16. oct., 2021

Le projet de loi mammouth du ministre Dubé

« Tenter du mieux que nous pouvons de régler des crises n’est plus une option acceptable en santé, Cette gestion par cataplasme ne fait que complexifier un système déjà trop lourd. »

Telles sont les deux premières lignes de la page de dos du livre que j’ai signé en 2012 avec les collaborations des docteurs Alban Perrier et Robert Ouellet. Le livre s’intitule : Révolutionner les soins de santé, c’est possible.  Près de 10 ans plus tard, il semble qu’enfin, le ministre de la Santé actuel en soit conscient. Et il propose, rien de moins, que le dépôt d’un projet de loi MAMMOUTH pour en venir à bout durant la prochaine année. Le terme employé montre bien que notre ministre est pleinement conscient de la lourdeur de la tâche.

Un peu plus loin, toujours sur cette page de dos, nous pouvons lire :

« Pour y arriver, Jacques Beaulieu propose quatre actions essentielles : placer le patient à la tête du système de santé en le faisant participer à toutes les décisions; dépolitiser les soins de santé en créant un organisme parapublic : « Santé-Québec »; régionaliser les soins de santé et décentraliser les budgets; innover en matière de relations interpersonnelles en créant um climat où la coopération primera sur le corporatisme et la pseudo-négociation. »

Déjà, notre ministre a abordé cette idée d’innover en matière de relations interpersonnelles afin de ramener les infirmières dans le réseau public de la santé et de motiver celles qui y sont présentement.

En route vers le succès

Être conscient de l’ampleur des problèmes et désirer améliorer les conditions de travail de nos infirmières, nos infirmiers et toutes celles et ceux qui travaillent en milieu hospitalier sont certes deux conditions essentielles pour obtenir les résultats espérés. C’est un excellent départ. Merci Monsieur le ministre. Mais il faudra au moins une autre condition sine qua non si l’on désire couronner de succès ce projet de loi Mammouth. Et celle-ci se nomme : la participation du public. Celui-ci doit être invité à siéger et à avoir son mot à dire à toutes les étapes de ce projet : lors de sa préparation, de sa conception, de ses négociations et de son adoption.

L’exemple du passé

En 1990, il y a donc plus de trente ans, le ministre de la Santé d’alors, Marc-Yvan Côté, avait lancé cette phrase qui devint tristement célèbre : « Désormais, le patient, le malade, sera au cœur du système ». La phrase marqua l’histoire, mais ne se concrétisa jamais.

Il est à souhaiter ardemment que cette loi Mammouth ne suive pas le même chemin.

Pendant les semaines qui viendront, je vais contacter les divers organismes qui œuvrent à la protection et à la représentation des malades, des « usagers » comme on les nomme aujourd’hui, afin de savoir si l’une ou l’autre de ces associations ont reçu un appel du bureau du ministre pour les inviter à prendre part à la création de ce projet de loi.

Si tel est le cas et si les patients, les malades ou les usagers ainsi que tous les travailleurs de la santé ont droit de parole dans l’élaboration et la mise en application de cette loi Mammouth, alors, monsieur Dubé votre réforme aura le maximum de chance de réussir et elle passera à l’histoire.

Et, ce sera le plus beau cadeau de la CAQ.