28. janv., 2021

Covid-19 : l’échec des demi-mesures : la parabole du sous-marin

Supposons un instant que nous sommes tous passagers d’un immense sous-marin (pas nécessairement le Yellow Submarine des Beatles en 1966). Soudainement, arrive une fuite d’eau, puis une deuxième, puis une autre, etc. On a beau colmater le plus rapidement possible, les fuites continuent à se multiplier. Que faire ? Comme il ne peut pas arriver à empêcher l’arrivée de nouvelles fuites, le commandant en chef décide alors de prioriser son action en décidant quelles fuites sont tolérables et quelles autres sont inacceptables. Dans un tel contexte, le seul espoir des passagers du sous-marin est que l’océan finisse par s’assécher. Sinon à plus ou moins long terme, c’est le naufrage assuré.

La réalité

Ce que font les dirigeants des divers pays ressemblent un peu à ce que fait notre commandant du sous-marin. Ici, nous venons de décider de colmater quelques fuites en maintenant en force jusqu’au 8 février le confinement qui devait se terminer le 11 janvier et en y ajoutant quelques autres restrictions. Par exemple, les lieux de culte seront complètement fermés. On sait très bien en hauts lieux, que les messes dominicales attirent chaque semaine des millions de fervents chrétiens… Ah non! Il appert que c’était vrai il y a 75 ans, mais ce ne l’est plus aujourd’hui. Désolé, mais avec la bureaucratie du MSSSQ et de sa santé publique, l’information ne s’est pas encore rendue au sommet décisionnel.

Aux mesures déjà existantes, on ajoute aussi le couvre-feu, toujours dans le but de protéger la clientèle la plus vulnérable, les 65 ans et plus. Nous savons tous en effet que les aînés sont ceux qui sortent le plus après 20 heures ainsi qu’avant 5 heures du matin.

Il fallait aussi absolument retourner au plus vite nos enfants à l’école. Mais il n’y a pas de danger, les écoles sont des milieux sécuritaires, hyper bien ventilées. De plus, c’est connu, les enfants respectent toujours les mesures de distanciation sociale dans des salles de classe, corridors et aires de jeu qui ont tous, miracle de Noël, doublé de superficie pour permettre cette fameuse distanciation.  Quant aux problèmes de ventilation, pourrions-nous nous montrer ne serait-ce que l’image de l’ombre d’une planification pour doter les écoles de système de ventilation afin d’assurer une qualité de l’air acceptable pour protéger les enfants, les employés des écoles et les parents de ces enfants ? Quelqu’un pourrait-il nous donner, ne fusse qu’une vague idée du coût des rénovations nécessaires afin d’installer ces systèmes ? Et, en passant, cette même personne pourrait peut-être nous dire pourquoi nous avons attendu tout ce temps avant de parler de qualité de l’air ?

Aux entreprises qui doivent absolument demeurer ouvertes pour assurer la survie de notre société québécoise, il faut ajouter bien sûr le hockey professionnel. C’est certain, quand il n’y a pas de hockey professionnel, le seul sujet de discussion restant est la politique. Alors nos chefs tant en santé publique qu’en politique ont préféré entendre le bon peuple critiquer le gérant du club Canadien plutôt que de critiquer notre premier ministre ou encore la direction de la santé publique.

Autres paradoxes

Deux grands paradoxes ont aussi jeté de l’ombre sur la crédibilité de nos dirigeants. Le premier pourrait s’intituler : Ce qui est bon pour pitou est bon pour minou.  Nous le savons tous, certains de nos élus ont eu la brillante idée de partir en voyage vers des pays plus chauds durant la période des Fêtes. Mais pour certains de ceux-ci tant la couverture médiatique que la réaction des chefs de partis ont été bien différentes selon qu’il s’agissait d’un membre du parti au pouvoir ou d’un membre d’un parti de l’opposition.

Le deuxième paradoxe, et non le moindre est la solidarité qu’on implore pour le public par rapport aux dissentions qu’on affiche allègrement en points de presse. On ne peut pas d’une part exiger et encourager chacun à se conformer à des normes sévères par besoin de solidarité et d’autre part, se quereller sur la place publique en blâmant tantôt le fédéral pour le manque de doses ou le provincial sur la lenteur de la vaccination. Tout le monde sait qu’à Ottawa, nous en sommes à la préparation de l’élection de l’automne 2021 et qu’au provincial, la lourdeur bureaucratique et administrative de notre monstrueux MSSSQ ralentit la distribution et l’administration des vaccins. Alors de grâce, messieurs nos premiers ministres, cessez d’utiliser les points de presse que nous vous offrons, pour régler vos « qué-guerres » personnelles et prêchez par l’exemple, soyez solidaires. Seule une telle attitude pourra nous inciter à mieux suivre vos directives.

Et peut-être qu’ainsi notre sous-marin aura le temps de remonter à la surface et sauver ses passagers.