, les patients.

Si, médecins et patients, avez des commentaires sur cet article, je serais plus qu’heureux de les accueillir : patient@journallepatientduquebec.com ou encore à jbecrivain@yahoo.ca ou encore en utilisant l’onglet Commentaires au bas de cette page. Merci

Des patients unis pour leur santé

Il fut un temps où la santé et la maladie étaient uniquement l’affaire des médecins et des professionnels. Le moins le patient en savait, le mieux c’était pour lui. « De toute façon, le patient ne connaissait rien à ces choses » croyait-on à l’époque. Mais, après les années 1950-1960, la scolarisation au Québec progressa et l’arrivée de l’internet permirent un accroissement des connaissances en santé. De plus, la naissance de multiples associations en santé (exemples : Fondation du cancer, Association Diabète Québec, Sociétés d’Alzheimer, etc.) permit aux patients atteints de ces maladies d’avoir accès aux informations dont ils peuvent avoir besoin. Dans ces domaines, plusieurs dizaines d’associations, de fédérations, de comités et autres réalisent un travail aussi extraordinaire qu’essentiel.

Mais malgré tous ces efforts, le Canada et le Québec affichent un des plus bas taux de littératie en santé en Amérique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la littératie en santé correspond aux « aptitudes cognitives et sociales qui déterminent la motivation et la capacité des individus à obtenir, comprendre et utiliser des informations d’une façon qui favorise et maintienne une bonne santé » (Glossaire de la promotion de la santé Genève, 1998). À titre d’exemple de l’apport des associations dans ce domaine, souvenons-nous de ce colloque sur la littératie en santé qu’avait organisé l’Alliance des patients pour la santé en 2016 (Littératie en santé | alliancepatients.org)

Un autre problème provient de la relation entre les patients et le ministère de la Santé et des Services sociaux, ou, est-ce vraiment utile de spécifier, du peu de relations qui existent entre le patient et le MSSSQ. Encore ici, les diverses associations effectuent un travail colossal. Elles déploient des efforts considérables et très souvent bénévoles pour offrir un maximum de services. Mais lorsque le ministère se penche sur un problème, consulte-t-il l’une ou l’autre de ces associations ? Je laisse la réponse aux spécialistes de ces questions. Mais, un peu à l’image de tout un chacun, j’ai plutôt l’impression que tout se décide en vase probablement assez clos dans les hautes sphères bureaucratiques de notre savant ministère. Après tout, qu’est-ce que le patient connait dans la gestion de ce titanesque vaisseau qu’est le MSSSQ ?

Alors qu’en 1950, nous étions certains que le patient n’avait que bien peu de mots à dire à son médecin sur sa santé, plus de 70 ans plus tard, on considère que le patient n’a que bien peu de mots à dire sur la gestion de son ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les avantages de l’un et de l’autre

En augmentant la littératie en santé, la population disposera de plus de connaissances sur la santé. Ce serait particulièrement utile en ces périodes de pandémies durant lesquelles encore trop de personnes refusent la vaccination. Mais, même en dehors d’une pandémie, un patient mieux informé prendra de meilleures décisions sur son alimentation, son niveau d’activité ainsi que sur sa santé physique et mentale et sera plus apte à comprendre les soins qui lui sont proposés.

D’autre part, en impliquant le patient dans la gestion du ministère, le gouvernement enlèverait cette douloureuse impression que tout ce qui concerne le MSSSQ se décide en vase clos au sommet de la hiérarchie bureaucratique.

Les patients doivent donc s’unir non seulement pour leur santé mais aussi pour leur système de santé. Parce que ce sont eux qui, en bout de ligne, tireront profit et de leur santé et de leur système de santé.

Les associations de patients l’ont compris et y travaillent avec ferveur. Notre gouvernement l’a-t-il compris ? Pourtant, il bénéficie d’une rarissime occasion d’y parvenir avec son projet de loi mammouth pour révolutionner son système de santé. En profitera-t-il pour créer le bureau des usagers, cette plateforme gouvernementale où le patient et les associations seront appelés à participer à la gestion du MSSSQ ?

Le docteur Alban Perrier

Le docteur Alban Perrier

La semaine dernière Madame Francine Charbonneau, députée de Mille-Îles, a remis au Dr Alban Perrier la Médaille de l’Assemblée nationale. À mon humble avis, cet honneur est plus que largement mérité par le docteur Perrier. J’ai eu le privilège de travailler à deux reprises avec ce grand médecin. Avec son collègue, le Dr Robert Ouellet et moi-même, nous avons signé en 2012 un livre portant pour titre Révolutionner les soins de santé, c’est possible. Puis en 2014, je signais un autre livre : Ces médecins qui ont marqué le Québec. Sans aucun doute, le docteur Perrier était l’un d’eux. Ces deux projets m’ont rempli de bonheur et, aujourd’hui, d’honneur. Voici donc sa courte biographie.

Alban Perrier, un gramme de naïveté, une tonne de travail

Il est né à Hemmingford en Montérégie le 10 janvier 1942. Son père était vétérinaire et le jeune Alban avait perçu chez lui une forme de regret de n'avoir pu faire médecine. À l'âge de 10 ans, gros changement. Toute la famille Perrier vient s'installer à Montréal, le père ayant obtenu un poste de contrôleur des viandes à la compagnie Canada Packers. Alban s'adapte à sa nouvelle vie et les ruelles du quartier Rosemont deviennent pour lui le lieu de rencontre avec les amis. Cette facilité d'adaptation n'est pas nécessairement bien perçue par son père qui ne voit pas d'un bon œil les activités urbaines de son fils. Il décide donc de l'envoyer étudier au Séminaire de Saint-Jean.

Alban Perrier y fera tout son cours classique comme pensionnaire. Le cours classique était dispensé par des religieux. Il durait 8 années à la fin desquelles l’étudiant se voyait décerner un baccalauréat es art de l'Université de Montréal. Les pensionnaires entraient en classe en début septembre et à part quelques jours de sorties à l'Action de Grâce, à Noël et à Pâques, ils résidaient en permanence au séminaire. Alban Perrier s'y trouvait heureux comme un poisson dans l'eau. Tant les jeux dans les ruelles de Rosemont que son cours classique lui avaient donné le goût de la collégialité. Alban aimait la vie en groupe.

Il admet lui-même que ses notes au cours classiques n'auraient pas normalement été suffisantes pour être admis en médecine. Sa moyenne se situait dans les 70% tandis qu'il aurait fallu 90% et plus. Mais deux facteurs l'auront aidé à son admission. D'abord la rencontre avec le docteur Jean Frappier, alors responsable des admissions en médecine à l'Université de Montréal, avait été des plus positives. Puis à l'époque des cours classiques, l'Université de Montréal réservait des places pour chacun des collèges classiques sous sa responsabilité. En 1963, Alban fut le seul élève du Séminaire de Saint-Jean à demander une admission en médecine.

Certaines personnes sont dotées d'une mémoire extrêmement performante, celle du docteur Perrier exigeait plus d'efforts. Pour réussir à la faculté, il devait étudier jusque tard la nuit et se lever très tôt. Mais son organisme réagissait si bien à cet horaire qu'il en était presque venu à penser que le sommeil n'était pas un besoin mais une invention de l'homme.

Alban Perrier termine ses études de médecine à l'Université de Montréal en 1968. La chirurgie l'avait bien attiré un peu, mais après coup, il décida qu'il ne pourrait pas entrevoir une carrière, prisonnier d'une salle de chirurgie. Il opta donc pour la pratique générale.

En résumé, trois facteurs ont contribué à former le jeune docteur Perrier: un système d'éducation qui encourageait la collégialité, une capacité de travail hors du commun et un brin de naïveté qui lui a permis de demander son admission en médecine alors que son dossier académique n'était pas des plus forts.

En 1968, la pratique médicale est en pleine mutation. D'un système entièrement privé où les patients devaient payer pour tous les soins reçus et pour leur hospitalisation, l'assurance hospitalisation en 1961 et l'assurance maladie, le premier janvier 1970 allaient garantir un accès public et gratuit à tous. Pour les médecins de l'époque qui avaient développé une pratique très individualisée, le changement allait s'avérer déterminant. Pour le tout jeune docteur Perrier qui avait appris à jouer en groupe dans les ruelles de Rosemont et à travailler en groupe au cours classique, la collégialité allait de soi. C'était ainsi que les choses devaient se faire. Les CLSC n'étaient alors pas nés et déjà notre jeune docteur se prend du désir d'en ouvrir un, mais pas un CLSC public comme on les connaîtra quelques années plus tard (1974), mais un CLSC privé. Encore ici sa naïveté l'aidera ainsi que sa capacité de travail. Il réussit d'abord à convaincre un collègue de la faisabilité d'un tel projet. Puis, ils consacrent deux dimanches à se promener de porte en porte à Laval pour demander aux gens si la venue de médecins dans leur quartier leur paraissait une chose souhaitable. Ce sondage maison assez loin des rigueurs usuelles les a suffisamment convaincus pour que chacun décide d'investir tout ce qu'il pouvait emprunter de leur banque, de leurs parentés et de leurs amis pour ouvrir en 1968 la première version de ce qui est devenu la Polyclinique Médicale Concorde à Laval. Durant les quatre années suivantes, une quinzaine de médecins se joindront au docteur Perrier. En 1972, les lieux sont devenus exigus. Le docteur Perrier décide alors de faire construire la Polyclinique Concorde à l'endroit où elle se trouve encore de nos jours. La polyclinique connaîtra trois agrandissements majeurs : l’un en 1976, l’autre en 1986 et un dernier en 2006.

Le docteur Alban Perrier avait réussi à concrétiser l'œuvre de sa vie: une polyclinique qui reçoit aujourd'hui plus de 7 000 patients par semaine. Sous sa gouverne la polyclinique Concorde fut la première à s'informatiser (dès 1981) et aussi la première clinique privée à s'équiper d'un CTSCAN en 1987.

Mais bien plus que du béton et les chiffres, c'est la philosophie même du Dr Perrier qui a réussi, malgré vents et marées, à s'implanter. Le docteur Perrier a su illustrer de façon concrète le rôle que doit jouer un omnipraticien dans notre système de santé. De ce rôle, il privilégiera deux grands aspects. Le premier et le plus important est la disponibilité envers le patient et les obligations du médecin vis-à-vis ce même patient. Pour lui, l'omnipraticien devrait représenter la porte d'entrée principale dans le système de santé. Et ce contact, Alban Perrier en a fait sa marque de commerce. Jusqu’à sa retraite, il appelait lui-même ses patients pour leur faire part des résultats bons ou mauvais de leurs divers tests de santé. L'autre aspect du rôle de l'omnipraticien est celui d'un rassembleur au sein du système de santé. À titre d'exemple, à sa polyclinique œuvre une équipe d'omnipraticiens à laquelle divers spécialistes viennent se greffer pour compléter le travail. Pour Alban Perrier, un médecin ne peut travailler seul. S'il veut pouvoir se mettre à jour et améliorer constamment sa pratique et sa disponibilité, il doit obligatoirement travailler en groupe. En somme, pour Alban Perrier, l'omnipraticien doit toujours demeurer très proche du patient et jouer le rôle de chef d'équipe au sein d'un groupe multidisciplinaire.

Très tôt dans sa carrière, il voudra faire la promotion de ce rôle du médecin dans le système de santé. C'est ainsi que dès 1976, on le retrouvera impliqué dans l'AMOM (Association des médecins omnipraticiens de Montréal). Encore ce soupçon de naïveté associé à cet ardent désir de faire bouger les choses le porteront même à poser sa candidature en 1979 à la présidence de la FMOQ afin de provoquer un changement de perception et amélioration des conditions de travail des omnipraticiens. Il perdit ses élections (son but était surtout de sensibiliser) mais il faut avouer que l'adversaire était de taille car il ne s’agissait de nul autre que le docteur Gérard Hamel qui d'ailleurs occupa ce poste de 1965 à 1981.

En plus de ces occupations professionnelles à titre de médecin, de fondateur et président de la Polyclinique Médicale Concorde de Laval et de ces activités syndicales, on le retrouvera comme membre (et parfois président) de divers CMDP (Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens) à l'hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, à l'hôpital Fleury et à la Cité de la santé. D'ailleurs, à ce dernier hôpital, il occupera le poste de DSP (directeur des services professionnels) pendant une douzaine d'années (1989-2001). Lorsque la Cité de la santé se retrouvait dans l'eau bouillante, son DSP montait lui-même aux barricades et rencontraient personnellement les médias. Il faut dire qu'il avait acquis une bonne formation médiatique car il avait travaillé près de sept ans (1972-1979) à l'émission hebdomadaire « Pour vous mesdames » animée d'abord par Huguette Proulx puis Nicole Germain à Télé-Métropole (aujourd'hui TVA). On l'a aussi retrouvé en 2008-2009 comme Directeur de la planification à la direction générale du CHUM 2010.

Le docteur Alban Perrier a touché à tout en ce qui concerne la médecine, des accouchements aux salles d'urgence. Homme d'action, il l'a certes été. Il a toujours défendu une proposition de refonte de l’organisation du système de santé québécois. Pour le Dr Perrier, il est plus que temps de dépolitiser la santé. Sa gouvernance plutôt que d'être confiée à l'État, comme c'est actuellement le cas, devrait être transférée à une société d'état, sur le modèle d'Hydro-Québec par exemple. Ainsi libéré des impératifs politiques, cette société d'état pourrait gérer le système de santé à long terme en collaboration avec les partenaires publiques et privés et l’opportunité d’investir dans les secteurs produisant des actifs susceptibles de bonifier des revenus permettant un financement positif des soins de santé tels la pharmaceutique, la technologie, l’information…

Pour tout le dévouement dont vous avez fait preuve envers vos patients et pour votre unique contribution à améliorer notre système de santé, de ma part et maintenant de la part de l’Assemblée nationale : un énorme merci Dr Perrier.

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Commentaires reçus

Pour l'article : Des mauvais et des bons docteurs:

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Dr Henri-Louis Bouchard

Je parie que l’approche politique véhiculée pénalisera principalement les bons docteurs qui devrons s’astreindre à une démarche mathématique au détriment d’une approche humaine.
Le temps n’a plus le temps de prendre son temps,2+2 doit égaler 5.
Pour moi une telle pédagogie sera vécue comme de la torture par d’aucuns ? L’approche globale d’un problème devra être mise de côté à l’avantage d’une fragmentation,laquelle favorisera des interventions multiples voire souvent inutiles et favorisant un traitement de l’Être par morceaux. Si tu consultes pour le genou ,la hanche ne peut pas faire partie du problème; autrement dit on doit respecter l’équation : 2+2=5! ! La règle du faire plus avec moins en nivelant vers le bas devient une norme. Malheureusement le médecin est formé sous un autre paradigme comme tu sais.
Merci et bonne réflexion. Salut
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Super génial votre article et merci de l’écrire.

Je me suis permis de vous écrire afin de compléter le fond de ma simple pensée comme patient utilisateur du système de ’’ santé ‘’. Moi Simple patient et humain, je ne veux pas, que la technologie permettre de vivre de 94 a 98,ans et non et ! non! Je veux juste qu’on me soigne quand je suis malade et c’est tout simple.

Le système par sa fixation des chiffres et le peu appréciation envers ses soignants, Est- il entrain de justifier; à cause de limite de budget, de manque d’effectifs en santé, éducation… l’arrivée de machine?

Donc, dans un futur assez proche, vouloir être soigné par un DR humain sera considéré comme du luxe? et les patients de second ordre seront approchés par les machines?

Depuis longtemps le système gère la sante avec des statistiques donc, les chiffres robotiques avant l’humain nous conduirons le bon ou mauvais avenir?

Merci et good job a vous

Richard Dufour

Bien cordialement,

Jacques Beaulieu