21. mars, 2021

Et l'an dernier à pareille date

Nous nous remettions à peine des Fêtes de Noël, du Nouvel an et de la Saint-Valentin. À Noël, il y avait eu notre grand rassemblement annuel avec tous nos arrière-petits-enfants, nos petits-enfants, nos enfants, ma sœur et leurs conjointes et conjoints. Une belle smala de 22 personnes en tout. Nous étions bien loin de nous douter que le prochain Noël serait fêté entre mon épouse et moi.  Puis, il y avait eu la Saint-Valentin où l’on s’était échangé, chocolats, bisous et accolades. Mais cette année, rien…

L’an dernier, à pareille date, le premier cas de Covid-19 n’était pas encore arrivé au Québec. Et plusieurs préparaient avec fébrilité ces vacances scolaires dans les pays chauds. Nous étions tous, sans le savoir à l’abri de l’annonce de cette pandémie qui, 3 semaines plus tard, allait changer le cours de nos vies.

Je me souviens encore de cette période d’innocence naïve où l’on croyait encore que la Chine, c’est bien loin et qu’ici nous étions à l’abri d’un tel virus. Même l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n’avait pas encore prononcé le mot PANDÉMIE.

Et le drame arriva

Ce fut d’abord subtil. Le 13 mars, notre gouvernement décrète un confinement de deux semaines, qui se prolongea d’un autre deux semaines, d’un mois, etc.

Le but ici n’est pas de faire la description détaillée de cette année que nous venons de traverser, ni de critiquer en bien ou en mal les décisions qui y ont été prises, parce que comme dans tout il y eu du très bon, du bon, du mauvais et du pire. Le spectre de la nature humaine inclut toutes ces dispositions. Jetons plutôt un coup d’œil sur diverses réflexions que nous devons faire à la fin de ces douze mois de Covid.

D’abord, tous et chacun qui lisez cet article et même celui qui l’écrit avons un devoir de reconnaissance : celui d’être toujours vivant. Il faut se rappeler que ce n’est plus le cas pour plus de 10 000 d’entre nous. Bizarrement, c’est facile à oublier. Mais toutes ces personnes qui nous ont quittés, avaient soient des enfants, des sœurs, des frères, des parents et des amis pour qui leurs décès ont donné suite à un deuil bien particulier, un deuil qu’on n’avait jamais vécu avant cette pandémie. Pour toutes ces personnes, ce fut une année plus difficile. Certains ont encore et auront longtemps de la difficulté à s’en remettre.

Personnellement, j’ai perdu un beau-frère, Gilles, un ami, François, une tante, Jeannine, et la sœur d’une belle-sœur, Johanne. Dans trois de ces cas, il n’y eut aucun salon funéraire auquel j’ai pu assister.

Je pense aussi et surtout à tous ceux de mon groupe, ceux qu’on appelle les personnes âgées ou encore les aînés. Lorsqu’on perd une année de sa vie, à l’âge de 20 ans, il resterait 67 ans pour le récupérer. On aurait alors perdu le 1/67ième de sa vie restante. Pour moi qui aurai 73 ans en juin, perdre une année compte pour le 1/14ième de ma vie restante. Statistiquement parlant, cette année compte pour près de 5 années de vie quand j’avais 20 ans.

Finalement Je veux ici remercier toutes celles et ceux qui se sont fait un point d’honneur de respecter les règles sanitaires édictées par nos gouvernements. C’est grâce à vous, si je n’ai pas attrapé ce fichu virus.

Un énorme merci parce qu’avec votre prudence, peut-être qu’un jour, je pourrai à nouveau embrasser mes petits-enfants. Elles et ils auront vieilli d’un an, mais moi, je compte encore plus les aimer ne serait-ce que pour rattraper ce temps que la pandémie nous aura fait perdre.

Merci d’être encore en vie et merci à tous nos gouvernants et aux millions de personnes qui suivent les règles pour nous protéger, toutes les personnes de mon âge et moi.