28. août, 2021

Le temps des quatre mercis

La culture m’est venue d’un cours qui n’existe plus aujourd’hui et que j’ai pu suivre grâce aux sacrifices que se sont imposés mes parents. Merci maman et merci papa. Il s’agissait du cours classique qui s’étendait de la fin du primaire jusqu’à l’entrée à l’université. Durant ces 8 années, nous y apprenions le latin, le grec, l’histoire, la géographie, la littérature, les mathématiques, les sciences et la philosophie.

Ma vie m’a conduit à emprunter bien des sentiers dans l’univers des sciences et particulièrement celui des sciences de la vie. Ainsi, je fus technicien de laboratoire dans deux hôpitaux de Montréal, préposé aux autopsies à l’Institut de médecine légale et chercheur en microscopie électronique au ministère de l’Agriculture à Québec. Puis un jour, ma fillette Marie, alors à peine âgée de 2 ans et quelques mois est entrée à l’hôpital, diagnostic : leucémie myéloblastique aiguë. Six semaines d’enfer plus tard, elle en décédait. Bien sûr, durant ces quelques semaines, mon épouse et moi étions plus qu’inquiets, parfois complètement paniqués. Mais nous côtoyions d’autres parents dont l’enfant était hospitalisé pour des maladies bien moins graves que celle dont souffrait notre petite Marie. Et souvent ces parents étaient encore plus terrifiés que nous.

Au sortir de cet hôpital le 25 novembre 1978, j’ai réalisé que les parents les plus affectés, étaient ceux dont les connaissances en sciences et en médecine étaient les plus faibles. C’est ce qui alluma chez moi cette passion d’écrire et de vulgariser les sciences. 

Et l’inspiration

Elle est venue de ce que j’aimais le plus au moment où je me lançais dans un projet. Ainsi mon premier livre s’adressait aux enfants. Comme je l’ai souligné plus haut, nous venions alors de perdre Marie. Les enfants, ceux qui nous restaient et notre toute dernière arrivée, Anne, m’ont inspiré mon premier livre : Les voyages fantastiques de Globulo un livre dans lequel un globule rouge parcourait le corps humain et, à l’aide de photographies en microscopie électronique que j’avais réalisées, expliquait aux enfants ce qu’il voyait.

Mon dernier né : Ma vie au temps de la pandémie.

C’est ce même amour pour mes semblables et cette même inspiration qui m’ont guidé vers l’écriture de mon plus récent livre. J’avais envoyé le projet à plusieurs groupes de résidences pour personnes âgées et le Groupe Maurice fut le premier à répondre à l’appel, merci M. Maurice. Grâce à Luc Maurice et aux membres dévoués de son personnel, j’ai pu réaliser 52 entrevues avec des personnes résidents en RPA et avec des employés de tous les secteurs y travaillant. Ce sont ces témoignages que vous trouverez dans ce livre dont je suis particulièrement fier et qui vient tout juste de sortir en librairies. Et en prime, par un beau hasard, j’ai pu redire ces deux mots que je n’avais plus jamais utilisés depuis ce jour tragique du 25 novembre 1979 : Bonjour Marie. En effet, la personne ressource à qui je m’adressais au groupe Maurice se prénomme Marie. Merci Marie.

Un 38ième livre :

Ce réflexe qui me semble bien québécois de taire ou du moins de parler le moins possible du vieillissement est enfin disparu pour moi. En effet Ma vie au temps de la pandémie est mon deuxième livre sur ce sujet, le premier avait été Vieillir la belle affaire, garder son pouvoir d’agir que j’avais eu l’honneur de co-signer avec le médecin gériatre Stéphane Lemire et qui est paru en septembre 2019. C’est ainsi qu’en m’intéressant aux personnes âgées, je me suis pris à aimer encore plus les personnes âgées. Cette pandémie, qui toucha d’abord ces personnes, me fit réaliser à quel point elles avaient été oubliées.

Vaincre l’âgisme

Bien sûr, il y a des personnes âgées grabataires ou en perte d’autonomie plus ou moins importante. Il faut d’abord réaliser que ce n’est heureusement pas le lot de la très grande majorité des personnes âgées. Il faut aussi se rendre compte que bien des personnes, bien plus jeunes, sont aussi grabataires ou en perte d’autonomie soit à la suite de maladies ou d’accidents. Alors, démystifions la réalité et apprenons à connaitre cette belle tranche d’âge que nous réserve la vie. Vivre vieux est d’abord un privilège. Mes parents ne l’ont pas connu. À leur époque, les avancés médicaux et technologiques n’étaient pas encore arrivés. Notre fille Marie, n’aura jamais eu le privilège de connaître la vieillesse non plus.

Alors il est grand temps d’entendre parler les personnes âgées, de connaitre leur vie, leurs aspirations, leurs rêves et aussi leurs déceptions. Ces personnes sont une force de notre société, une force qu’il faut cesser de mépriser et au contraire qu’on se doit de valoriser. Car elles sont la culture, la passion et l’inspiration dont nous avons et aurons tous grandement besoin pendant ce qui reste et au sortir de cette pandémie.

C’est pourquoi, de mon côté, je continue à travailler sur ce projet qui deviendra un jour réalité : un téléroman mettant en vedette la vie des personnes âgées. Je pense à un Chambre en ville qui mettrait en scène, non plus des jeunes adultes, mais plutôt des personnes âgées. Y a-t-il une Sylvie Payette dans la salle ?

En attendant, j’espère que vous serez les plus nombreux possibles à vouloir lire ce qu’avaient à dire les personnes âgées en temps de pandémie en vous procurant : Ma vie au temps de la pandémie. Disponible dans toutes les librairies au Québec et en ligne à travers tout le Canada.

Mon quatrième merci s’adresse donc à vous tous,