21. févr., 2021

Résultats : Science 100%, humains 50 %

En 1962, mes parents avaient acheté Le grand Larousse encyclopédique. C’était en 10 volumes, totalisant 9 994 pages et 165 270 articles, la somme des connaissances humaines. Aujourd’hui, en 1 clic et 0,76 secondes on obtient : environ 1 190 000 000 résultats seulement pour l’article : virus… La quantité et l’accessibilité du savoir humain se sont donc multipliés de manière exponentielle en moins de 75 ans.

Les avancés en santé :

Mon père avait commencé ses problèmes d’angine cardiaque alors qu’il était âgé de 48 ans. Il décédait 4 ans plus tard d’un infarctus du myocarde. À l’époque, les pontages coronariens n’existaient tout simplement pas. Un de mes oncles entrait à l’hôpital pour une coupure sous le pied qui ne guérissait pas. La gangrène s’était mise de la partie et on lui amputa le pied droit, puis la moitié de la jambe droite, puis finalement toute la jambe droite. On allait lui amputer le pied gauche qui commençait à bleuir, mais il est décédé la veille de sa chirurgie. Il avait 60 ans et souffrait de diabète.

Pour ma part, à l’âge de 48 ans, on diagnostiqua, après une prise de sang de routine une hypercholestérolémie. Il y avait alors des médicaments disponibles : les statines. Mes premiers problèmes d’angine apparurent alors que j’avais 54 ans. Une chirurgie cardiaque pu réaliser 5 pontages coronariens et ma vie pu continuer. À mon 70ième anniversaire, une artère coronarienne était alors sur le point de se bloquer, Par angioscopie, une technique non invasive, on installa une endoprothèse vasculaire (stent). Je suis maintenant âgé de 72 ans et mon cœur se porte à merveille. Quant au diabète, j’avais 58 ans quand on m’a diagnostiqué un prédiabète, aussi appelé une intolérance au glucose. Mais à ce moment, contrairement à ce qui s’était passé pour mon oncle, il y a 60 ans, un médicament existait, un glucophage (Metformine). Mon prédiabète est resté stable depuis. On a même réduit la dose de ce médicament il y quelques mois.

En réalité, dans la plupart des maladies, les connaissances scientifiques ont permis des améliorations fulgurantes. Pensons aux divers cancers. Dans les années 1950, un diagnostic de cancer était, la plupart du temps, suivi d’un décès dans les mois qui suivaient. On peut aussi penser au SIDA dont la survie en 1985 ne dépassait rarement six mois et qui aujourd’hui est devenu une maladie, à toute fin pratique, chronique.  

Et puis, cette pandémie nous a permis de mettre sur pied un vaccin en moins de 10 mois. De l’avis de tous les experts, il s’agit d’une première mondiale historique.

Si on avait à évaluer l’essor des sciences au cours du dernier siècle, la science aurait une note frôlant les 100%

Mais la note des humains

De 0 à 100, si les sciences se situent près du 100, les humains se classeraient bien plus bas. Un exemple parmi bien d’autres : malgré toutes les campagnes de prévention, il y a toujours des fumeurs. Encore ici, mais cette fois malheureusement, la pandémie aura permis de constater que l’évolution des humains ne réussit pas à rejoindre celle des sciences. En un an, nous avons pu assister à des scènes désolantes de réunions festives dans des bars, des résidences privées et des voyages vers les pays chauds et ce contre l’avis de tous les experts scientifiques mondiaux. Pour certains, toutes les raisons sont bonnes pour contrevenir aux consignes sanitaires. L’une des dernières en lice est la fameuse santé mentale. La logique (si logique il y a) derrière cette dangereuse tendance serait que les contraintes imposées seraient nuisibles à la santé mentale provoquant ou risquant de provoquer une grande quantité de problèmes d’anxiété, de dépression et finalement une vague de suicide. D’une part, aucune statistique valable ne permet de quantifier un accroissement fulgurant de dépression, d’anxiété ou même de suicide au Québec durant cette année de pandémie ( réf. : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1743125/suicide-quebec-coronavirus-covid-statistiques ).

Par ailleurs, bien d’autres facteurs peuvent provoquer des dépressions, de l’anxiété ou même des suicides. Souvent, les personnes souffrant de ces problèmes doivent apprendre à vivre avec ceux-ci. Par exemple, si je souffre de dépression à la suite d’un divorce, je devrai trouver des moyens pour reprendre ma vie en main. Ce sera le rôle des psychologues et psychiatres de m’aider à remettre au point ma santé mentale. De la même manière, si je souffre d’anxiété ou de dépression parce que je n’en peux plus des mesures de confinements, ce n’est pas en défiant ces mesures, en partant en vacances ou en organisant une soirée festive en famille, que je vais me guérir mon anxiété ou ma dépression. Ce sera en consultant un expert dans ce domaine que se trouvera la vraie solution.

Il faut bien comprendre que je ne minimise en aucune façon la santé mentale ici. Bien des personnes et plus encore d’ainés souffrent énormément de problèmes de santé mentale durant cette pandémie. Ne plus pouvoir prendre ces montagnes d’amour que sont nos petits-enfants, c’est comme manquer d’une source vitale de bonheur pour plusieurs d’entre nous. Il faut trouver tous les moyens pour aider les aînés de notre société à relever ce défi et à conserver leur santé mentale. Il faut absolument mettre à la disposition de tous, les moyens pour aider ceux qui en ont besoin. Mais ces moyens ne peuvent pas être la désobéissance civile.

Santé physique ou santé mentale ? En réalité, la question ne se pose pas vraiment. Sans la santé physique, c’est la mort et là, il n’y a plus de santé mentale possible…

En résumé,

La pandémie est certes difficile à traverser. Mais plus les humains s’approcheront du 100% en termes de respect des consignes sanitaires, moins la crise sera longue et meilleures seront nos chances d’y mettre un point final. Il faut toujours se souvenir que ce coronavirus n’en a rien à faire de nos états d’âme et de notre santé mentale. Tout ce qui le préoccupe est de trouver une paire de poumons où il pourra se multiplier à qui mieux mieux.

La science a déjà fait son bout de chemin, il ne reste qu’à nous, tous et chacun, de faire le nôtre.