3. juil., 2021

Un Canada meilleur au domaine des sciences de la vie ?

Si au début de cette pandémie, quelqu’un avait proposé au Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB), cet organisme fédéral qui décide des prix des médicaments au pays, de baisser les prix de tous les vaccins présents et futurs qui entreraient au Canada, ce « visionnaire aveugle » aurait certainement été rapidement vilipendé et fort probablement ostracisé. Tous et chacun connaissait à cette époque l’importance capitale de découvrir, produire et distribuer le plus rapidement possible un vaccin contre la Covid. Alors pourquoi s’apprête-t-on à baisser de manière unilatérale les prix des autres nouveaux médicaments, médicaments qu’on appelle aussi les médicaments brevetés ?

L’histoire des coûts des médicaments

« Dans les faits, découvrir un nouveau médicament coûte très cher. L'américaine Pfizer a dépensé en moyenne 7,7G$US par médicament pour lancer ses 11 médicaments lors des 15 dernières années. Le facteur le plus important derrière ces coûts est le taux d'échec élevé. Sur les 10 médicaments qui sont testés sur des humains un seul reçoit l'approbation des autorités. » (https://www.lesaffaires.com/blogues/bernard-mooney/le-cout-prohibitif-pour-lancer-un-nouveau-medicament/542491 ). L’autre facteur qui joue sur les coûts des médicaments brevetés est la clientèle potentielle qui utilisera ce médicament. Par exemple, découvrir un médicament qui guérirait ou même atténuerait des maladies telles l’Alzheimer ou le Parkinson s’avérera très rentable lorsqu’on considère le nombre de personnes qui pourront utiliser ce médicament. À l’opposé, un médicament qui aiderait une personne atteinte d’une maladie rare, qu’on appelle aussi, une maladie orpheline, sera très dispendieux. Finalement, le troisième facteur à considérer est la capacité de payer. Personne ne dispose d’un budget illimité qu’il s’agisse de l’État ou des compagnies d’assurance privées ou publiques.

Comment en arriver alors à un consensus ?

En réalité, la solution est fort simple. Au lieu de se tirailler sur chaque chiffre, chaque virgule, chaque statistique et chaque médicament, il vaudrait très certainement asseoir à la même table tous les intervenants concernés à commencer par les patients qui ont BESOIN de ces médicaments ainsi que les soignants qui les prescrivent, les compagnies pharmaceutiques qui les produisent ET le organismes payeurs (gouvernements et assureurs).

Nous avons une chance unique de changer une fois pour toute ces chicanes de prix improductives et réalisées au détriment de la santé de tous comme nous le fait vivre le CEPMB depuis des lustres en une vision d’avenir qui satisfera tous les intervenants à partir des patients jusqu’aux payeurs.

Le gouvernement canadien actuel a su montrer son empathie et rester à l’écoute des Canadiennes et des Canadiens depuis le début de cette pandémie. Les généreux programmes d’aide aux contribuables, à la recherche scientifique et aux entreprises ont touché tous les citoyens de notre pays du plus pauvre au plus nanti. Pourquoi notre premier ministre ne continuerait pas sur cette lancée ? Pourquoi n’inviterait-il pas tous les Canadiens concernés à une table de concertation afin de mettre sur pied une vraie politique des sciences de la vie au pays ? C’est ainsi et uniquement ainsi, en suspendant la mise en œuvre des modifications règlementaires du CEPMB, qu’il apportera enfin une solution durable à la santé de toutes et de tous.  Sinon il aura fait comme ce « visionnaire aveugle » dont il était question au début de ce texte avec le risque d’être vilipendé et ostracisé. Et être ostracisé aux élections n’est certainement pas dans les plans de notre premier ministre.