7. août, 2021

Ils ont la vie…eux

Jeudi soir dernier (24 juin 2021), c’était soir de hockey et de Fête nationale. Qui plus est, le Club Canadien a remporté la victoire ce qui lui permet d’accéder aux finales de la fameuse coupe Stanley. Comme me le faisait remarquer bien justement mon fils ainé, ce fut non seulement un moment euphorique mais une thérapie pour tout le peuple québécois qui en avait grandement besoin après cette interminable pandémie. Et cela fit ressurgir en moi de très beaux souvenirs. Je me suis alors rappelé, cette année 1952, j’avais alors 4 ans à peine. À l’époque, peu de gens avait un téléviseur à la maison. Mon père, travaillait alors dans un magasin de meubles. Chaque vendredi soir, il amenait un téléviseur qui servait de démonstrateur à la maison et le rapportait le lundi matin à son emploi. Il faisait bien des efforts car il faut se rappeler qu’à l’époque, les téléviseurs étaient de gros meubles en bois et pesaient bien lourd. Moi, petit garçon, j’étais émerveillé devant cet appareil qui me permettait de voir, comme par magie, mon émission préférée : Les aventures de Pépinot et Capucine. Mon autre moment de choix était le samedi soir où les tantes et oncles s’amenaient à la maison pour voir La soirée du hockey. Ainsi en 1952, il y avait chez nous maintenant deux moments de grands rassemblements : la samedi soir au hockey et le dimanche matin à la messe. Que de beaux souvenirs!

Il n’y a pas que les souvenirs, si beaux soient-ils.

En me rappelant ceci, je me voyais chanceux d’avoir vécu aussi longtemps et d’avoir ainsi accumuler tant de beaux souvenirs. C’est l’un des privilèges de la vieillesse. Alors, une deuxième chose me vint rapidement en tête : non seulement j’ai un bagage impressionnant de souvenirs parce que j’ai vécu plus de 73 années, mais aussi, je vis présentement. Et ma vie est remplie.  Au niveau professionnel, mon 38ième livre sera en librairie cette semaine et j’écrits toujours des articles. Au niveau familial, mon épouse, s’est découvert une occupation qui enflamme nos neuf petits-enfants et deux arrière-petits-enfants : elle fabrique de superbes peluches. Et mon épouse et moi avons une passion commune : nos enfants et tous leurs enfants. Justement ce même jeudi dont je parlais d’entrée de jeu, nous sommes allés visiter notre fils qui s’est acheté une maison en banlieue sud de Montréal. Quand nous y sommes arrivés, les deux petits enfants nous attendaient devant la maison.  La joie qu’il y avait dans ces petits-enfants était extraordinaire. Thomas était sur le balcon tandis qu’Alice sa petite sœur trépignait de joie et d’impatience sur la pelouse. Nos petits-enfants, c’est de l’amour pur et inconditionnel pour les grands-parents et ça, c’est beaucoup plus que des souvenirs, c’est la vie au présent. Et c’est à ce moment que j’ai compris que les personnes de mon âge et plus âgées, ont aussi la vie. Ma sœur cadette de sept ans poursuit sa mission dans un centre qu’elle a créé il y a des dizaines d’années (La Gang à Rambrou) et qui vient en aide aux personnes ayant une déficience intellectuelle, aux autistes et autres par des activités artistiques: arts de la scène, arts visuels, création de costumes et décors. Diplomée de l'École des beaux arts, mon épouse y enseigne les arts visuels.  Elle est belle ma sœur Suzanne et son amie. Je pourrais aussi parler de mes beaux-frères et belles sœurs. Je pense à un couple en particulier qui pendant les premières années de leur union s’obstinaient constamment. Aujourd’hui plus de cinquante ans plus tard, ils vivent dans une belle harmonie et en toute sérénité. C’est joli à voir.

Je pourrais aussi parler de mon grand ami d’enfance, Pierre, un expert en informatique, qui œuvre au sein de sa communauté comme bénévole où ses compétences sont des plus appréciées.

Tous ces gens ont une vie. De là, l’idée du titre : Ils ont la vie…eux

Et une inspiration

Si, par le plus heureux des hasards, un des lecteurs de cet article était producteur, je lui propose une série télévisée qui pourrait porter le titre de cet article. On pourrait y voir, sous la forme d’un téléroman, la vie des personnes plus âgées, leurs quotidiens, leurs rêves et leurs aspirations. Et surtout, en les connaissant mieux, on pourrait les aimer mieux. Ce serait là un projet de société digne de notre Fête nationale.

Que j’aimerais signer cette série !