28. mars, 2021

La médecine du futur

Les grandes crises sont souvent à l’origine de changements majeurs et permanents. La pandémie actuelle en sera, de toute évidence, un exemple flagrant. Toutes les parties participantes, des patients, aux médecins en passant par les services hospitaliers et les diverses technologies sont en mode changement. Il sera intéressant de faire une description exhaustive de tous ceux-ci. Commençons, en guise d’apéritif, d’un survol rapide de ce qui nous conduit à la médecine de demain.

1 : Le patient

Pendant longtemps, il fut plutôt passif. Lorsqu’un problème de santé se présentait, il consultait un médecin qui lui apportait diagnostic et traitements. Mais avec le développement de la pharmacopée et de la prévention, le patient a été amené à prendre une part de plus en plus active pour sa santé. Mais demain, et pour plusieurs aujourd’hui même, avec l’arrivée de l’internet le patient devient un véritable partenaire. Il a appris à s’informer et à, non seulement mieux comprendre ses traitements, mais aussi à établir un dialogue plus éclairé avec les différents professionnels de la santé comme le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le travailleur social ou autres. Avec la télémédecine, ce dialogue s’intensifiera et contribuera à accroitre des bénéfices tant individuels que communautaires. L’un des premiers de ces gains sera ce qu’il est convenu d’appeler l’augmentation de la littératie en santé. La littératie désigne ici la quantité de connaissance nécessaire en santé pour être en mesure de bien comprendre un diagnostic ou des traitements proposés par les professionnels.  En effet, avant la pandémie, six adultes canadiens sur dix ne possédaient pas les compétences nécessaires pour répondre adéquatement à leurs besoins en santé et en soins de santé. Chez les personnes de plus de 65 ans, ce chiffre déjà élevé grimpait à 88%. (Réf. : http://www.bdaa.ca/biblio/recherche/cca/sante/sante.pdf ). Il est fort à parier que les torrents d’informations médicales qui ont déferlé depuis un an sur tous les médias auront permis d’augmenter cette littératie en santé. L’autre facteur qui contribue à cet essor est la télémédecine. Parler régulièrement à un professionnel permettra, au fil des expériences d’augmenter nos connaissances sur notre santé. Divers organismes sont nés pour favoriser cette télémédecine et la rendre accessible plus rapidement à faibles coûts en tous lieux et en tout temps. Les patients voudront avoir des réponses à leurs questions rapidement et sécuritairement. Le climat d’anxiété lié aux confinements, couvre-feu, risques de contagion, etc. n’a fait qu’exacerber cette volonté bien légitime des patients de parler rapidement à un professionnel de la santé lorsqu’il se pose des questions. Il est nul doute que ces progrès liés à la télémédecine se continueront et s’amplifieront même après la pandémie.

2 : Les professionnels de la santé

Pour eux aussi, les avantages de la télémédecine s’imposent. Recevoir un patient dans son bureau quand celui-ci est déjà de mauvaise humeur parce qu’il a passé une heure et plus dans la salle d’attente n’est pas toujours une expérience des plus agréables. Avec la télémédecine, il peut rendre des services à plus de patients. Il est des plus probables que cette façon de faire se perpétuera et s’accentuera après la pandémie.

3 : Évolution des technologies

Depuis plusieurs années, bien des instruments médicaux sont disponibles à la maison.  Ainsi il existe des appareils mesurant la pression sanguine et le rythme cardiaque, pour ceux qui souffrent d’hypertension artérielle et d’autres mesurant le taux de glycémie pour ceux qui présentent du diabète. Ces appareils sont peu coûteux et les dernières générations possèdent même des fonctions qui permettent de télécharger vos résultats à votre ordinateur et éventuellement à votre médecin. Il existe aussi des montres bracelet qui en plus de donner l’heure et la date peuvent aussi vous indiquer le nombre de pas que vous avez parcouru durant votre journée, votre rythme cardiaque en temps réel, votre tension artérielle, le niveau d’oxygénation de votre sang, votre pouls, la qualité de votre sommeil et d’autres fonctions. Bien sûr, ces montres peuvent transférer ces données à votre cellulaire ou à votre ordinateur.

En conclusion

La pandémie a fait en quelque sorte que la médecine du futur est déjà commencée. Il faudra maintenant faire connaître à tous cette nouvelle médecine et les façons pour tous et chacun de se l’approprier. Le patient n’est plus passif, ni même partenaire mais bien : participatif. Il peut désormais constituer son propre dossier médical, parler rapidement à un professionnel de la santé et, éventuellement, lui télécharger les données qu’il aura recueillies par ses divers équipements personnels. Mais, il faudra, entre autres, que certains se décident à oublier leurs fax et passent à l’ère informatique. Il parait que c’est pour bientôt. Merci.