13. févr., 2021

Épidémie

Voici un article que j'écrivais en 2003 pour le magazine Dernière Heure. Pour m'amuser, je le republie ici:

Épidémie

Par : Jacques Beaulieu

La peur d’une nouvelle épidémie fait partie de notre condition humaine. L’histoire est fertile en exemples tous plus horrifiants les uns que les autres. On se rappelle l’épidémie de peste, de variole, de la grippe espagnole, de la lèpre, l’arrivée du SIDA à la fin des années 1970, et plus récemment du SRAS. Puis tout dernièrement, on nous annonçait l’apparition d’un nouveau virus aux Etats-Unis. Il s’agirait d’un virus de la variole du singe. Que faire ? Il semble que de rester à la maison, barricader portes et fenêtres et n’entrer en contact avec aucun humain, aucun volatile et aucun insecte ne soit une solution bien difficile à contrôler.

(NDA: Il est intéressant de voir comment, en 2003 au moment de publier cet article, je considérais le confinement. Et 18 années plus tard, nous y sommes plongés depuis presqu'un an. Ce qui était pratiquement impensable alors est devenu notre quotidien.) 

Première consigne : connaître l’ennemi.

On l’appelle aujourd’hui : micro-organisme. Anciennement, on parlair de microbes. Il en existe de plusieurs types, des bactéries (exemple : la pneumonie par pneumocoques), des virus (exemple : la pneumonie virale), des prions (exemple : la maladie de la vache folle), etc. Ces bibittes invisibles à l’œil nu ont ceci en commun qu’elles peuvent nous rendre malades. Elles sont donc pathogènes. Tous les microorganismes ne sont pas pathogènes. Certains sont très utiles, voire essentiels à notre vie. Ainsi, une bactérie de type E.Coli (abréviation de Escheria Coli) se retrouvent en abondance dans notre gros intestin. Ce type de E.Coli récupère une grande partie de l’eau présente dans nos selles. Sans ces bactéries, les selles seraient liquides et nous mourrions complètement déshydratés. Par contre, un autre type d’E. Coli va produire l’effet inverse. Si on ingère une viande qui en contient, gastro entérite assurée! C’est ce qu’on appelle la maladie du hamburger.  Comme vous voyez, il y a donc des bons et des mauvais micro-organismes et certains peuvent être bons à un endroit (exemple : dans les intestins) et mauvais à un autre (exemple : dans l’assiette).

Comment donc se prémunir contre les pathogènes ? 

Première règle : être en bonne condition physique.

Notre organisme est normalement équipé pour lutter assez efficacement contre les micro-organismes. Nous avons tous un système immunitaire qui, dans de bonnes conditions, détruira ces envahisseurs dès leur apparition. Mais si nous sommes épuisés ou mal alimentés (trop ou pas assez de nourriture), ce système sera moins efficace et les pathogènes ne seront pas détruits. Supposons 10 personnes dans une pièce, entre un onzième visiteur qui souffre d’une forte grippe. Il tousse et éternue durant toute la soirée. Toutes les 10 personnes auront donc été en contact avec le virus de la grippe. Pourtant, toutes ne contracteront pas la maladie.

Deuxième règle : l’hygiène.

Plusieurs pensent à tort que le moyen le plus efficace pour enrayer une épidémie est la vaccination ou l’antibiotique. Pourtant si les épidémies font de nos jours beaucoup moins de victimes qu’il y a un siècle, c’est principalement que le niveau d’hygiène s’est grandement amélioré. Nous n’utilisons plus les crachoirs, comme à l’époque. Les gens (du moins la majorité de ceux-ci) ne crachent plus par terre dans les endroits publics. La vaste majorité disposent d’eau chaude et les gens peuvent se laver plus régulièrement. La gestion des eaux de consommation et des égouts fait en sorte que les puisards d’antan qui fréquemment se taillaient un chemin jusqu’aux puits n’existent plus, éliminant ainsi bien des risques d’infection.

Troisième règle : encore plus d’hygiène.

Bien avant de blâmer le ministère de la santé, le gouvernement et qui sais-je encore, il existe une façon simple et économique de courir le moins de risque possible de contracter une maladie infectieuse : de l’eau et du savon. Combien de fois vais-je dans une toilette publique et en me lavant les mains, j’aperçois des personnes sortant du cabinet qui se dirigent tout droit vers la sortie ? Se laver les mains le plus souvent possible est une mesure aussi simple qu’efficace. Quand se laver les mains ?

La meilleure habitude à prendre est : le plus souvent possible.

Et cela, ça n'a pas changé entre 2003 et aujourd'ui.